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Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

"Les députés près à verrouiller l'accès aux archives publiques" un article de Florent Le Hu dans l'Humanité

Parlement. Les députés prêts à verrouiller
l’accès aux archives
Mardi 13 Juillet 2021, Florent LE DU

L’exécutif avait déjà pris une décision illégale en 2020
L’Assemblée nationale s’est penchée en commission sur un article restreignant
l’accès à de nombreux documents « secret-défense ». Une disposition vivement
critiquée par la gauche et des collectifs d’historiens et de citoyens.
En mars, Emmanuel Macron s’était engagé à ouvrir l’accès à davantage d’archives nationales
(notamment concernant la guerre d’Algérie). En juillet, le président de la République somme
désormais ses troupes de les verrouiller. À l’occasion de l’examen en deuxième lecture du projet
de loi relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement qui commence ce mardi,
les députés se pencheront sur son article 19. Concrètement, il modifierait la loi de 2008, qui prévoit
que, passé un délai de cinquante ou cent ans, « les documents d’archives publiques sont par
principe librement communicables à toute personne qui en fait la demande ».
Si l’article 19 était adopté, de nombreuses archives, relatives aux « procédures opérationnelles » et
aux « capacités techniques des services de renseignement ou de sécurité » pourraient ne plus être
consultables. Au nom de la « sûreté de l’État », selon la ministre des Armées, Florence Parly, l’accès
à des documents classés « secret-défense » interviendrait seulement « à la date de la perte de
leur valeur opérationnelle ».
Alors que c’est au pouvoir législatif de définir les garde-fous limitant la communication de
certains documents, ce texte confierait à la discrétion des services administratifs (notamment de
renseignement) le soin d’écarter certaines archives. « Ils pourront même décider tout simplement
de ne pas verser certains de leurs documents aux archives, sous prétexte que certaines méthodes
utilisées il y a soixante ans existent encore… Ce qui de fait est récurrent », ajoute Pierre Mansat,
président de l’association Josette-et-Maurice-Audin. Si cette loi avait été mise en place plus tôt, « il
aurait été impossible de savoir ce que nous connaissons aujourd’hui sur la torture pendant la
guerre d’Algérie, le putsch d’Alger, l’attentat du Petit-Clamart », ajoute-t-il.
Avec le collectif Accès aux archives publiques, Pierre Mansat s’était déjà mobilisé contre une
décision illégale de l’exécutif en cours depuis janvier 2020 : imposer une « déclassification
préalable », par les administrations concernées, à toute communication d’un document classé «
secret-défense ». Un frein, proche de celui prévu par l’article 19, jugé illégal par le Conseil d’État,
dans son arrêt du 2 juillet 2021.
Cette décision du Conseil d’État a mis en lumière les véritables intentions de l’exécutif, selon la
quinzaine d’historiens – parmi lesquels Patrick Boucheron, Robert Paxton, Michelle Perrot ou
Benjamin Stora – signataires d’une « lettre ouverte aux parlementaires ». « Nul ne peut plus nier
que l’article 19 a pour seul et unique objet d’allonger les délais actuels de communication des
archives publiques. À la lueur de la décision du Conseil d’État, il serait incompréhensible, pour la
crédibilité de la parole publique, qu’aucune conséquence n’en soit tirée », avancent-ils.
Et pourtant, le gouvernement et sa majorité n’en démordent pas et prétendent toujours, malgré
les évidences, défendre un « texte d’ouverture ». Lundi après-midi, lors la commission mixte
paritaire qui s’est penchée sur le texte, son rapporteur Loïc Kervran (LaREM) a même parlé d’ «
une loi de progrès qui lève une réelle ambiguïté », avant d’expliquer que l’article 19 préservera
davantage des risques d’atteinte à la sûreté de l’État. « Ce sont des mensonges, s’emporte Pierre
Mansat. Depuis 2008, aucune archive n’a pu créer de tels risques, notamment parce que la loi
prévoit déjà des garde-fous importants. Le gouvernement n’est motivé que par la paranoïa et est
sans doute sous influence de cercles politiques et militaires qui ne veulent pas voir certains sujets
connus et étudiés par les citoyens. »
La commission des Lois a par ailleurs refusé d’adopter les amendements portés par la gauche,
qui proposait notamment d’exiger une justification du refus d’ouverture d’une archive par
l’administration concernée. En conséquence, les députés communistes devraient exiger, ce mardi,
le retrait total de l’article 19. En cas d’adoption définitive du texte, les collectifs mobilisés contre cet
article espèrent voir le Conseil constitutionnel le retoquer, en reprenant les arguments utilisés par
le Conseil d’État. Celui-ci rappelle notamment la prérogative constitutionnelle attribuée au
Parlement en matière d’accès aux archives, à laquelle l’article 19 contrevient en laissant aux
administrations le soin de décider du sort de certains documents en toute opacité.

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