Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Paris Metropole
  • Paris Metropole
  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
  • Contact

Coups de coeur

Recherche

Texte libre

21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 12:17

Le discours prononcé par N.Sarkozy le 24 mai lors de sa réception a l’Hôtel de Ville de Paris. Discours qui m’avait fait dresser l’oreille. 

http://www.dailymotion.com/video/x22sad_visite-de-nicolas-sarkozy-a-bertran_politics

Intervention de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, à l'occasion de la réception donnée en son honneur à l'Hôtel de ville de Paris.

Hôtel de ville de Paris, le jeudi 24 mai 2007

Monsieur le Maire de Paris, Mesdames et Messieurs les élus parisiens, Mesdames et Messieurs, Je vous remercie, Monsieur le Maire, pour les mots que vous venez de prononcer. En venant ici aujourd'hui, je ne sacrifie pas seulement à une tradition républicaine qui voulait qu'à son entrée en fonction le Chef de l'Etat nouvellement élu se rende à l'Hôtel de Ville de Paris pour y saluer son Maire, son Conseil municipal, et à travers eux, naturellement tous les parisiens. Cette tradition a une signification pour moi très profonde, une signification qu'elle doit à l'histoire. Sans Paris, la France n'eût peut-être jamais existé. Car pour qu'il y eût la France il a fallu qu'il y eût une volonté française et, longtemps ce fut de Paris que s'exprima cette volonté.                                                                                                                           Paris n'est pas un centre, Paris c'est un commencement et c'est un aboutissement. Tout part d'ici et y revient. Paris c'est le foyer autour duquel se sont unis les peuples et les provinces françaises. Paris c'est le réceptacle de toutes les énergies, de toutes les intelligences, de tous les talents. C'est à Paris, c'est Paris qui a regroupé les provinces et ce sont les provinces qui ont peuplé Paris. C'est cela Paris. Il y a dans la prééminence de Paris quelque chose qui ne dépend pas seulement de la volonté humaine mais qui est consubstantiel à la façon dont la France s'est construite. C'est la raison pour laquelle la décentralisation dans notre pays est si difficile à accomplir et la raison pour laquelle elle ne peut être que l'aboutissement d'une véritable révolution culturelle et pas simplement d'une réforme administrative et politique. C'est la raison pour laquelle aussi depuis longtemps les rapports entre Paris et l'Etat sont aussi compliqués. Il ne faut jamais oublier cette longue histoire pendant laquelle Paris incarna à elle seule le destin de la France, sa souveraineté, son prestige et même sa puissance. Il ne faut jamais oublier cette longue histoire pendant laquelle le peuple de Paris ne cessa de parler pour tous les Français. C'est l'histoire de France.                                                                                 

Et Quand on préside aux destinées de la France, on se doit de connaître l'histoire de France. Le peuple de Paris parla au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Le peuple de Paris parla au nom de la liberté. Il parla au nom de la fraternité humaine. Et quand Paris se taisait, c'était la France qui devenait muette. Et quand Paris s'exprimait, c'était la France qui prenait la parole. Et cette parole fut entendue dans le monde entier. Et cette parole fut comprise par tous les hommes. Je suis venu vous dire que cette parole du peuple de Paris doit rester vivante. Je suis venu vous dire qu'il ne dépend que de nous tous qu'elle le reste. Je suis venu vous dire aussi au regard de l'histoire, il ne peut y avoir pour Paris et pour la France qu'un seul et même destin. Aussi avons-nous le devoir, quels que soient par ailleurs nos engagements politiques, d'œuvrer ensemble à la grandeur de l'Etat et à la grandeur de Paris, c'est le même combat. L'histoire nous dit assez ce que l'un et l'autre ont à perdre en s'opposant.                                                                                                                           Monsieur le Maire de Paris, voyez en moi le Président de tous les Français comme je vois en vous le Maire de tous les Parisiens, travaillons ensemble dans un esprit d'ouverture et dans un esprit de tolérance. Alors même que les Français attendent autant de la politique comme ils l'ont montré en votant massivement aux élections présidentielles, rien ne serait pire que le sectarisme et que l'intolérance. C'est toute la France qui s'est rendue aux urnes lors de la dernière élection présidentielle. Quant à moi, je n'ai pas l'intention de céder, ni au sectarisme, ni à l'esprit de clan, ni à l'intolérance. Je vais continuer à tendre la main à toutes les femmes et à tous les hommes de bonne volonté qui aiment leur pays et qui veulent le servir. C'est pour moi une obligation, mais il faut comprendre, c'est une obligation morale, ce n'est pas seulement une obligation politique. Et vous me trouverez donc à vos côtés à chaque fois que l'intérêt général sera en jeu. Monsieur le Maire, il ne dépend que de nous de donner l'exemple d'une démocratie dans laquelle chacun se respecte et s'efforce de comprendre le point de vue de l'autre. Et je prendrai des initiatives, après les élections législatives, pour faire de la France, une république irréprochable et une démocratie exemplaire. Il ne dépend que de nous, de nos attitudes, de nos comportements, de redonner aux Français confiance en la politique.                                                                                                                        La France et Paris méritent bien cette ambition, méritent bien cet effort. Je suis également venu vous dire à quel point j' aime Paris et je me sens proche du peuple de Paris, à quel point j'aime la beauté de Paris, le caractère trempé de ses habitants, c'est une ville que j'aime parce que j'y ai grandi, j'y ai vécu, j'aime cette ville métissée, qui m'a tant donné, cette ville qui est comme un volcan jamais éteint d'idées et de passion, cette ville qui garde au fond d'elle-même le souvenir de toutes les révolutions qu'elle a accomplies, cette ville qui n'est plus elle-même quand elle oublie le rêve de civilisation dans lequel la France a si souvent au cours des siècles puisé l'énergie et la volonté d'étonner le monde. Sans Paris je ne serai sans doute pas devenu ce que je suis, le Président de la République française. Alors ne m'en veuillez pas, Président de la République, je me dois de renoncer à toute ambition politique partisane. Je voudrai pour Paris ce qu'il y a de plus grand et ce qu'il y a de plus beau, parce que l'on ne peut pas aimer la France sans aimer Paris. Et l'on ne peut pas avoir une grande ambition pour la France, sans une grande ambition pour la capitale de la France. Paris n'est pas faite pour les petites ambitions, Paris est faite pour les grands projets. Paris doit rayonner dans le monde. Et Paris ne peut pas le faire sans l'aide et le soutien puissant de l'Etat. Croyez bien que l'Etat sera aux côtés des élus de Paris.                                                                                              

Monsieur le Maire de Paris, la France est forte quand elle est rassemblée. La France est faible quand elle est divisée. Nos différences, elles sont naturelles, elles sont légitimes. Je n'ai pas l'ambition de supprimer majorité et opposition. Il faut les deux, simplement peut-être n'avons nous pas la même idée des rapports de force réciproques entre la majorité et l'opposition. Mais au fond peu importe, les élections sont là pour nous départager, et il faut qu'après les élections, ce qui nous rassemble soit plus fort que ce qui nous divise. Ce qui nous rassemble, c'est l'héritage des siècles et c'est ce que nous sommes capables de construire ensemble et de léguer à nos enfants. Ce qui nous rassemble, c'est ce trésor inestimable d'art, de culture, de civilisation que nous ont légué les générations qui nous ont précédés. Simone VEIL peut porter le témoignage, elle qui est la mémoire vivante de ce que le 20e siècle a pu faire de pire et de ce qu'il a voulu montrer de plus beau car, finalement, Madame, chère Simone, on peut survire à l'innommable, vous en êtes la preuve vivante. Ce qui peut nous rassembler encore, c'est cette nouvelle renaissance que nous devons accomplir si nous voulons que ce que nous allons laisser à nos enfants soit à la hauteur de ce que nous avons reçu de nos parents. Ce qui peut nous rassembler encore, c'est cette volonté, cette volonté commune de remettre la France en mouvement et de rendre à chaque Français la fierté de la France.                                                                                                                                     Ce qui peut nous rassembler c'est cette envie que nous avons tous que Paris exprime tout son prestige, toute sa vitalité, tout son rayonnement et qu'une fois de plus Paris soit capable d'inventer l'avenir. Monsieur le Maire, Paris a toujours été une grande ville lorsqu'elle s'est inscrite dans un grand projet national, quand Paris l'a porté, et même quand Paris l'a incarné. Je vous propose qu'avec tous les Français nous écrivions ensemble une nouvelle page de l'histoire de France et de l'histoire de Paris. La France et Paris, ont deux destins qui sont indissociables. Alors vous me permettrez, Monsieur le Maire de Paris, de terminer en disant : Vive Paris ! Vive la République ! Et Vive la France !

Partager cet article

Repost 0

commentaires