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Pierre Mansat et les Alternatives

Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

Sur Le Journal du Grand Paris: Paris débat du Grand Paris

Scot : Paris débat du Grand Paris

La contribution de Paris au schéma de cohérence territoriale (Scot) métropolitain a été adoptée lundi 2 juillet 2018 en conseil de Paris. Les groupes LR, UDI, et macronistes se sont abstenus. Si Jérôme Dubus (groupe PPC) a saisi l’occasion pour dénoncer « une métropole croupion », de nombreux élus ont approuvé un document invitant les maires à dépasser l’égoïsme communal.

« Depuis 2001, Paris a contribué de façon déterminante à inscrire la Grand Paris à l’agenda politique, a fait valoir Anne Hidalgo en ouverture du débat relatif à la contribution de Paris au Scot métropolitain, lors du conseil de Paris, lundi 2 juillet 2018. Je suis convaincue que, sans cette volonté forte, ce débat ne serait pas d’actualité aujourd’hui », a-t-elle ajouté.

« La métropole ne grandira pas avec le fantasme anachronique de la recherche d’un nouveau Delouvrier », a-t-elle fait valoir au passage, jugeant que, s’il fallait « aller plus vite et plus loin » pour rattraper le retard de l’Ile-de-France en matière de construction intercommunale, il ne pouvait s’agir « d’imposer le point de vue d’un seul camp politique ». « Il serait également anachronique que Paris ne partage pas ses richesses avec les territoires qui l’entourent », a jugé Anne Hidalgo.

« La métropole ne grandira pas avec le fantasme anachronique de la recherche d’un nouveau Delouvrier », a fait valoir Anne Hidalgo. © Jgp

Appelant à une métropole polycentrique, et rendant un hommage appuyé à la gouvernance partagée du Grand Paris, elle a estimé que la force de la MGP résidait en premier lieu « dans sa faculté à amener les élus locaux à se rencontrer, à mieux se connaître pour travailler ensemble ». Anne Hidalgo a remercié Jean-Louis Missika, adjoint à l’urbanisme et au Grand Paris, pour l’énergie déployée pour gagner la confiance de chacun, mais aussi Pierre Mansat, responsable de la mission métropole de la ville, « qui nous a permis d’avancer à grands pas, et qui est toujours un pont entre Paris et les élus métropolitains ».

« Aujourd’hui, avec le schéma de cohérence territoriale métropolitain, nous allons pouvoir dire quelle métropole nous voulons, pas simplement sur la forme mais sur le fond », a-t-elle ajouté. Pour la maire de Paris, le Scot constitue « un acte politique essentiel, un souffle qui va donner vie au projet politique de la métropole créée le 1er janvier 2016, qui dépasse les frontières partisanes ». « Le Scot sera la matrice de tous les documents d’urbanisme locaux, auxquels les maires des 131 communes feront référence. Demain, notre PLU devra être compatible avec le Scot, a rappelé Anne Hidalgo. Ce schéma fixera la feuille de route, faisant de la MGP le garant de l’intérêt métropolitain et non un simple agrégateur », a-t-elle déclaré.

Zone basse émission

« Qualité de l’air, habitat, hébergement, déplacement, emploi, équipements culturels ou sportifs, le temps presse », a également indiqué la maire de Paris, estimant « qu’il n’était pas nécessaire d’attendre un grand soir institutionnel pour améliorer la vie de nos concitoyens. »

La correction des déséquilibres ou la réduction des inégalités sociales, territoriales ou scolaires figurent également au nombre des objectifs assignés par la Capitale au Scot. L’inclusion, la lutte contre toutes les ségrégations, de même que la transition énergétique constituent ainsi les défis à relever par la métropole pour la mairie de Paris.

Anne Hidalgo a remercié Pierre Mansat, responsable de la mission métropole de la ville, « qui nous a permis d’avancer à grands pas, et qui est toujours un pont entre Paris et les élus métropolitains ».© Jgp

Anne Hidalgo a cité les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 « moteur de la transformation de la Seine-Saint-Denis », les 51 projets d’ « Inventons la métropole du Grand Paris », ou la création d’une zone basse émission à l’échelle de la métropole, au rang des projets métropolitains fondateurs en cours.

« Il faut que chacun comprenne qu’à l’avenir, la responsabilité des élus, y compris sur le plan pénal, pourra être engagée, sur les questions de la pollution de l’air notamment », a également déclaré la maire de Paris. Elle a cité l’adoption du plan climat air énergie métropolitain (PCAEM), du plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement (PMHH) ou les états généraux de l’économie circulaire parmi les actions déjà menées à bien par la MGP, évoquant par ailleurs le projet de mise en place d’un Samu social métropolitain

« L’attractivité du Grand Paris n’a jamais été aussi forte mais demeure freinée par un déficit de qualité de vie qui touche encore trop d’habitants, dans le domaine de l’école, du transport, du logement ou de l’emploi. Les quartiers politiques de la ville, dont deux tiers de ceux d’Ile-de-France sont situés dans la métropole, nécessitent une attention toute particulière pour redonner confiance à leurs habitants. Notre ville attire les gagnants mais aussi celles et ceux cherchant un refuge, un soutien », a poursuivi la maire de Paris.

Si la contribution parisienne au Scot métropolitain a été adoptée, sans aucun vote contre, les groupes LR, UDI, et macronistes s’abstenant, les débats, parfois tranchants, n’ont pas manqué.

« Une métropole croupion »

« Ce débat sur le Grand Paris, nous l’attendions depuis quatre ans, s’est félicité Jérôme Dubus au nom du groupe Parisiens, progressistes et constructifs (PPC). Que reste-t-il du Grand Paris de 2007 ? En dehors du Grand Paris express, dont le calendrier a été confirmé récemment par le Premier ministre, rien ou presque », a estimé l’élu du 17° arrondissement de Paris. « Certains s’en contenteront, pas nous, a ajouté Jérôme Dubus. Le Grand Paris, c’est notre nouvelle frontière, notre nouvelle conquête. Hélas, le Grand Paris est très rapidement tombé dans l’impuissance », considère-t-il. « Les querelles picrocholines, les ambitions contradictoires des élus et des décideurs institutionnels, le désintérêt total des habitants pour un projet de plus en plus éloigné d’eux ont eu raison du projet », a-t-il déclaré, regrettant la disparition « des grands projets urbains et structurants parmi lesquels la réalisation des 21 contrats de développement territorial (CDT) ».

« Qu’est devenu l’aménagement de la vallée de la Seine ? », s’est également interrogé Jérôme Dubus, déplorant que ces différents projets « soient visiblement au point mort ». « A quoi sert cette métropole croupion, dotée d’un budget de 50 millions d’euros, alors que celui de la Région atteint, hors Ile-de-France mobilités 4 milliards d’euros, et celui de Paris près de 9 milliards d’euros ? », a-t-il demandé. « Le projet du Grand Paris s’est enlisé dans la technostructure, avec une métropole du Grand Paris qui n’a fait qu’alourdir l’organisation administrative de l’Ile-de-France, réduire son efficacité tout en augmentant ses coûts de fonctionnement. »

Jérôme Dubus a fustigé « les consensus paralysant, les tombereaux d’eau tiède » d’une métropole qualifiée de « Gulliver enchaîné », estimant « que le statu quo actuel représentait la mort du Grand Paris ». Le groupe Parisiens progressistes et constructifs propose « de ramener à trois le nombre d’échelons territoriaux, de clarifier les compétences de chaque collectivité, et de doter chaque niveau de moyens suffisants, inscrits dans la durée », appelant « à la capacité de transcendance », du président de la République pour réformer le Grand Paris.

Jérôme Dubus a fustigé « les consensus paralysant, les tombereaux d’eau tiède » d’une métropole qualifiée de « Gulliver enchaîné », estimant « que le statu quo actuel représentait la mort du Grand Paris ». © Jgp

Laurence Goldgrab (groupe Radicaux de gauche, centre et indépendant, RG-CI), a regretté « une construction métropolitaine sinueuse, gangrénée par les intérêts communaux et parfois personnels des différents acteurs ». Elle a déploré « les tergiversations » du président sur le sujet, « jugées préoccupantes », « qui laissent planer une incertitude sur la viabilité du document que nous préparons ». « Chaque commune doit accepter le transfert de compétences, jouer collectif, c’est cela la révolution », a poursuivi l’élue. « L’échelon métropolitain doit contribuer à un rééquilibrage de l’offre de logements entre territoire », estime Laurent Goldgrab, pour laquelle la métropole ne doit pas se limiter à la coexistence d’intercommunalités puissantes qui ignorent une périphérie laissée pour compte ».

L’élue estime, par ailleurs, « que le rééquilibrage des activités économiques vers l’est constitue une nécessité si l’on veut que le développement économique soit bénéfique à toute la métropole ». Saluant le travail des auteurs de cette contribution, Laurence Goldgrab s’est notamment félicitée de son ambition d’affirmation du sport comme vecteur de cohésion sociale ou de construction d’un Grand Paris de la culture.

Grands projets

Jean-Didier Berthault, membre du groupe Les Républicains et Indépendants (LRI), s’est félicité de la mise en place d’une gouvernance partagée, du lancement d’ « Inventons la métropole », évoquant un devoir de coconstruction de la métropole. L’élu a cité le fonds d’investissement métropolitain (FIM), le schéma d’aménagement numérique, le plan climat air énergie métropolitain ou la compétence gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi), comment autant de preuves concrètes de l’action de la métropole au service de l’intérêt général.

Concernant les actions pour la qualité de l’air, l’élu a regretté que la contribution parisienne au Scot métropolitain développe « sans vergogne », un paragraphe sur Vélib’ et Autolib’. « Je ne suis pas certain qu’il s’agisse là de succès que nous pouvons vendre à nos partenaires », a-t-il ironisé. Jean-Didier Berthault a appelé à la mise en place d’outils d’évaluation des différents schémas édictés par la métropole, qu’il s’agisse du Scot ou du PCAEM. « Le Grand Paris soit favoriser l’émergence de Grands projets et ne pas être seulement un organe de redistribution », a-t-il également fait valoir.

Fadila Mehal, groupe Démocrates et progressistes (DP, ex-Modem), a rappelé que la lutte contre la pollution ne pouvait être efficace que si elle était métropolitaine, se réjouissant « que la ville accepte de réfléchir à l’échelle métropolitaine, notamment concernant le logement », appelant à mutualiser l’attribution des logements sociaux à l’échelle métropolitaine. « Nous sommes pour la métropolisation de la culture, du sport, d’un Samu social, hélas, ces intentions ne valent pas action », a-t-elle regretté.

« Enfermement mental des élus »

« Ce Scot est peut-être l’acte le plus important depuis l’annexion des communes par Thiers, en 1860, puisqu’il entend organiser la cohérence des communes métropolitaines, donnant une nouvelle ambition à l’ensemble de l’agglomération, a déclaré Eric Azière, groupe UDI. Ce Scot, c’est l’occasion rêvée pour Paris de sortir de son corset urbain, de libérer ses énergies, sa créativité, son rayonnement, et de la diffuser beaucoup plus largement, dans un polycentrisme urbain, contemporain, qui s’inscrit dans un développement durable. » Eric Azière a dénoncé les écarts records de coût des loyers et de l’accession à la propriété entre le centre et la périphérie, « résultat arithmétique de l’égoïsme communal et de l’enfermement mental des élus pendant des décennies ». « Votre contribution au Scot manque de générosité, d’humilité, d’amour pour sa banlieue », estime l’élu centriste, regrettant un message « paternaliste », « un catalogue bilan, nombriliste, sans vision ni hauteur ».

« Le temps de l’incantation est fini », a fait valoir pour sa part Catherine Baratti-Elbaz (groupe PS). Elle a souligné l’importance de la définition d’une vision métropolitaine, se réjouissant de voir Paris adopter une contribution qui constituera, a-t-elle espéré, le socle du futur Scot métropolitain. La maire du 12° s’est félicitée de l’adoption récente par la métropole des plan climat air énergie et plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement.

Enfin Yves Contassot (Les Verts) a regretté que personne n’y voit clair dans l’organisation administrative et la répartition des compétences. « Sans démocratie directe, qui peut croire que les grands défis métropolitains trouvent une réponse adaptée dans des délais raisonnables ». « L’égoïsme territorial reste la règle alors que certains maires refusent de céder un centime de leurs ressources. C’est l’enjeu du Scot que de dépasser ces égoïsmes », a poursuivi l’élu, estimant que la réduction des inégalités territoriales, enjeu majeur, demande l’élection au suffrage universel direct du président de la métropole. « Paris ne doit pas concentrer toujours plus d’emplois au détriment de la banlieue », a-t-il indiqué, qui considère que seul l’échelon métropolitain peut agir efficacement en matière de transition énergétique.

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