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Pierre Mansat et les Alternatives

Luttes émancipatrices,recherche du forum politico/social pour des alternatives,luttes urbaines #Droit à la Ville", #Paris #GrandParis,enjeux de la métropolisation,accès aux Archives publiques par Pierre Mansat,auteur‼️Ma vie rouge. Meutre au Grand Paris‼️[PUG]Association Josette & Maurice #Audin>bénevole Secours Populaire>Comité Laghouat-France>#Mumia #INTA

Qu'est-ce que le totalitarisme par Annie Coll

                                         Qu’est-ce que le totalitarisme ?

 

En 1943, H Arendt et son époux entendent parler d’Auschwitz pour la première fois

« C’était vraiment comme si l’abîme s’ouvrait devant nous » écrit-elle

Urgence : comprendre mais aussi se réconcilier avec le monde : elle écrit Les origines du totalitarisme dès 1945, le livre est publié en 51

Arendt refuse le fatalisme de Brecht

« Ce ventre est encore fécond d’où est sorti la bête immonde »

Pas de fatalité selon elle  car le totalitarisme est un phénomène nouveau, il peut certes se reproduire mais ce n’est pas certain. Il n’y a pas de nécessité, de loi logique, de fatalité en histoire car on peut toujours agir, se mobiliser.

« l’évènement éclaire son propre passé mais ne saurait en être déduit »

Il est sûr que le passé joue un rôle dans ce qui arrive, mais elle refuse l’idée de loi inéluctable de l’histoire et on verra pourquoi. L’histoire est imprévisible selon elle.

 

                                                  1     Phénomène inédit

Renvoie dos à dos Stalinisme et Nazisme, non au niveau des intentions mais à cause de la similarité du fonctionnement, de la mise en place de la déshumanisation radicale par le biais du camp de concentration

Elle le distingue des tyrannies et des dictatures à parti unique

La tyrannie c’est  l’arbitraire du pouvoir exercé sans  loi, elle est hostile aux gouvernés     et  elle règne par la peur

Une dictature n’est pas forcément totalitaire Mussolini  n’a condamné à mort que 7 personnes sur 12 000 arrêtées

La force et l’originalité de H Arendt est de repérer dans chaque totalitarisme une loi unique qui balaie tout sur son passage

une forme de loi aveugle et unique est l’essence du totalitarisme

on élimine les individus au nom de la nature ou au nom de l’histoire

en URSS à partir de 1930 ce fut la loi de l’histoire

en Allemagne à partir de 1933 ce fut la loi de la nature

 

La  loi dite naturelle des nazis est inspirée à tort par le  darwnisme ; Les nazis considèrent que la loi du plus fort doit être un modèle mais que cela ne va pas assez vite. Les plus faibles ne disparaissent pas assez vite. Il faut donc se mettre au service de cette loi aveugle

loi de la nature : sélection naturelle à accelérer  contre les juifs, tziganes ,homo sexuels,  handicapés

Les dirigeants ne prétendent pas être justes, ils exécutent une loi naturelle

je précise au passage que cette interprétation du darwinisme est erronée. Darwin ne dit jamais que les espèces se combattent, mais que ce sont celles qui par hasard sont les mieux adaptées à un milieu qui survivent. Il dit aussi que ce sont les plus solidaires qui ont des instincts sociaux qui sont les plus fortes. Le fait que l’on interprète encore de travers Darwin montre bien que nous sommes encore prisonniers de l’idée de compétition qui est l’idéologie de notre société et du capitalisme

loi de l’histoire pour le stalinisme, il faut encore accélerer cette loi

Staline trahit le marxisme en prétendant que le communisme est la loi de l’histoire. Pour Marx, il n’y a pas de loi de l’histoire au sens strict, il y a un vœu d’en finir avec le profit et l’exploitation de l’homme par l’homme.

Il écrit dans l’idéologie allemande « les circonstances font les hommes autant que les hommes font les circonstances »  Il y a une interaction ouverte entre l’histoire qui met en situation,  et ceux qui la font selon leur conscience, et le résultat est ouvert.

 C’est la thèse de Daniel Bensaid Marx l’intempestif et Michel Vadée Marx penseur du possible

Surtout Marx n’a jamais prôné la violence pour faire éclore le communisme et Arendt ne s’en prend qu’à Staline et à ceux qui ont transmis de modèle de terreur dans les pays qui se sont réclamés du communisme. Le communisme de Marx qui voulait préserver autant l’égalité que la liberté n’a jamais existé.

 

                          2 Comment le totalitarisme a -t-il pu être possible ?

Elle ne met en cause ni un antisémitisme récurrent,  ni un vieux fond de barbarie présent en tout homme pour l’expliquer. En France en 1791 on a décrété l’égalité des droits pour les juifs et cela a été renforcé par Napoléon.

C’est  l‘avènement du phénomène de masse qui est nouveau et qui engendre le totalitarisme .    Pourquoi et comment se forment les masses ?

D’une part il y a des gens  les gens qui ne sont intégrés nulle part, ni dans les partis politiques, ni les conseils municipaux, ni les syndicats, ni aucune organisation professionnelle, et qui deviennent anonymes, pris dans la masse du conformisme

 

D’autre part il y a la terreur

« La terreur totale, essence du régime totalitaire, n’existe ni pour les hommes, ni contre eux, elle est censée fournir aux forces de la nature ou de l’histoire un incomparable moyen d’accélérer leur mouvement »

 

« la terreur ne peut régner que sur des hommes qui sont isolés les uns des autres et par conséquent un des premiers soucis de tous les régimes  tyranniques est de provoquer cet isolement. L’isolement est peut-être le début de la terreur, il est son terrain le plus fertile »  OT TOME 3

Staline a favorisé la formation de masse en supprimant les soviets, cad des conseils de délégués élus , instances de délibération, il détruit la classe la plus puissante, celle des paysans, il liquide l’aristocratie administrative, et enfin les directeurs d’usine et les ingénieurs

Dès lors, il n’est plus possible de créer des liens, il n’y a plus que des individus pris dans une masse informe.

Source d’Arendt J’ ai choisi la liberté de Victor Kravchenko

La disparition de l’esprit politique  est une cause majeure du totalitarisme, elle a été favorisée par la mise en place de la terreur

L’objet de la politique devrait être le vivre ensemble or cet objectif a disparu.

L’ appât du gain depuis la colonisation a remplacé toute volonté de favoriser la liberté du citoyen, plus personne ne conteste que  le monde soit une source d’enrichissement

Arendt forge deux notions nouvelles pour expliquer la passivité des masses face au totalitarisme

Isolement  Concerne la sphère politique, le fait de ne plus y croire, de sentir que sa voix ne servirait à rien parce qu’on ne compte pas, parce qu’elle n’est qu’un tissu de mensonges, se confond avec un affairisme corrompu

Aujourd’hui c’est l’abstention massive

L’homme est réduit à sa dimension de producteur, l’isolement est pré totalitaire.

Travail mécanisé, tâches absurdes, chômage

La désolation concerne la sphère privée

Situation de l’homme qui ne pense plus, qui n’a plus de repère moral, elle est favorisée par le déracinement, notamment après 1918, démantèlement a produit des apatrides( 30 millions)

Quand on est dépourvu de pensée, on exécute la loi dictée par l’idéologie

Les hommes en proie à l’isolement et à la désolation se sentent superflus

Ce statut va permettre la constitution des camps qui sont la marque décisive du système totalitaire. Crimes à la fois impardonnables et impunissables par leur monstruosité

Les camps n’ont pas toujours de but économique, il arrive que des hommes doivent démolir ce qu’ils  viennent de construire, il ne s’agit pas seulement de camps de la mort.

Le but est de rendre une humanité superflue, de transformer des hommes en cadavres ambulants, en choses

Il s’agissait d’enlever à chacun son individualité et son humanité

Tenue grotesque, rasage, heures d’attente pour l’appel, punitions arbitraires, promiscuité des lits

Le camp est « la société la plus totalitaire encore réalisée » a dit David Rousset dans L’univers concentrationnaire

C’est l’exemple de la domination totale lire bt2 page 28

                                3  Qu’est-ce qui a pu favoriser ce processus ?

Causes de la désolation et de l’isolement on a la réponse dans

Condition de l’homme moderne (1958)

Ce qui constitue notre humanité et qui a été confisqué par le projet totalitaire, c’est la dimension politique de l’homme, celle qui fait de lui un homme libre

Trois activités caractérisent la condition humaine

Travail, œuvre, action

Arendt incrimine la place du travail dans la société moderne depuis la révolution industrielle

Le travail est une activité indispensable pour notre survie. L’homme qui travaille est obligé de le faire, il est soumis à la nécessité, en ce sens il n’est pas libre. Certes on peut aimer son travail, il peut avoir du sens mais il faut gagner sa vie, et en ce sens on n’a pas le choix

Le travail devenu la seule activité dévorante, activité biologique car relevant de la nécessité. On produit pour  consommer et souvent pour produire, on jette, les objets sont faits pour être remplacés. Seul le travail est considéré comme une activité sérieuse

Le travail engendre souvent  passivité et désenchantement

L’œuvre, c’est la transmission, notamment des techniques et des œuvres d’art, degré supérieur de liberté car on s’arrache à la nécessité

 

L’action, c’est la gestion des affaires humaines, du vivre ensemble,  qui se fait par la prise de parole en public, au sein de la pluralité humaine. A ce niveau, nous sommes libres de nos interventions et libres de nous engager vers un type de société ou un autre. Pas de vérité unique en politique.

Il y a des paroles que l’on croit vaines, mais aucune n’est oubliée. Arendt fait l’éloge de la démocratie directe, elle croit au modèle des Conseils prôné par Rosa Luxemburg.

Pour compléter l’analyse du totalitarisme il faut revenir sur une  notion centrale qu’elle a forgée : La banalité du mal Considérations morales  1970

 Notion  forgée suite au procès Eichmann à Jérusalem en 1960 . Principal logisticien de la solution finale.

Arendt s’est réjouie de la condamnation à mort de Eichmann pour crime contre l’humanité. Pourtant cette formule devenue très connue  a fait l’effet d’une bombe et reste souvent  non comprise aujourd’hui.

Les analyses de Arendt font scandale aux USA et en France le nouvel observateur  en 1966 publie en couverture le titre Arendt est-elle nazie ?

Elle accuse certaines personnes appartenant à l’élite juive d’avoir fourni des listes de condamnés. Elle dit que l’opposition au nazisme aurait pu être plus forte.

Mais le malentendu porte sur le mot banal

Or il ne s’agit pas pour elle d’excuser les crimes sans précédent, il s’agit de montrer que Eichmann n’était pas un monstre

 C’est une absence de pensée qui se répand dans un régime totalitaire.

Connaître n’est pas la même chose que penser.  La pensée n’a jamais de résultats définitifs, c’est comme l’ouvrage de Pénélope qu’il faut retisser chaque matin.

Penser c’est engager un dialogue avec soi-même, car nous sommes deux en un, nous pouvons rendre compte à nous-mêmes de la valeur de nos actes

Ceux qui appliquent des codes sans recul ne pensent pas

Les régimes totalitaires ont fait adopter de nouveaux codes, tu peux tuer, tu peux faire de faux témoignages.

Ne pas penser n’a rien à voir avec de la stupidité ni avec l’intelligence

Eichmann obéit, il s’en flatte, il cite Kant et l’impératif catégorique de l’obéissance à la loi.

 On confond ce que dit Arendt avec l’expérience de Milgram. Des individus se font cobayes  pour une expérience de violence infligée à autrui, ils se soumettent  à l’autorité des blouses blanches  qui donnent l’ordre d’envoyer des décharges électriques toujours plus fortes à des victimes et Milgram en déduit que ce phénomène de soumission est naturel et peut excuser la cruauté.

Pour Milgram, nous sommes des criminels en puissance, pour Arendt, nous sommes libres de désobéir, être soumis à l’autorité ce n’est pas être contraint par la force, c’est consentir et donc être coupable. Il n’y a pas de déterminisme du mal.

Arendt ne confond pas soumission à la force qui vaut excuse  et obéissance à l’autorité qui est sans excuse. Elle condamne celui qui obéit sans penser.  Eichmann n’est pas comme il le prétend un simple rouage, il a consenti, il a refusé de penser à ses actes.

Son crime n’est ni punissable ni pardonnable.

C’est toute une époque qui interdisait de penser, qu’en est-il aujourd’hui ?

CRAINTE DE H ARENDT

« La croissance économique qui sait se révèlera un jour une malédiction plutôt qu’un bien, et quoiqu’il en soit, sous aucune condition elle ne peut conduire à la liberté  La liberté n’est possible que parmi les égaux »

« Les solutions totalitaires peuvent fort bien survivre à la chute des régimes totalitaires, sous forme de tentations fortes qui surgiront chaque foi qu’il semblera impossible de soulager la misère politique sociale et économique de manière qui soit digne de l’homme « page 812 quarto Gallimard dernière phrase du ch 12 intitulé le totalitarisme au pouvoir

Que le totalitarisme revienne dès lors qu’une LOI unique menace

La loi du profit est- elle  une menace ? c’est ce que dit Descola : «  le capitalisme est un virus « 

ESPOIR

Chaque homme qui vient au monde est un commencement dès lors qu’il exerce sa capacité politique

                         4 Arendt contestée par l’historicisme, c’est-à-dire l’ explication par des causes historiques

Elle explique le totalitarisme par d’autres causes,  liées  non à des faits historiques mais à l’époque moderne, à notre rapport au travail et à l’atomisation  de l’individu.

Il y a une nouveauté radicale irréductible aux despotismes ou aux tyrannies

Elle essentialise le concept de totalitarisme : ce que les historiens suivants lui reprochent

Pour les historiens ce sont des circonstances historiques qui sont des causes, pour Arendt, il n’y a jamais de causes il y a des responsabilités, des coupables qui sont les hommes qui obéissent . Rien n’est prévisible ni inéluctable.

Elie Halevy

 Ce sont les crises des démocraties qui engendrent les despotismes. Il incrimine le  contrôle étatique de l’économie, la censure de la pensée

François Furet explique les totalitarismes par un phénomène antibourgeois issu de l’aristocratie. Thèse défendue par Norbert Elias. Après la victoire de l’Allemagne en 1970, l’esprit bourgeois qui défendait les LUMIERES est vaincu par l’aristocratie militariste qui a défendu et la guerre et la noblesse. Cet élitisme, ce culte de la force est le terreau du totalitarisme

Carl Friedrich   définit en 6 points en 1953 le totalitarisme

Idéologie

Parti unique à base de masse

Contrôle policier terroriste

Monopole de la communication

  Et des moyens de combat

Contrôle de l’économie

Il accuse HA d’être une philosophe politique et non une historienne

Ian Kershaw a étudié la société allmde et l’atomisation est récusée par lui

Il y avait une conscience politique qui protestait contre la vie chère et les cadences

Il y avait  la chrétienté :  malades mentaux épargnés, crucifix dans les écoles maintenus

Antisémitisme traditionnel : le peuple collabora à l’extermination par indifférence

Eugen Weber : Charisme de Hitler 

Aron  Il faut prendre en compte la guerre 14 18 pour le nazisme. Les crises de la république de  Weimar. Personnalité des dictateurs

 

                                                        Conclusion

La question est de savoir si les évènements de l’histoire s’enchaînent nécessairement ou si les hommes gardent la liberté d’agir. Arendt croit en cette liberté politique.

La question est de savoir si le totalitarisme est condamné à revenir, Arendt pense que la pauvreté et les inégalités en sont le terreau mais que l’on peut y remédier.

La question est de savoir si l’absence de lien social, la réduction de l ‘homme à son statut de travailleur consommateur représente un danger pour la liberté. Arendt y voit la menace suprême et elle n’a cessé  de penser pour maintenir malgré cette menace l’amour du monde

 

 

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