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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 10:36








Sur le site de Plaine commune , la transcription d'un t'chat.
Sur le même site un communiqué de presse un peu étrange: "Syndicat: n'enterrons pas le débat". Etrange parce que le débat s'ouvre en grand avec l'ensemble des collectivités le 1er Octobre. Et la responsabilité du syndicat sera bien de créér les conditions d'un large débat citoyen.
Pierre Mansat




Patrick Braouezec : Bonjour.Avant de dire mon opinion, je vais resituer ce débat d'aujourd'hui sur le Grand Paris. D'abord, c'est le président de la République qui a relancé ce débat, considérant que l'attractivité parisienne avait perdu sa force. Il souhaitait que Paris retrouve sa place attractive. D'un autre côté, on constate qu'en Ile-de-France, les inégalités sociales et territoriales se sont aggravées ces dernières années. Or, il faut faire en sorte qu'elles diminuent. Certains proposent qu'on réunisse dans une même entité Paris et les trois départements de la petite couronne. D'autres considèrent que tous les départements limitrophes en feraient partie. Il est à craindre que ces scénarios reproduisent les mêmes effets, simplement déjà par la pression foncière et immobilière, et de fait excluent de ce territoire les populations qui sont déjà les plus fragiles. Donc le scénario que je revendique est celui de la polycentralité. Bien sûr, nous avons besoin de la centralité parisienne, qui est capitale, et autour, il y a déjà des centralités existantes ou en devenir. Je propose le Paris métropole qui repose sur ces centralités, pour les sujets du logement, des transports, etc.
Zizou : Pouvez-vous nous expliquer votre théorie des pôles "en fleur" ?
Patrick Braouezec : C'est ce que certains ont appelé la théorie de la marguerite, oui. Avec Paris au centre et les six ou sept pétales autour. Il faut sans doute revoir cette figure symbolique C'est plutôt une sorte de mosaïque.

 robertoCavales : Bonjour M. Braouezec, n'y a-t-il pas sur le territoire des questions plus urgentes que celle-là ? Ne serait-ce que la propreté !!!
Patrick Braouezec : Dans toutes les grandes métropoles aujourd'hui, il y a des questions urgentes qui concernent les questions de propreté, de sécurité, les questions du quotidien en général. Mais on a besoin d'être plus efficace sur ces questions, mais en relation avec la question du développement du territoire, ce qui permet de mutualiser un certain nombre de choses.

 gbl : Avant de parler de Grand Paris sur le plan global, il faudrait déjà avancer sur le dossier des transports. on a le sentiment que les transports ont 20 ans de retard sur les nouvelles politiques urbaines...
Patrick Braouezec : On a pris du retard si on considère le dernier contrat de projet État-Région, dans lequel beaucoup d'infrastructures de transport en commun étaient programmées. On a réussi à faire en sorte que certains projets soient à nouveau inscrits dans le contrat État-Région. La seule réalisation qui a eu lieu de ce contrat de projet, c'est le tramway du sud de Paris, alors que ce n'était pas la priorité des priorités. La Région vient de faire une proposition, il faut voir maintenant si l'État décide de l'accompagner. Il faut que les transports en communs permettent de désenclaver des quartiers, et permettent des liaisons entre les pôles. Par exemple, une liaison plus efficace entre Saint-Denis et la Défense.

 Amélie : Franchement, je ne vois pas l'intérêt de tout ce débat sur les préoccupations des Franciliens, et tout d'abord le logement. Si on ne construit pas suffisamment de logements, et d'abord de logements intermédiaires bien desservis, le grand paris n'est qu'une coquille vide pour servir les desseins des politiques.

Patrick Braouezec : Ce ne sera pas une coquille vide. Si une décision est prise sur la mise en place d'un Grand Paris institutionnel. Tout dépend de la façon dont on conçoit le Grand Paris. Sur les questions économiques, sur les questions du logement, car des villes continuent à ne pas vouloir construire des logements sociaux, sur la question des transports, il y a nécessité que les pouvoirs publics reprennent la main et ne laissent pas seulement le marché économique.

 Votre pseudo : Finalement n'est ce pas plus un enjeu de gouvernance et de pouvoir qu'un enjeu pour les citoyens ?

Patrick Braouezec : Ce n'est pas un enjeu de pouvoir. Certains, bien sûr, y mettent des enjeux de pouvoir, ce n'est pas non plus innocent si ce débat vient à un an et demi du renouvellement du conseil régional. Mais au-delà de ces questions, il y a de vrais enjeux politiques, qui concernent le quotidien de chaque Francilien. La question des équipements publics par exemple, pour que chacun soit à égalité de traitement, se pose.

 Éric : Quelle différence entre Grand Paris et Paris Métropole ?

 Patrick Braouezec : De toute façon, la réponse qu'on apportera, peu importe la dénomination, ce qui importe, c'est ce qu'on construit. Si on répond par la polycentralité et faire en sorte que chacun se trouve dans une centralité, car il est important que chaque citoyen considère qu'il n'est pas à la marge. Je préférerais Paris métropole, car au moins, ce serait plus clair.

nif : Que pensez-vous des projets de Sarkozy sur le Grand Paris ? Comment définiriez-vous sa vision ?
Patrick Braouezec : Je suis convaincu qu'il se retrouve assez bien dans le scénario de regrouper Paris et les trois départements limitrophes. La question du millefeuille institutionnel qui se pose dans la nation doit se poser là aussi. S'il faut s'interroger sur la pertinence des départements, sur le nombre de régions, sur le nombre d'habitants pour les communes, etc. Toutes ces questions, il faut qu'on se les pose, mais ce n'est pas de cette façon qu'on résoudra la question du millefeuille institutionnel. Nicolas Sarkozy essaie de remettre un État un peu autoritaire pour trancher sur les débats franciliens. A mes yeux, ce n'était pas son rôle de s'immiscer dans ce débat. D'autant plus qu'il était absent lors des débats préliminaires organisés par la Région sur le schéma directeur de la région Ile-de-France. J'ai participé à bon nombre de ces ateliers, et je n'y ai rencontré ni Nicolas Sarkozy ni des élus des Hauts-de-Seine. Après que la publication a été faite, il est venu s'immiscer dans le débat. En donnant une vision très personnelle de cette région Ile-de-France.

 Marie-Claire : Le SDRIF (Schéma directeur de la région Ile-de-France) est recalé en partie par l'État, ne fixe aucun périmètre pour cette métropole régionale ni aucun mode de gouvernance (communauté d'agglo), que pensez-vous ?
Patrick Braouezec : La question du Sdrif, c'est qu'il a fait une bonne analyse, un bon constat, qu'il a lancé des pistes tout à fait intelligentes et intéressantes, notamment par rapport à la question des inégalités, mais il ne va pas au bout de la démarche. On est dans la recherche d'un consensus avec l'ensemble des parties prenantes en disant qu'il fallait à tout prix ce consensus pour que l'État approuve ce Sdrif. Ce dont on a besoin aujourd'hui, c'est une volonté politique plus affichée pour rattraper le retard. Il n'est pas normal de voir des territoires se développer et d'autres rester en retard.

 Pic LaCourneuve : Pour que le Grand Paris vive, il faudrait que la population puisse s'identifier avec. Or elle a déjà du mal à s'identifier à Plaine Commune, le 93, IDF. Qu'est-ce qu'on propose ?

Patrick Braouezec : Pic a raison: il faut effectivement, pour pouvoir s'identifier à un territoire, considérer qu'il existe pour soi-même. On sait très bien que c'est par des actions d'ordre festif, culturel qu'on arrive à avoir une identité de territoire. On s'y emploie au niveau de la communauté d'agglomération, qui a sept ans. Elle est déjà reconnue pour un certain nombre de compétences qui lui ont été transférées. Il faut aller plus loin, permettre à la culture, à la fête d'avoir une dimension communautaire. Après, je pense que l'identité du 93 existe. Elle n'est pas toujours vécue positivement, mais elle est porteuse de modernité, de jeunesse, de valeurs. Quant à l'identité francilienne, il faut peut-être réfléchir sur ce qu'elle est.

Michel stdenis : Vous êtes où là ? il est grand votre bureau...
Patrick Braouezec : Pour le rassurer, Michel, je ne suis pas dans mon bureau mais dans la salle du conseil communautaire. Ce qui est derrière moi, c'est la maquette de la communauté d'agglomération. Mon bureau est beaucoup plus petit, je vous rassure. 

Christian : Les cinq présidents des conseils généraux de gauche (77-91-93-94-95) se sont réunis dernièrement et ont rejeté l'idée d'un retour aux départements de Seine et de Seine-et-Oise faisant prévaloir le rôle des départements actuels et leurs connaissances des tissus sociaux actuels. Est-ce qu'une nouvelle entité peut faire mieux que ce qui est déjà en place?
Patrick Braouezec : Il ne s'agit pas de construire une nouvelle entité concurrente des prérogatives des conseils généraux. L'idée est d'avoir un lieu pour discuter et décider sur les grandes politiques de logement et de transport, ce qui n'est pas des compétences départementales. Certains départements ont bien compris que certains scénarios auraient pour conséquence de voir des populations déjà en difficulté dans des territoires proches de Paris, pourtant avec un tissu économique et urbain important, de les voir expatriés et donc d'avoir des difficultés plus importantes à gérer.

marco : Pourquoi les élus de Paris interprètent-ils la volonté des villes de banlieue d'appartenir à des centres sous forme d'une centralité périphérique ou d'un polycentrisme comme une vision de conflictualité agressive envers Paris ? L'étalement urbain est déjà discutable alors que pensez-vous de l'étalement politique de Paris ?

Patrick Braouezec : Ce n'est pas à moi qu'il faut poser cette question ! Oui, je la ressens cette conflictualité. Je pense qu'on n'est pas compris par la ville de Paris quand on met en évidence qu'on peut être associé pour mettre en place ensemble les politiques économiques, de transport, de logement. Je considère que cette polycentralité n'est pas dirigée contre Paris.

 

Cédric : Est-ce que tous les maires des villes de Plaine Commune partagent le même avis sur le Grand Paris ?

Patrick Braouezec : On a commencé à en discuter ensemble. Je ne suis pas certain que tous partagent complètement ce point de vue. Nombre d'entre eux considèrent que ce scénario répondant le mieux aux attentes des populations concernées.

 Conseil de développement : Quel Grand Paris construire pour mieux vivre ensemble, le vivre ensemble de tous les habitants, quels que soient leur âge, leur origine, leur niveau social ?

 Patrick Braouezec : J'ai un peu répondu. Deux mots sur ce qu'est le conseil de développement. La communauté d'agglomération s'est dotée d'un organisme qui s'appelle Conseil de développement, qui est constitué par des habitants, représentatifs d'habitants, mais aussi de milieux économiques, d'associations. Elle a pour fonction de travailler à nos côtés sur les grandes thématiques en termes de politiques publiques. On les interroge et on leur demande de travailler sur certaines questions. Eux-mêmes peuvent s'auto-saisir d'un certain nombre de sujets. C'est très important car ça permet d'avoir l'avis des acteurs du territoire, et ça nous amène à corriger certaines choses et de réfléchir.

 Conseil de développement : Le Conseil de développement souhaite être présent dans le débat du Grand Paris et demande comment l'ensemble des gens y est associé. Pour sa part, il élabore une contribution sur le sujet suite à une saisie de Plaine Commune. Que pensez-vous de l'idée d'un référendum sur la question du Grand Paris ? Comment faire un réel débat démocratique de cette question ?

Patrick Braouezec : Il faut démultiplier aujourd'hui les lieux pour débattre sur cette question. On a eu ce débat en bureau communautaire. On organise des débats dans chacune des villes de Plaine-Commune, et au-delà d'ailleurs. Les conseils généraux sont un peu dans le même état d'esprit, de mettre en débat cette question. Par rapport au compte à rebours proposé par Nicolas Sarkozy me semble être un calendrier un peu trop serré qui ne permet pas un débat démocratique. Je suis pour le référendum à condition qu'il soit éclairé par un vrai débat. Donc ça nécessite qu'il faut qu'on soit clair sur les questions, et qu'on donne tous les éléments aux habitants de la région Ile-de-France concernés par ce Grand Paris. Cela demande un vrai travail. Le fait qu'on soit proche des enjeux des élections régionales de mars 2010, il ne faut pas que ça se télescope, il faut prendre le temps. Si on doit mettre quelque chose en place, il ne faut pas que ce soit avant janvier 2011. 

Michel stdenis : Que pensez-vous du projet de métrophérique ?
Patrick Braouezec : C'est un projet intéressant car il permet de relier des banlieues entre elles. Mais il ne faudrait pas que ce projet empêche de réaliser ce qui aujourd'hui est nécessaire en termes de desserts de transport en commun. Si ce projet entraîne l'abandon d'autres projets qui sont aujourd'hui programmés, ce ne sera pas possible. Il faut consacrer énormément de moyens qui permettront de réaliser les structures de transport en commun, dont métrophérique.

 milo : Qui va décider ? Les habitants seront consultés ?

Patrick Braouezec : J'espère que ce seront les citoyens et les élus concernés, et que ce ne sera pas une décision autoritaire venant de qui que ce soit. J'espère comme Milo que les habitants seront consultés. Notamment sur la question: quelle place le citoyen doit occuper dans ces centralités.

 djobu : Le social me parait être le grand absent de ce débat sur la métropole. Serait-ce moins vendeur auprès des électeurs ?

Patrick Braouezec : Je ne pense pas. Je pense même que le social est ce qui compte au niveau des électeurs. J'ai quand même le sentiment, quand on parle développement économique, et accès à ce développement économique par des transports performants, on n'est pas à côté de la question du social. Quand on aborde les questions de développement économique, logement et transport, on est dans le domaine du social, de manière quasiment directe. Quand on travaille sur un territoire pour que les emplois qui arrivent et ne bénéficient pas directement à la population, il s'agit de faire en sorte que ces emplois leur bénéficient directement, c'est une question sociale. 

La Maltournée : Restera-t-il une place pour la nature sauvage au cœur de Saint-Denis dans la Métropole de demain ? Êtes-vous conscient que cela est indispensable pour que vivre dans cette grande ville "dense" reste supportable, notamment pour les moins mobiles d'entre nous. Est-il possible de rendre la densité plus intelligente afin de conserver des espaces vides, naturels et sauvages tels que celui de la Maltournée très justement situé à quelques centaines de mètres du stade de France ?

 Patrick Braouezec : Il faut préciser ce qu'est une ville dense. Nous sommes sur un territoire qui fait la moitié de Paris avec six fois moins d'habitants que Paris. Cela signifie que la question de la densité n'est pas forcément synonyme de mal-être. La question de l'aménagement est la question sociale sont des questions importantes. Qu'on garde un peu de sauvage dans un aménagement, pourquoi pas ? A condition que ça n'hypothèque pas un aménagement pensé, réfléchi et déterminé avec les habitants. On a un projet d'aménagement à la Maltournée, aux portes de Paris. Un comité consultatif se réunit régulièrement, et les décisions sont souvent prises à l'unanimité de ceux qui participent. On connaît bien la Maltournée, on continuera à discuter avec eux.

 Roland Saint Denis : Est-ce que le Grand Paris peut envisager de prendre en charge des erreurs du passé : l'Autoroute A1 peut-elle être vue un jour sous le canal de saint Denis ?

 Patrick Braouezec : Je pourrais répondre: oui, bien sûr, on le fera! Je ne suis pas certain que ce soit une des priorités qu'on doit avoir. Par rapport aux autres questions qu'on évoquait, notamment celle des transports en commun, toutes les questions qui permettront de limiter la place de la voiture en Ile-de-France, les questions qui permettront de rapprocher le lieu de travail et le lieu d'habitation, avec le souci d'un mieux -être... ne suis pas sûr que ce soit la priorité car ce projet représente un coût énorme. Ensuite, si un jour on a les moyens de le faire, oui. Mais il y a des enjeux fondamentaux, il faut qu'on ait des équipements publics. Comme la construction d'écoles, d'équipements culturels, sportifs, etc., pour mieux répondre aux attentes des gens.

 HIBISCUS : A quand des transports convenables, en particulier sur la ligne B du RER. Il n'y a pas une journée que ce soit le matin où le soir où il y a toujours un problème.

 FANTOMAS : Bonjour, nous voulons la ligne 14 sur Saint-Denis !! Pour le respect des banlieusards et de notre territoire, car + d habitants + d'entreprises + de touristes + de matchs. Stade de France = 116% de taux d'occupation, même le transport de bétail en Europe ne subit pas de telle condition inhumaine !

 Patrick Braouezec : Ce qu'ils disent est vrai. Effectivement, les conditions de transport en commun aujourd'hui, la ligne B du RER, bien sûr, mais pas seulement, c'est aussi la ligne A, la ligne 13... Consacrons beaucoup de moyens à cette question des transports en commun, trouvons des solutions intelligentes qui n'entraînent pas des chantiers de deux ans qui perturbent les transports. Le prolongement de la ligne 14 jusqu'à la porte de Clichy et jusqu'à la mairie de Saint-Ouen, cela permettrait de délester la ligne 13. Il y a la nécessité de bien mailler les transports en commun, car on sait que pour un transport en commun soit pertinent, il faut que le maillage soit intelligent pour permettre aux gens de les prendre. Sinon, ils continuent à prendre leur voiture pour aller au travail.

 Georges : Si Stains devient un arrondissement parisien, on peut espérer une amélioration dans les transports ?

 Patrick Braouezec : Le but n'est pas d'en faire un arrondissement parisien. Dans les scénarios qu'on évoquait, soit Stains ne sera pas dans le Grand Paris si c'est la version plus petite qui était choisie, soit Stains serait noyé. Le fait qu'on ait remis à l'ordre du jour le prolongement de la ligne 13 jusqu'à Stains, et il faut le prolongement de la ligne 14 jusqu'à Stains.

 deca : Le Grand Paris est-ce la fin des agglos ? Quels avantages et quels inconvénients pour les gens comme nous qui habitons la banlieue ?

 zabou : N'y a-t-il pas danger a perdre notre identité proche et de devenir en fait qu'un arrondissement supplémentaire de Paris ? Sans contrepartie.

 Patrick Braouezec : Ils ont tous les deux raison. Si l'un des deux scénarios d'agrandissement était retenu, la perte d'identité serait effectivement forte. Notamment dans celui de regroupement des quatre départements, mais aussi dans l'autre. C'est pour ça qu'on défend la question de polycentralité, car elle est respectueuse des territoires, respectueuse de la dignité des gens. On considère que ces territoires sont suffisamment structurants car on y retrouve toutes les fonctions de l'homme. Bien évidemment, si on parle de polycentralité, il faut le voir de manière vaste. A mes yeux, la polycentralité est la seule solution qui permette de respecter l'identité et l'histoire de chaque commune.

 Christian : La politique en Ile-de-France était jusque là de créer des villes nouvelles à Cergy-Pontoise, Évry, Marne-la-Vallée, Saint-Quentin-en-Yvelines et Sénart afin de soulager l'agglomération parisienne pour éviter de parcourir des distances importantes de surfaces bétonnées. Plaine Commune tient un tel rôle avec ses deux parcs départementaux entre Cergy-Pontoise et Paris. Votre avis ?
Patrick Braouezec : Je considère que les villes nouvelles qui ont été créées ont correspondu à une époque à cette volonté de donner de l'oxygène à Paris. Avec les conséquences qu'on connaît: l'isolement, etc. Je considère qu'avec la question de la polycentralité il y a celle du renouveau de ces villes nouvelles. Il doit y avoir un lien entre Plaine de France et Cergy-Pontoise, pour lui redonner un nouvel élan. Nous avons la chance d'avoir aussi sur le territoire de la communauté d'agglomération des espaces verts vastes. Pour nous, c'est un plus, il faut continuer Nous avons travaillé le Scot avec la règle du quatre quarts : un quart de logement, un quart pour l'emploi, un quart d'espaces verts, et... Un quart pour les équipements publics. Pour être dans une ville à la fois dense et humaine.

la féministe : Le débat sur la métropole parisienne est un combat de coqs... Une guerre d'images et de représentations que nous avons de nos villes et de nos territoires. Métropolis veut dire mère - métier et ville ? polis. Au dico, il est écrit « État, ville considérée par rapport à ses colonies ». La banlieue a toujours été annexée, voire colonisée. Pour plus d'humanité et de douceur, pour changer de braquet, ne faut-il pas plus de femmes dans ce débat ?
Patrick Braouezec : Je ne peux que confirmer ce constat. C'est lié au fait que beaucoup de maires ou de présidents d'agglo sont des hommes. J'ai fait le même constat. La loi a obligé les municipalités à avoir la parité hommes/femmes dans les conseils municipaux, et depuis peu, dans les bureaux municipaux. Mais la loi n'oblige rien pour les communautés d'agglomération. Nous avons 17 femmes sur 58 conseillers communautaires. Il y a effectivement un vrai problème de représentativité féminine dans ces débats. S'il y avait plus de femmes, peut-être on aborderait les questions différemment.

 la banlieusarde : Je suis à 93 % du neuf trois et pour les 7 % restant de l'agglomération parisienne. Paris est ma banlieue. Nous y avons construit des relations humaines, de l'ingéniosité de toutes sortes parce que nous sommes les biffins de la Capitale. Cette terre c'est la nôtre. La banlieue ne peut pas être gobée comme un oeuf. Nous ne sommes pas sa poule aux oeufs d'or. Êtes-vous pour la disparition de mon 93, ma banlieue, comme le souhaite Dallier ?
Patrick Braouezec : Non, je ne suis pas pour la suppression, je l'ai déjà dit. Je partage ce que dit la banlieusarde. On doit être fier de ces banlieues. Les quartiers populaires qui comportent une grande partie de ce département, c'est là que se joue l'avenir de la société. C'est là qu'émergent des contradictions avec parfois beaucoup de violence, mais qui se passent de la même façon plus tard dans d'autres lieux. La question est: est-ce qu'on met ces banlieues au centre de l'actualité politique? On pense qu'une des forces de notre territoire, c'est qu'il est porteur d'une dynamique de création. Il faut réfléchir à comment on peut développer autour de cette création un projet économique. Création, c'est cinéma, télévision, aéronautique, mais aussi la mode, l'art contemporain, la musique. Ce n'est pas un hasard si le hip-hop est né à Saint-Denis, le slam aussi. C'est quelque chose qui a été façonné par ce territoire.

 Céline w : En France, on a tendance à accumuler les strates administratives. Quid du département de paris... Que faut-il supprimer lors de la création du Grand Paris ?
Patrick Braouezec : Emmanuel Todd disait : l'avenir de la société française est très incertain. Ce dont je suis sûr, c'est que c'est la façon dont on répondra aux questions qui se posent dans le département de Seine-Saint-Denis qui donneront les orientations. Finalement il y a des départements qui ont leurs compétences, qui n'ont rien à voir avec celles des autres institutions. Il y a des compétences départementales, des compétences régionales, des compétences communales, et des compétences des communautés d'agglo. Cela se complète. Mais il faut une meilleure lisibilité. Si on avait un conseil métropolitain réunissant le maire de Paris, les présidents des communautés d'agglo pour faire le point sur les différentes questions, on serait sans doute plus efficace. La question du millefeuille existe, mais posons-là au niveau national. Est-ce logique d'avoir des communes de 300 habitants? N'y a-t-il pas nécessité de regrouper des communes? De regrouper des départements ? Si on ne veut pas que ça nous soit imposé, il faut que les associations de maires, de départements, etc., se mettent ensemble pour y réfléchir.

Céline w : Pour le moment, est-ce que Paris finance en partie Plaine commune via une structure ?
Patrick Braouezec : Paris ne finance pas Plaine-Commune, pas du tout. Par contre, on a des coopérations avec Paris, notamment sur un équipement qui nous est cher, c'est le centre aquatique. Paris s'était aussi engagé à financer une partie du sud du tramway, et qui viendra d'Epinay et de Villetanneuse.

 Mymy : Grand Paris ou Petit Paris: un problème sur toute la France, le "pouvoir d'achat". Où va-t-on ainsi ? Même les salariés se retrouvent pauvres ! Faut-il faire une révolution?
Patrick Braouezec : Je partage le fait que ce n'est pas forcément la priorité en termes de débat La question du pouvoir d'achat, celle de l'énergie, celle des salaires, des retraites se pose certaine avec plus de forces pour bon nombre de personnes, c'est évident. Ceci étant, la façon dont on va répondre à la question du Grand Paris ne sera pas neutre non plus à ce niveau-là. En effet, les questions des déplacements, celles de l'éloignement des populations qui subissent doublement l'augmentation du carburant, ce sont des vraies questions. Ce n'est pas le débat principal, j'en conviens, mais c'est un débat qui nous est imposé, et si on se taisait, cela aurait des conséquences négatives pour les populations d'Ile-de-France.

lucie340 St-Denis : Que comptez-vous faire de l'emploi pour les jeunes sans diplôme qui recherchent un emploi en Ile-de-France ?
Patrick Braouezec : D'abord, c'est de faire en sorte que ces jeunes puissent retrouver le chemin leur permettant d'avoir une formation qualifiante. Pour ceux qui n'ont pas la possibilité d'obtenir un diplôme, avoir des emplois non qualifiés. L'arrivée des entreprises génère aussi ce type d'emploi, pour la restauration, l'entretien, le gardiennage, etc. C'est aussi autour de ces emplois qu'il faut travailler avec eux pour qu'ils accèdent à ces emplois.

bebeoncesaintdenis : Quel sera l'incidence du grand paris sur le prix des logements dans les villes faisant partie de plaine commune, ne va-t-on pas vers des loyers exorbitants comme à Londres ou Paris ?
Patrick Braouezec : C'est toute la question. Je suis convaincu que si c'est l'un des deux scénarios qui est retenu, il y aura une crise immobilière qui déplacera encore les populations.
On voit aujourd'hui arriver sur notre territoire des jeunes couples qui sont "chassés" de Paris. Ils nous disent le plus souvent qu'ils n'ont plus les moyens de vivre à Paris. Si on travaille sur cette pluricentralité, avec des structures qui sont de vrais territoires, avec leurs projets, leur dynamique et leur maîtrise de leur devenir, on est dans un autre rapport. Et là, on peut faire jouer une pression sur le plan immobilier.

pirouette : Est-ce que Nicolas Sarkozy en baron Haussmann ça vous va ? Cela permettrait de faire bouger les choses quand même ?
Patrick Braouezec : Ma réponse est non si on s'en tient à la personnalité du baron Haussmann. Il cherchait justement à chasser de la capitale les populations laborieuses considérées comme dangereuses. C'est la classe ouvrière qui a été mise hors de la capitale.

rémy stpierre : Finalement, vous ne pensez pas que tout sera décidé à la hâte par le président, comme pour le reste ?
Patrick Braouezec : J'espère que non. J'espère qu'il ne sera pas plus efficace dans ce domaine que dans d'autres. Il y a des promesses électorales, comme le pouvoir d'achat, où il n'a pas été très efficace. J'espère qu'il en sera de même dans ce domaine. Pour le polycentrisme, on est de plus en plus entendu, du côté des élus notamment. J'ai proposé de rencontrer des équipes d'architectes pour débattre sur ces questions. Si jamais le président de la République prenait une décision autoritaire, y compris en se réfugiant derrière un référendum bidon, la population le paierait très cher dans dix ou quinze ans.

gilou : Quel est pour vous LE grand projet de votre mandature ?
Patrick Braouezec : C'est très compliqué. Je serais tenté de dire que celui qui va compter le plus, c'est les 24 projets Anru. Mais on ne peut pas le dissocier de tous les projets dynamiques qui permettront de rendre ce territoire plus attractif. Nous avons toujours comme souci que le développement économique n'est pas un développement en soi. L'enjeu principal pour moi pour les six ans qui viennent, c'est de faire en sorte que le développement économique se transforme très vite en développement de la personne. Je serais très heureux que le nombre de chômeurs diminue sur ce territoire.

Merci à vous 

Merci à tous. Le t'chat est terminé.

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