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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 17:41


   
    PARIS, 17 nov 2010 (AFP) - Le Conseil municipal parisien a voté mardi une modification du plan local d'urbanisme (PLU) pour pouvoir construire des tours de grande hauteur, notamment dans le XIIIe arrondissement, une décision "historique" car le plafond de 37 mètres n'avait pas été modifié depuis 1977.
    Lors du Conseil de Paris mardi, les élus ont révisé (sans les voix de l'UMP, des Verts et du Nouveau Centre) le règlement d'urbanisme pour le secteur "Masséna-Bruneseau" dans le XIIIe (sud-est de la capitale).
    Ce "déplafonnement" va permettre à la ville d'y construire des tours d'habitations de 50 mètres et des tours de bureaux jusqu'à 180 mètres de haut.
    "Ce que nous faisons là participe d'une réflexion engagée dans la précédente mandature sur la question de la ville dense, durable", ce qui "passe par des libertés qu'on peut se donner à certains endroits précis en matière de hauteur", a souligné en séance Anne Hidalgo, première adjointe PS chargée de l'urbanisme.
    La mairie de Paris a précisé qu'il s'agissait aussi dans ce futur quartier du XIIIe situé à la limite d'Ivry (Val-de-Marne) d'accompagner la politique de la ville en matière de production de logements, avec environ 178.000 m2 sur cette opération, dont 50% de logements sociaux de divers types (classe moyenne, étudiants, travailleurs, etc.).
    La ville prévoit aussi d'y créer des équipements publics (crèche, école, gymnase) et économiques.
    "On a un programme ambitieux d'activités économiques, du commerce, de l'hôtellerie et des programmes de bureaux de l'ordre de 100.000 m2 avec la possibilité sur 4 terrains d'avoir des immeubles qui pourront monter jusqu'à 180 mètres de hauteur", a ajouté la mairie.
    Deux autres secteurs de Paris devraient bientôt voir fleurir d'autres tours: la future Tour Triangle porte de Versailles (XVe) et le futur TGI aux Batignolles (160 mètres de hauteur), dans le XVIIe.
    Les immeubles de grande hauteur sont un des projets de Bertrand Delanoë pour la capitale depuis son premier mandat. Les Verts se sont toujours battus contre, jugeant que les tours sont énergivores.
    phi/rh/ed

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 21:25

habiter le cielIci > habiter le ciel    

 

pour en savoir plus visitez le site de l'atelier

 

village-vertical-castro11Il ne s’agit pas d’une tour au sens traditionnel du terme, mais d’une série de cours superposées autour de jardins. Ces jardins peuvent avoir toute sorte d’usages. Ils constituent un espace public commun à une vingtaine de logements. Ils reconstruisent dans l’espace le bonheur d’habiter chez soi en commun : on peut parler de village vertical.
Les premières esquisses théoriques interviennent davantage sur le mode d’habitat que sur la forme, les proportions et la plastique d’un futur bâtiment. Cependant, la recherche menée cherche à dégager une échelle de bâtiment qui efface cet effet d’empilement. Puisque l’esquisse présentée ne s’appuie pas sur une parcelle d’ores et déjà choisie, la conception théorique permet de s’adapter à des contextes urbains variés.
Le bâtiment présenté est d’une hauteur totale d’environ 60 mètres (dernier plancher desservi 50 mètres) afin d’éviter le classement en Immeuble de Grande Hauteur (IGH). Il s’organise dans un système de double pas qui tend à effacer l’effet de hauteur : deux niveaux de duplex se développent autour d’une cour vitrée en façade (9 mètres par 16 sur une hauteur de 12 mètres), qui fabrique un espace dedans dehors. Le niveau bas accueille un jardin largement planté, tandis que les logements du niveau haut sont desservis par une coursive légère qui permet de profiter du jardin. Ainsi d’étage en étage, la succession de cours plantées fabrique un poumon vert au bâtiment. Deux ascenseurs vitrés prennent place au fond de la cour et procurent la sensation de traverser une série de serres.
Dans un habitat de tour traditionnel, les circulations représentent des dédales intérieurs et sont éclairées artificiellement. De ce fait la sensation de concentration de logements est amplifiée. Ici au contraire, le traitement en double échelle de duplex favorise la singularité et de ce fait une appropriation forte des logements. Les circulations sont ouvertes, aériennes et les paliers sont traités comme des espaces de vie extérieurs. Dans l’esquisse présentée, chaque palier des étages courants dessert des simplex et des duplex ainsi chaque cour organise une vingtaine de logements. Au-delà des 50 mètres, un étage très ouvert dessert deux appartements : un triplex et un duplex de type maisons sur le toit.
Les logements proposent pour la plupart des typologies de duplex et bénéficient d’espaces extérieurs de type loggia traitée en creux. Cependant, la présence de quelques contribue à singulariser davantage chaque logement. L’accès individualisé, la typologie duplex et la loggia concourent à une appropriation des logements proches de la maison individuelle.
L’organisation spatiale des appartements propose un grand séjour, une cuisine et une salle de bains au niveau bas (permettant un espace de vie accessible aux handicapés), deux chambres et une salle de bains au niveau supérieur. La distribution (escalier) et la salle de bains sont éclairées naturellement par des baies hautes sur la cour qui préservent l’intimité. Cela permet à la fois d’éclairer le logement dans une double orientation cour/extérieur, d’assurer une bonne ventilation (vérifier avec M. Thisse) et d’animer les façades sur cour. Afin de renforcer les usages de la loggia, le séjour et la cuisine s’organisent autour d’elle.
L’étude du traitement du rez-de-chaussée est différente des étages courants et présente des scénarios qui peuvent varier selon l’intégration urbaine. Ainsi, un premier scénario serait d’implanter des maisons individuelles au pied de l’immeuble tout en conservant un système de duplex en rez-de-chaussée qui bénéficieraient de véritables jardins. De cette manière, l’échelle du bâtiment est domestiquée grâce à une progression dans les échelles du bâti. Le second scénario s’appuie sur la construction de petits bâtiments collectifs mitoyens reliés par une passerelle à l’immeuble principal. De cette manière, le bâtiment fait partie d’un ensemble et ne représente dans le paysage rien d’autre qu’un immeuble plus haut. Il ne constitue pas un objet isolé puisqu’il est relié au sol par un socle habité qui dessine une élévation progressive.
La volonté de proposer un bâtiment répondant aux principes de Haute Qualité Environnementale (HQE) est prise en compte dès la conception. D’ores et déjà, en terme d’intervention architectural, le bâtiment propose certains avantages : l’exposition au Sud est à privilégiée sur la façade vitrée de la cour qui devient un espace tampon qui conserve la chaleur l’hiver ; tous les logements sont traversants ce qui évite une mono orientation. En particulier, les logements situés au Nord bénéficient d’une double orientation à l’Est ou à l’Ouest; la double orientation cour/extérieur permet également une très bonne ventilation des logements.
L’invention que nous proposons résout la contradiction entre le bonheur d’habiter le ciel qu’offre n’importe quel tour avec le plaisir d’un espace public de proximité.

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 08:50

Des tours en débat

Des villes comme Vancouver démontrent que la grande hauteur peut se concilier avec une ville ouverte, attractive et vivante. Photo : Mjb84/Flick'r

Après trente ans de rejet, les projets de tours se multiplient dans l’agglomération parisienne : constructions de tours neuves à la Défense, projets de tours de bureaux dans le Val de Seine, lancement par la ville de Paris d’ateliers pour la construction de tours sur six portes parisiennes. Est-ce un effet de mode ou une réponse adaptée à un besoin urbain contemporain ? Grande hauteur et qualité urbaine : est-ce compatible et à quelles conditions ?

De Babel à Dubaï, la tour est un objet architectural et (parfois) urbain qui a une très longue histoire. Elle est dans la ville un symbole de pouvoir et de domination, dont la destruction peut être un message aussi fort que la construction, comme ce fut le cas le 11 septembre 2001 à New York. Après avoir été durant un millénaire l’expression des pouvoirs féodaux, communaux ou religieux, depuis le début du XXe siècle, elle est essentiellement celle du pouvoir financier, malgré quelques gestes politiques à Moscou ou à Brasilia et quelques tentatives dans le champ de l’habitat social.

De quoi parlons-nous ?

La tour, « bâtiment nettement plus haut que large » selon le dictionnaire, peut prendre des formes et des fonctions très diverses comme la tour Saint-Jacques ou la tour Eiffel. Ce qui est en débat aujourd’hui c’est l’immeuble de grande hauteur (IGH). Les récents projets franciliens culminent aux environs de 300 mètres, limite fixée par les servitudes aériennes, mais la course à la hauteur continue dans le monde : la tour Burj Dubaï en cours d’achèvement dépasse les 800 mètres.
Pour beaucoup de Franciliens, ces tours sont synonymes de concentration humaine et d’anonymat.
Les réalisations lancées dans les années 1960 (tour Montparnasse, quartier Italie, etc.), en rupture avec la tradition urbaine parisienne, mal intégrées au tissu urbain et de médiocre qualité, ont largement contribué à cette image négative, même s’il existe des Franciliens qui apprécient de vivre ou de travailler au-dessus de la ville. Dans ces conditions, pourquoi remettre en question le statu quo établi dans les années 1970 qui a tendu un velum au-dessus de Paris et sur presque toute l’agglomération parisienne ?
La compétition internationale des métropoles est évidemment à l’origine de cette interrogation.
La centaine de projets de grande hauteur présentés au dernier Mipim en vue d’attirer les investisseurs vers les grandes villes mondiales ne peut laisser indifférent : l’Île-de-France peut-elle refuser d’entrer dans cette course sans se mettre en marge du développement économique mondial, sans perdre son rang international et sans paraître figée dans son passé ?

La tour, une solution pour une ville durable ?

Source : G. Zunino/IAU îdF

Trois types d’arguments conduisent les métropoles à construire en grande hauteur : la rentabilisation du foncier, l’organisation des déplacements et l’image métropolitaine.

Construire en grande hauteur est d’abord un choix économique qui permet de construire des surfaces importantes en consommant un minimum de sol. L’objectif est de fortement densifier un foncier très rare, très cher ou très coûteux à aménager, la grande hauteur permettant de multiplier la surface utile. Les tours sont aussi une solution architecturale pour réaliser dans de bonnes conditions des produits immobiliers recherchés par les entreprises et les investisseurs.

C’est également un choix environnemental. En effet, en se prêtant à de très fortes densités, il peut être moins consommateur d’espaces ouverts, renforçant la compacité urbaine et permettant, en corollaire, de préserver la trame verte. Surtout, il peut favoriser l’usage des transports en commun en concentrant les fonctions génératrices de déplacements au-dessus ou dans le voisinage immédiat des pôles d’échange.

Enfin, la tour est un message de modernité, de richesse et de savoir-faire. Symbole de la métropole mondialisée, elle affiche sa puissance économique. Concentré de technologie et de design, elle est une vitrine de son ambition et de sa capacité d’investissement ou d’innovation.

Ces arguments appellent cependant des interrogations face à la surenchère manifeste des projets métropolitains.
Le gain de charge foncière compense-t-il les coûts de construction et de fonctionnement élevés ? La polarisation des échanges ne peut-elle conduire à la congestion des flux ? La multiplication des tours ne les rend-elle pas banales ? En d’autres termes, aujourd’hui, sait-on construire des tours durables dans une ville durable ?
Dans les quartiers qui font l’objet d’une convention avec l’Anru, la destruction de tours est devenue un acte sacrificiel destiné à exorciser les tares urbaines originelles des grands ensembles d’habitat social. Cette destruction, fortement symbolique, a aussi des motivations objectives qui nous montrent la nature et les conséquences d’un urbanisme non durable avec : au plan économique, un vieillissement prématuré du bâti et des charges de fonctionnement très lourdes ; au plan social, des processus de déqualification, d’exclusion et de précarisation des habitants ; au plan environnemental, des consommations énergétiques et une empreinte écologique excessives.

Quelle durabilité environnementale ?

Projet de tours dans le cadre du plan de renouveau de la Défence 2007-20013. Source : EPAD

La première condition de durabilité des tours est évidemment environnementale. Cette question fait aujourd’hui l’objet d’une grande attention de la part des promoteurs qui ont compris l’importance de l’argument en termes d’économie et d’acceptabilité sociale. De ce point de vue, les progrès sont considérables.
À la Défense, par exemple, les projets d’immeubles de grande hauteur de la dernière génération visent des charges énergétiques de 120 kWh/m2/an contre 400 kWh/m2/an pour les tours de la première génération.
Ces résultats sont obtenus par de nombreuses dispositions de génie climatique, jouant sur les formes et les matériaux, sur les systèmes de ventilation, sur l’optimisation de la consommation d’énergie, sur l’exploitation de l’énergie solaire ou éolienne, sur la gestion des eaux, sur la végétalisation, etc. Cependant, bien que « l’énergie grise » consommée pour la construction ne soit pas intégrée dans ce calcul, on est loin de l’objectif de 50 kWh/m2/an proposé par le Grenelle de l’environnement et plus encore des 15 kWh/m2/an d’une Passivhaus allemande.
Par ailleurs, les techniques utilisées, souvent très innovantes, sont aussi très sophistiquées, coûteuses à réaliser, à mettre en oeuvre et surtout fragiles et exigeantes en entretien.

Quelle durabilité économique ?

Projet de tour Phare à la Défense. Source EPAD

La question de la durabilité économique des tours se pose. Leur efficacité économique est aujourd’hui incontestable puisqu’il s’agit d’une offre immobilière recherchée au niveau international (du moins était-ce le cas jusqu’à la récente crise financière). Elle se place évidemment sur un marché haut de gamme, assez étroit et très concurrentiel.
Mais les coûts de construction et les charges de fonctionnement des tours s’élèvent avec leur hauteur. Aux alentours de 50 mètres de hauteur, les coûts de construction dépassent 2 000 €/m2 contre 1 500 €/m2 pour du bureau ordinaire ; autour de 150 mètres, hauteur considérée comme optimum par les promoteurs-investisseurs, ils dépassent 3 000 €/m2 ; au-delà de 200 mètres de hauteur, les coûts s’envolent, atteignant environ 6 500 €/m2 pour les 300 mètres de la tour Phare à la Défense.
Il en est de même des charges de fonctionnement avec des effets de seuil très marqués. On a montré précédemment que les tours récentes parvenaient à réduire nettement les charges relatives aux consommations énergétiques (froid, chauffage, éclairage). En revanche, il est beaucoup plus difficile de réduire celles liées à la sécurité, à la maintenance et à l’entretien, pour lesquelles l’exigence de qualité est particulièrement forte dans un milieu clos et densément occupé.
Il faut également rappeler l’évolution rapide des besoins des entreprises qui appelle des modifications et des améliorations fréquentes de leurs locaux. Certaines sont prévisibles et peuvent être anticipées lors de la construction. D’autres sont totalement imprévisibles et obligent à des travaux d’aménagement lourds pour remettre les tours au goût du jour.
L’exemple de la Défense montre que, parmi les tours construites avant 1985, cinq tours sur six ont déjà fait l’objet d’une réhabilitation.

Quelle durabilité sociale ?

Le passage à la grande hauteur ne doit pas se faire au prix de l’expulsion vers la périphérie des populations les plus modestes. Centre de Shanghaï. Photo : J.-P. Palisse/IAU îdF

Le niveau élevé de ces charges et les coûts de requalification des bâtiments sont parmi les facteurs qui ont contribué à l’image négative des tours d’habitations.
Notons que les charges de copropriété des logements situés dans des immeubles de grande hauteur à Paris sont en moyenne deux fois plus importantes que la moyenne parisienne, soit près de 50 €/m2/an contre 24 €/m2/an.
Aujourd’hui, des programmes de tours jouent pourtant la diversité et la mixité sociale en associant dans le même immeuble de grande hauteur diverses fonctions (bureaux, commerces, hôtellerie, logements) et en jouant sur la péréquation des charges foncières pour diversifier la nature des logements.
Cependant, le niveau élevé des coûts de construction et des charges de fonctionnement limite fortement l’exercice et conduit à nettement privilégier les surfaces immobilières de haut standing.

Si, comme c’est le cas à Shanghaï, le passage à la grande hauteur se fait au prix de l’expulsion vers la périphérie des populations les plus modestes, on doit s’interroger sur le bénéfice social et environnemental de cette stratégie.

Par ailleurs, les problématiques de sécurité imposent des cloisonnements qui conduisent à une juxtaposition ou un empilement des fonctions et des catégories sociales plutôt qu’à une véritable cohabitation et rendent un peu illusoire la mixité qui est affichée.

La tour dans sa ville

La tour, comme gabarit ordinaire de la ville, s’est surtout diffusée au XXe siècle dans les villes américaines comme New York, dont elle constitue le centre-ville. Photo : Dragan Sasic/SxcHu

La durabilité des villes n’est pas seulement une question économique, elle dépend aussi de leur qualité urbaine en tant qu’espace de la vie sociale.

La construction de tours est-elle compatible avec l’insertion et la cohésion urbaine ?

Des villes comme New York ou Vancouver démontrent que la grande hauteur peut se concilier avec une ville ouverte, attractive et vivante, a contrario des expériences parisiennes qui, en implantant des tours ou des groupes de tours rompant trop brutalement avec la trame urbaine traditionnelle et faute de solution de continuité, ont constitué des enclaves mal insérées, dont la greffe n’a pas su prendre.
La qualité urbaine de Manhattan vient de l’articulation de ses gratte-ciel avec l’espace public, de la lisibilité de sa trame viaire et de la perméabilité de ses rez-de-chaussée.
Inversement, une mauvaise articulation de la tour à son environnement urbain est presque toujours à l’origine de son rejet.
La qualité du traitement du pied de la tour, c’est-à-dire son enracinement dans la ville, est un facteur primordial d’intégration urbaine qui impacte l’ensemble du quartier où elle s’implante. Ce traitement peut prendre des formes très différentes selon que la tour est isolée, comme à Montparnasse, associée à d’autres comme dans le quartier d’affaires de la Défense ou banalisée comme à New York, mais il exige toujours un effort exceptionnel dans la conception et la gestion des espaces ouverts au public.

La tour, par nature et par vocation, est un objet architectural très prégnant dans le paysage urbain. Cela est particulièrement vrai en Île-de-France où le site naturel n’offre pas de dénivelé excédant 200 mètres. La butte Montmartre, qui domine Paris, n’est qu’à une centaine de mètres au-dessus de la Seine.

La construction de tours modifie donc considérablement le paysage et la silhouette de la ville. Dans les années 1970, l’apparition aléatoire d’immeubles de grande hauteur dans cette silhouette parisienne a conduit à leur interdiction totale.
Aujourd’hui, nul ne souhaite la «bruxellisation » de Paris, c’est-à-dire la poussée de tours au hasard des opportunités foncières et immobilières. Mais faut-il pour autant refuser partout toute construction de grande hauteur ?

Exercice appliqué à la silhouette parisienne

La tour isolée est un véritable repère dans la ville, elle s’apparente à un monument. Tour Turning Torso, Malmö. Photo : Sundström/SxcHu
La silhouette urbaine d’une ville est à penser dans sa globalité. Photo : Naik/SxcHu

La tour Eiffel est le symbole de Paris, capitale touristique du monde. La tour Montparnasse elle-même, qui n’est pas un modèle de créativité architecturale, a trouvé sa place en signalant l’un des principaux lieux de centralité parisienne.
À côté de ces monuments qui jalonnent la ville, la silhouette que constituent les soixante et onze tours de la Défense participe de ce paysage parisien et dialogue avec la butte de l’Étoile, Montmartre ou la montagne Sainte-Geneviève. Elle participe à sa lisibilité, à son identité et signale sa puissance économique.
En revanche, multiplier sans précaution des tours conduirait progressivement à enlever toute signification à ces gestes architecturaux et à banaliser le grand paysage de Paris et du coeur de l’Île-de-France.

Il y a trois manières d’insérer les tours dans la ville :

  • la plus simple et la plus ancienne est la tour monument. C’est une tour isolée, signalant un des pôles de la ville. Dans cette catégorie, on trouve notamment la Turning Torso à Malmö, la tour Agbar à Barcelone, la tour Swiss Re à Londres.L’architecture post-moderne, associée aux progrès techniques les plus récents, offre sur ce plan une nouvelle génération de tours monuments, qui relève parfois de l’oeuvre sculpturale artistique ;
  • une deuxième manière est d’en faire le gabarit ordinaire de la ville. Une de ses versions historiques est la fameuse ville de San-Gimignano en Toscane, mais elle s’est surtout diffusée au XXe siècle dans les villes américaines comme Chicago, New York, Sao Paulo, etc. dont elle constitue le centre-ville (downtown), puis dans les métropoles asiatiques, Hongkong, Singapour, Shanghaï, etc. Elle est plus rare en Europe, où Francfort reste une exception ;
  • la troisième manière, plus sophistiquée, est la création d’une grappe de tours formant un quartier d’affaires, à l’exemple de la Défense, de Canary Wharf à Londres ou du projet de Zuidas à Amsterdam.

Il n’est pas question d’en faire le gabarit ordinaire de l’agglomération parisienne, mais les deux autres manières y sont présentes et restent envisageables pour l’avenir. Encore faudrat-il en maîtriser l’usage à l’échelle du grand paysage, ce qui suppose de disposer des outils de simulation permettant d’avoir une vision de l’impact paysager des projets, mais aussi d’un lieu de décision collectif qui évitera la multiplication désordonnée des initiatives communales.

L’immeuble de grande hauteur est donc un ingrédient urbain à utiliser en pensant à la ville et à son usage. Cela doit nous conduire à ne plus le considérer seulement comme un monument d’architecture ou un produit immobilier d’exception, mais comme un élément constitutif de la ville qui doit participer à son projet urbain.
Au moment où s’agite le débat sur le Grand Paris, n’est-il pas temps de resituer dans une vision partagée de l’armature urbaine et du grand paysage les multiples projets de Paris et des communes qui l’entourent, afin de concevoir une silhouette urbaine séduisante, cohérente et lisible, qui permettra à Paris et à l’Île-de-France de redevenir, comme au début du siècle précédent, un modèle de métropole associant identité, modernité et qualité de vie ?

Le débat mérite en tout cas d’être poursuivi, approfondi et éclairé, à moins que la tempête financière, qui s’est levée au milieu des tours de Wall Street, ne ramène les métropoles à des ambitions plus modestes !

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 08:34

Dans la période ou les résultats du workshop qui s'est tenu sur      3 sites parisiens ( Porte de La Chapelle, Bercy, Massena) vont être connus, et vont relancer le débat, je repasse notre texte qui affirme la prise de parti pour la densité et le refus d'être coincés sous un plafond. Oui il faut oser, parfois crever le plafond
"D
ans les débats autour de l’adoption du Plan Local d’Urbanisme de Paris, c’est la vision de Paris pour l’avenir qui etait en jeu. Les conceptions s’affrontent. Quelle ville voulons nous, pour quels habitants, quels usagers, dans quels rapports avec les communes alentour, la région, la France, le monde ? Les élu-es communistes ont exposé leurs propositions portant notamment sur la densité dans la ville par une conférence de presse le 17 mai et publié une tribune libre dans l’Humanité du 20 mai 2006 et une carte de proposition sur les hauteurs dans les territoires de projet .Comme la plupart des grandes villes du monde, Paris se dissocie : les populations aisées et les plus défavorisées se concentrent au cœur des villes tandis que les classes populaires et moyennes sont rejetées vers la périphérie. Paris a connu cette hémorragie de 1960 à 2000. Si la population se stabilise aujourd’hui, la diversité sociale continue à reculer et l’activité économique à se fragiliser.Or, on construit peu à Paris. L’effet est redoutable : pénurie immobilière et cherté du logement, dualisation de l’agglomération avec un centre réservé aux plus riches, à quelques “ happy few ”. Il serait impensable de réserver un territoire que la nation a doté d’équipements exceptionnels et d’un système de transports en commun le plus dense du monde, à quelques résidents tranquilles pouvant se payer un hyper centre d’agglomération dé-densifié. A l’échelon régional, la densification du cœur de l’agglomération pour limiter l’étalement urbain est posée avec force. Nous pensons que Paris doit y contribuer, à sa façon. La majorité municipale affirme vouloir relever ce défi de la métropolisation, assurer le maintien de la population parisienne en nombre et en diversité sociale et reconquérir 130 000 emplois sur les 160 000 perdus dans les années 90. Pour le premier défi, la réponse actuelle de la municipalité est de produire 4500 logements sociaux annuels. Les élus communistes proposent quant à eux de produire 5000 logements sociaux par an au lieu des 4000 actuels.Cette volonté s’exprime à travers le Plan local d’urbanisme (PLU) qui fixe les objectifs et les règles pour les 15 ans à venir. Bien sûr ces défis ne peuvent être relevés par ce seul outil. Mais il exprime la vision de la ville pour l’avenir. C’est l’occasion d’un débat bousculant les idées reçues, la tentation du repli sur soi.

L’avenir de cette ville, dont le destin est si intimement lié à celui de l’agglomération - et réciproquement - ne peut pas se penser à partir de l’idée qu’il y a trop de monde à Paris, trop d’activités, trop de mobilité. Cette conception de la ville est stérilisante : elle pousse à l’étalement urbain, confine le logement social aux plus démunis, et repousse l’activité économique et organise la rareté des droits à construire, facteur de spéculation foncière.

Paris n’est pas un village !

Il faut affirmer clairement le choix d’un cœur de métropole compact, dense, actif économiquement, divers socialement, accueillant pour les familles et solidaire de toute l’agglomération. Pour cela, utilisons au mieux le foncier, si rare. Partout où le paysage et le contexte le permettraient, mettons en place un véritable urbanisme de projet, affranchi des carcans des règlements conservateurs à base de gabarits et d’alignements. Ils ne sont plus aujourd’hui des outils efficients pour aménager certaines grandes emprises de la couronne(*) où se trouvent les derniers terrains libres conséquents. Ce que nous voulons ce n’est pas un débat sur des tours ou pas à Paris, c’est un débat qui réponde aux défis qui nous sont posés pour la ville du 21ème siècle, un débat sur la densité qui intègre la question des hauteurs. Dans le PLU actuel, les bâtiments sur la couronne sont majoritairement limités à 31 mètres. Nous proposons donc que sur la majeure partie de ces emprises, la hauteur autorisée soit portée à 50 mètres, libérant ainsi du sol pour les équipements et les espaces verts indispensables à la ville moderne. La densité permet la mixité et l’émergence dans ces lieux, jusqu’à présent défavorisés sur les plans urbain et social, d’une réelle qualité de vie, car elle autorisera un investissement large de l’espace public, l’apparition de commerces de proximité, d’équipements et de jardins publics. Tous ces éléments qui font la qualité spécifique de la vie parisienne ne sont possibles que dans un environnement dense. Par ailleurs, quelques lieux bien desservis et stratégiques au niveau métropolitain, pourraient accueillir des bâtiments encore plus hauts, de véritables tours, écologiques, autosuffisantes en énergie et aux usages mixtes.

Aujourd’hui, réfléchir à la possibilité de construire des formes urbaines denses, c’est s’inscrire dans la continuité de l’histoire parisienne. La sage commission d’enquête du PLU, avait recommandé de relever le plafond des hauteurs dans les territoires de projet. J'y suis favorable. Le patrimoine de demain, architectural ou urbain, ne peut se construire en singeant les modèles historiques. Paris est une des villes les plus constituées et ordonnancées du monde. S’autoriser des libertés d’aménagement ne détruira pas une cohérence aussi achevée.

Et c'est avec passion que j'ai participé au groupe de travail sur les hauteurs qu'a mis en place Jean Pierre Caffet. Ce groupe apres avoir beaucoup écouté:habitants de tours, des salariés, des architectes, de constructeurs , des élus , a choisi 3 sites sur lesquels travaillent en atelier plusieurs équipes d'architectes et bureaux d'études spécialisés en haute qualité environnementale.

Gageons que les propositions seront un vrai vent d'air frais dans ce débat que certains voudraient étouffer."

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 07:36
Le débat sur la ville [Paris], son avenir, son évolution, son renouvellement, la /les formes urbaines des nouveaux quartiers, la hauteur, ce débat est relancé.
Un texte sera présenté au Conseil de Paris du 7 juillet.
Ce texte prend position et envisage de réflechir à construire des immeubles de logements pouvant atteindre 50m de haut ( 15 à 17 étages).
C'est une position que je défendais depuis plusieurs années.

[http://www.pierremansat.com/article-6541928.html]

Dans cet esprit voici un exemple de ce qu'apporte le passage d'un immeuble de 37m ( la hauteur maximale à Paris aujourd'hui) à 50m. De 25 à 30% de logements en plus. L'architecte Yves Lion illustre cette possibilité par un exemple concret ( il s'agit d'une simulation, pas d'un projet localisé).
>>>>>

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/54/07/70/PM2/AteliersLion_tours_2006-06-02-copie-1.pdf

 

 

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 06:33
Lundi soir salle comble à l'auditorium de l'Hôtel de Ville de Paris pour la restitution du travail de la conférence citoyenne. J'ai présenté cette démarche sur ce blog, mais elle est intégralement restituée sur le site du CAUE 75 ( que je préside).
Cette soirée permet de mieux comprendre les obstacles auxquels sera confronté la conférence citoyenne qui doit être lancée par la municipalité parisienne.
J'en identifie deux principaux:
1/ le panel doit absolument refléter au maximum la diversité des habitants/citadins/citoyens. Socialement, générationnellement, Parisiens Intramuros ou extramuros comme le dit JP Chapon.
2/ veiller à ne pas laisser préempter le débat par ceux qui veulent le cantonner au pour/contre les tours.

Voici le texte du rapport de la conférence citoyenne


Un regret: très peu d'éluEs parisiens présents ce soir là.

Sur dailymotion , mon intervention de conclusion.
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 03:16
Hauteur et densité - Notes sur un état urbain de Paris
" [La] ville constituée par un grand nombre de fragments en eux-mêmes achevés est, à mon avis, celle qui favorise vraiment la liberté des choix. […] Nous ne croyons pas que des questions de valeur puissent orienter la décision en faveur des maisons hautes ou des maisons basses, c’est-à-dire en faveur de solutions architecturales et typologiques différentes, parce qu’à notre avis ces questions de valeur ne peuvent être résolues qu’au niveau de l’architecture urbaine. ” Aldo Rossi, L’Architecture de la ville.
1 - Densité raisonnée Comme le suggère dans cette assertion qui pourrait s’appliquer à Paris l’architecte Aldo Rossi, celui qui a, dès le milieu des années 1960, réévalué positivement les qualités de la ville européenne traditionnelle, les questions de densité et de hauteur ne doivent pas être abordées de manière univoque. La principale erreur des architectes et des urbanistes des années 1960 et 1970 n’a pas été de construire des tours, mais bien plutôt de les considérer comme le seul type valable, quels que soient le programme qu’elles accueillaient et le lieu dans lequel elles étaient édifiées. Défendre aujourd’hui la possibilité de construire plus densément dans certaines parties de la ville, c’est défendre la possibilité de construire moins densément dans d’autres, car densifier certaines parties qui peuvent naturellement l’être compte tenu de leurs caractéristiques et de leur emplacement, conduit à diminuer la pression qui s’exerce sur d’autres parties de la ville. Le densité de la couronne garantit un aménagement mieux raisonné des faubourgs tout en autorisant Paris à conserver sa population, en nombre et en diversité.
2 - Identité Paris est une des villes les plus constituées et ordonnancées du monde. Ce statut tend à rendre l’évolution de ses formes urbaines problématiques car, au nom de la préservation de cette exceptionnelle unité n’a été autorisée ces dernières années que la reconduction des dispositifs existants. Ainsi alignement et gabarits contrôlés règnent en maîtres depuis la réévalutation de l’œuvre d’Haussmann au milieu des années 1970. Paradoxalement, Haussmann, qui est celui qui a le plus profondément modifié, et inventé en grande partie l’image de Paris, est aussi celui au nom duquel a été mise en œuvre la reconduction à l’identique de principes en partie tombés en désuétude, qui a tendu à figer le paysage urbain de la capitale. En effet, alignements et gabarits ne sont plus aujourd’hui des outils efficients pour aménager la couronne dans laquelle se trouvent les derniers terrains libres conséquents de la ville. Précisément parce que Haussmann a doté la ville d’une structure urbaine particulièrement forte, l’image de Paris est aujourd’hui existante et solide, ce qui devrait autoriser une grande liberté aux différents acteurs de l’aménagement parisien, car rien ne peut détruire une cohérence aussi achevée. Enfin, les terrains libres sont si minoritaires en pourcentage de la surface totale de la commune, que la qualité du paysage de la ville et l’identité de celle-ci ne se trouveront que très peu affectés par leur urbanisation ; d’autant que les sites en questions, sur la couronne, sont aujourd’hui la plupart du temps durs et mal aménagés, et que cet état de fait n’altère pas la beauté de Paris. Par conséquent, il est étonnant de constater les crispations dont font l’objet les questions d’aménagement. La perfection formelle de Paris devrait nous détendre, car elle est aujourd’hui devenue inaltérable et, au lieu de cela, elle ne cesse d’alimenter les tensions et les conformismes de tous ordres et de tous horizons.
3 – Densité perçue vs. densité réelle Alors que 100 000 demandeurs d’un logement social sont sur listes d’attente, et que la population baisse, il est impératif de poser aujourd’hui la question de la densité des nouveaux quartiers de Paris. Mais il faut s’entendre sur la définition du terme densité. Il désigne ici pour nous une densité construite de surface de planchers sur une parcelle donnée. La densité a généralement mauvaise presse auprès des habitants, et pour comprendre le problème il convient de faire le partage entre la densité perçue et la densité réelle. Les enquêtes montrent que pour beaucoup la densité est assimilée aux grands ensembles. Or ce type de formes urbaines est au nombre des moins denses du point de vue du rapport surface des parcelles/surface de plancher construite. Mais ce qui évoque la densité, ce sont les longs alignements monotones des façades de barres. En revanche, des quartiers parisiens très denses sont plébiscités au titre de la qualité de la vie, car ils ne sont pas perçus comme tel. Mais tout le monde apprécie d’avoir de nombreux commerces et services au pied de chez soi ou dans une grande proximité : c’est précisément ce qui n’est rendu possible que par une grande densité, compte tenu des lois du commerce et de la rentabilité. 4 - Densité vs. tours Enfin, il faut rappeler que Paris est une ville remarquablement dense, et que réfléchir à la possibilité de construire des formes urbaines denses aujourd’hui c’est, fondamentalement, s’inscrire dans la continuité de l’histoire parisiennes. Mais les formes urbaines denses ne sont pas assimilables aux seules tours, et le débat sur la densité mérite d’être déconnecté, au moins partiellement, de celui sur la possibilité de construire de nouveau des tours. Pour permettre au débat d’avancer, d’une part, mais aussi car les tours ont vocation à accueillir du bureau ou du logement de standing, mais pas de logement social, en raison des coûts d’entretien. La densité peut être obtenue en construisant des maisons de ville en bandes, comme cela a été le cas ces dernières années sur la désormais fameuse île de Borneo, dans le port d’Amsterdam, où un coefficient d’occupation du sol (COS) de 3 a été atteint, c’est-à-dire l’équivalent d’un COS parisien courant. Ce quartier est aujourd’hui plébiscité, à la fois par les habitants et par les professionnels du monde entier.
5 - Pour un urbanisme de projets Cela montre que le débat sur la densité, s’il mérite d’être mené de manière conceptuelle, doit aussi comporter un volet de projets. Les terrains libres de la couronne, en raison de leur intrication avec les infrastructures de transport qui les caractérisent, font tomber en désuétude les outils habituels d’alignement, de contrôle de la hauteur des bâtiments, et d’ordonnancement des constructions. Seuls des projets concrets permettent de donner forme à des hypothèses en faveur de la densité. Et la densité sera particulièrement nécessaire à mettre en œuvre sur la couronne, car elle emporte avec elle une conséquence fondamentale qui est la mixité. La densité sera le plus sûr gage de pouvoir créer dans ces lieux jusqu’à présent défavorisés sur les plans urbain et social une réelle qualité de vie, car la densité autorisera l’investissement de l’espace public à toute heure du jour et de la nuit, l’apparition de commerces de proximité, d’équipements et de jardins publics. Tous ces éléments qui font la qualité spécifique de la vie parisienne ne sont possibles que dans un environnement dense. Les projets qui seront lancés prochainement, sur la ZAC Claude Bernard, par exemple, doivent l’être en poursuivant cet objectif de démonstration exemplaire. Dans les secteurs non encore définis, tels que le secteur Bédier-Porte d’Ivry, par exemple, les projets devront aussi être orientés dans ce sens. A condition d’avoir offert aux architectes et aux urbanistes un cadre ambitieux en la matière, la Ville pourra ainsi disposer de projets concrets qui permettront de juger sur pièce de la qualité urbaine des ces nouveaux quartiers denses.
6 – Relever le plafond des hauteurs Si le débat sur la densité doit être mené en le dissociant de celui sur les tours, il n’en reste pas moins qu’il doit se porter sur la question des hauteurs. Dans le plan des hauteurs actuel la hauteur des bâtiments sur la couronne est majoritairement limitée à 31 mètres, alors que la hauteur serait un moyen de s’affranchir de la nuisance des infrastructures tout en exploitant les qualités d’accessibilité offertes par celles-ci. Les immeubles de logement ne sont classés comme Immeubles de Grande Hauteur (IGH) qu’à partir de 50 mètres. Il conviendrait donc que sur la majeure partie de la couronne la hauteur autorisée soit montée à 50 mètres et qu’elle soit réellement exploitée – car aujourd’hui les plafonds à 37 mètres, lorsqu’ils existent, ne sont quasiment jamais exploités – pour concevoir des immeubles dont la densité serait le premier gage de qualité. Ponctuellement, sur les portes, des tours pourraient trouver leur place, mais c’est probablement en ayant recours à l’immeuble de 50 mètres comme type habituel de la couronne que la densité pourrait être augmentée significativement pour faire là un projet de ville spécifique qui participerait d’un enrichissement authentique du patrimoine urbain parisien. Car le patrimoine de demain, architectural ou urbain, ne peut se construire en singeant indéfiniment des modèles historiques qu’on n’arrive jamais à reconduire dans leur qualité originelle, tant ils sont inadaptés aux besoins contemporains.
7 – Des tours Paris-banlieue Plusieurs communes de première couronne poursuivent actuellement des projets de tours. Donc Paris aura des tours à ses portes, et de plus en plus, que cela plaise aux parisiens ou pas.  Du point de vue du paysage et du point de vue politique, ces tours pourraient constituer un signe fort à l’échelle de l’agglomération, de relations renouvelées entre Paris et sa banlieue. Si elles étaient disposées de part et d’autre du boulevard Périphérique elles seraient des liens naturels entre Paris et la banlieue, et d’une échelle capable de s’adresser à l’horizon de l’agglomération comme à la proximité des infrastructures.
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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 21:34

La tour dans sa ville

La durabilité des villes n'est pas seulement une question économique, elle dépend aussi de leur qualité urbaine en tant qu'espace de la vie sociale. La construction de tours est-elle compatible avec l'insertion et la cohésion urbaine ? Des villes comme New-York ou Vancouver démontrent que la grande hauteur peut être conciliée avec une ville ouverte, attractive et vivante, a contrario des expériences parisiennes qui, en implantant des tours ou des groupes de tours rompant trop brutalement avec la trame urbaine traditionnelle et faute de solution de continuité, ont constitué des enclaves mal insérées, dont la greffe n'a pas su prendre. La qualité urbaine de Manhattan vient de l'articulation de ses gratte-ciel avec l'espace public, de la lisibilité de sa trame viaire et de la perméabilité de ses rez-de-chaussée. Inversement, une mauvaise articulation de la tour à son environnement urbain est presque toujours à l'origine de son rejet. La qualité du traitement du pied de la tour, c'est-à-dire son enracinement dans la ville, est un facteur primordial d'intégration urbaine qui impacte l'ensemble du quartier où elle s'implante. Ce traitement peut prendre des formes très différentes selon que la tour est isolée comme à Montparnasse, associée à d'autres comme dans le quartier d'affaires de La Défense ou banalisée comme à New York mais, il exige toujours un effort exceptionnel dans la conception et la gestion des espaces ouverts au public.

En l'absence de relief très marqué, comme c'est le cas à paris, la construction de tours risque d'aplatir la silhouette de la ville. Croquis de G. Hanning.

La tour, par nature et par vocation, est un objet architectural très prégnant dans le paysage urbain. Cela est particulièrement vrai en Ile-de-France où le site naturel n'offre pas de dénivelé excédant 200 mètres. La butte Montmartre, qui domine Paris, n'est qu'à une centaine de mètres au-dessus de la Seine. La construction de tours modifie donc considérablement le paysage et la silhouette de la ville. Dans les années soixante-dix, l'apparition aléatoire d'immeubles de grande hauteur dans cette silhouette parisienne a conduit à leur interdiction totale. Aujourd'hui, nul ne souhaite la « bruxellisation » de Paris, c'est-à-dire la poussée de tours au hasard des opportunités foncières et immobilières. Mais faut-il pour autant refuser partout toute construction de grande hauteur ?

Exercice appliqué à la silhouette parisienne

Photo Jean Bruchet IAU-îdF
Vues de la tour Eiffel, de La Défense en chantier et du Mont Valérien en 1977 et 1989. Photo Claude Abron IAU-îdF

La Tour Eiffel est le symbole de Paris, capitale touristique du monde. La Tour Montparnasse elle-même, qui n'est pas un modèle de créativité architecturale, a trouvé sa place en signalant l'un des principaux lieux de centralité parisienne. A coté de ces monuments qui jalonnent la ville, la silhouette que constituent les 71 tours de La Défense participe à ce paysage parisien et dialogue avec la butte de l'Etoile, Montmartre ou la Montagne Sainte-Geneviève. Elle participe à sa lisibilité, à son identité et signale sa puissance économique. En revanche, multiplier sans précaution des tours conduirait progressivement à enlever toute signification à ces gestes architecturaux et à banaliser le grand paysage de Paris et du cœur de l'Ile-de-France.

Il y a trois manières d'insérer les tours dans la ville. La plus simple et la plus ancienne est la tour monument. C'est une tour isolée, signalant un des pôles de la ville. Dans cette catégorie, on trouve notamment la Turning Torso à  Malmö, la tour Agbar à Barcelone, la tour Gherkin à Londres.  Une deuxième manière est d'en faire le gabarit ordinaire de la ville. Une de ses versions historiques est la fameuse ville de San-Giminiano en Toscane, mais elle s'est surtout diffusée au XXème siècle dans les villes américaines comme Chicago, New-York, Sao Paulo, etc. puis dans les métropoles asiatiques, Hong-Kong, Singapour, Shanghai etc. Elle est plus rare en Europe où Francfort reste une exception. La troisième manière, plus sophistiquée, est la création d'une grappe de tours formant un quartier d'affaires à l'exemple de La Défense, de Canary Wharf à Londres ou du projet de Zuidas à Amsterdam. Il n'est pas question d'en faire le gabarit ordinaire de l'agglomération parisienne mais les deux autres manières y sont présentes et restent envisageables pour l'avenir. Encore faudra-t-il en maîtriser l'usage à l'échelle du grand paysage, ce qui suppose de disposer des outils de simulation permettant d'avoir une vision de l'impact paysager des projets, mais aussi d'un lieu de décision collectif qui évitera la multiplication désordonnée des initiatives communales.

L'immeuble de grande hauteur est donc un ingrédient urbain à utiliser en pensant à la ville et à son usage. Cela doit nous conduire à ne plus le considérer seulement comme un monument d'architecture ou un produit immobilier d'exception mais comme un élément constitutif de la ville qui doit participer à son projet urbain. Au moment où s'agite le débat sur le Grand Paris, n'est-il pas temps de resituer dans une vision partagée de l'armature urbaine et du grand paysage les multiples projets de Paris et des communes qui l'entourent afin de concevoir une silhouette urbaine séduisante, cohérente et lisible qui permettra à Paris et à l'Ile-de-France de redevenir, comme au début du siècle précédent, un modèle de métropole associant identité, modernité et qualité de vie. Le débat mérite en tout cas d'être poursuivi, approfondi et éclairé, à moins que la tempête financière, qui s'est levée au milieu des tours de Wall Street, ne ramènent les métropoles à des ambitions plus modestes !

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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 09:02
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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 08:53

L'architecte Jacques Herzog s'explique sur la tour qu'il doit construire à Paris

LE MONDE | 25.09.08 |

ertrand Delanoë est un maire inspiré peut-être par Don Quichotte. En pleine bagarre pour la prise du PS, et alors que la crise financière met en péril une douzaine de projets majeurs de la Défense (dont la tour Phare et la tour Signal), il annonce le nouveau projet de tour signé par l'agence suisse Jacques Herzog et Pierre de Meuron pour le Parc des expositions de la porte de Versailles, dont nous avons donné les grandes lignes dans notre édition datée du 25 septembre. Ce même jour, le maire devait présenter le "projet Triangle" avec Anne Hidalgo, première adjointe, chargée de l'urbanisme et de l'architecture, l'architecte Jacques Herzog et Jacques Poitrinal, président du groupe Unibail-Rodamco, qui a organisé le concours pour la tour Phare (300 mètres).

Le "projet Triangle" devrait flirter avec les 200 mètres de haut. Ses architectes espèrent pouvoir "monter jusqu'à 211 m, nous dit Jacques Herzog avec un sourire, pas par mégalomanie, juste l'histoire de dépasser les 210 m de Montparnasse, tour rigide, peu accueillante pour le public, alors que nous espérons au contraire proposer un édifice très ouvert". Pour l'essentiel, l'édifice sera composé de bureaux et de commerces.

Au demeurant, à quoi correspond ici le terme de tour, qui crispe tant les habitants "comme la modernité hérisse toujours les habitants des plus belles villes du monde, conservatrices par essence", commente Herzog. A la hauteur plus qu'à la forme, très inhabituelle - une sorte d'immense voile triangulaire dont les détails, encore à l'étude, devraient être "sans cesse changeants comme peut l'être une montagne".

L'édifice traversera le Parc des expositions, longeant l'avenue Ernest-Renan depuis le boulevard Victor jusqu'au boulevard périphérique. "C'est une partie de Paris dont la forme urbaine est toujours restée imprécise, explique Herzog. Elle est difficilement lisible, au contraire de la plupart des autres zones limites de la capitale. Les différentes époques de l'urbanisme se rencontrent sans créer d'agrément ni d'événement. La place de la Porte-de-Versailles est un espace complexe dans sa configuration actuelle. Son organisation initiale en hémicycle est difficile à lire en raison de nombreux obstacles visuels et de l'absence d'espaces publics clairement identifiables entre le Parc des expositions et les immeubles qui lui font face."

Vu de Paris ou d'Issy, le triangle présentera son profil le plus étroit, sa monumentalité étant surtout perceptible depuis le tourbillon du périphérique et l'axe nord-sud. Jacques Herzog et Pierre de Meuron craignent-ils l'hostilité des Parisiens ? Herzog cite les derniers exploits de l'agence : l'énorme bâtiment de la Tate Modern adoptée par les Londoniens et le Stade olympique de Pékin avalé en douceur par les Pékinois sous le sobriquet de Nid d'oiseau. "Je ne sais pas ce que les Parisiens vont trouver comme surnom, mais, tout ce que nous souhaitons c'est ouvrir un dialogue avec les habitants", conclut Jacques Herzog.

Frédéric Edelmann

Article paru dans l'édition du 26.09.08

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