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Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

Laghouat, Algérie 1852, un crime de guerre

La clé d'une porte de Laghouat exposée au musée de l'Empéri à Salon de Provence

La clé d'une porte de Laghouat exposée au musée de l'Empéri à Salon de Provence

Laghouat, Algérie 1852, un crime de guerre

Tribune pour la restitution de la clé d'une porte de la ville et des étendards des combattants.

Indépendamment des relations entre États et gouvernements, nous sommes nombreuses et nombreux, en France, à nous engager pour des liens de solidarité entre les peuples algérien et français.
Nous sommes nombreuses et nombreux à nous investir dans des initiatives concrètes de coopération, de partenariat culturel, social, économique….
Les années passées ont vu se développer à la fois la connaissance de l’histoire commune, _ colonisation, guerre de libération nationale et des actes consolidant cette évolution, laquelle doit perdurer.
Près de soixante et un ans après l’indépendance de l’Algérie, des actes, aussi symboliques soient-ils, peuvent largement contribuer à renforcer l’amitié entre nos deux peuples, si proches dans bien des domaines. Des actes comme celui qui motive cette tribune.

En 1852, pour écraser un soulèvement, l’armée coloniale française forte de 6000 hommes, et sous le commandement de trois généraux - Pélissier - Yussuf et Bouscaren - assiège une ville du sud algérien : Laghouat. La bataille commence le 21 novembre. Le 4 décembre, Laghouat est prise d’assaut. Les massacres durent plusieurs jours et n’épargnent personne : les combattants, les femmes, les enfants, les vieillards. Plus des deux tiers des habitants périssent dans des conditions insoutenables. Les estimations font état de 2500 morts.
Il ne restera quasiment plus rien de cette ville et de sa splendeur. Une ville aux portes du désert,  où se pratiquait le commerce transsaharien, où musulmans de rites différents et juifs vivaient en harmonie dans un univers peuplé d’arbres fruitiers.  

La « prise » de Laghouat est fêtée à Paris : les étendards des résistants sont exposés en la cathédrale Saint-Louis des Invalides où un te deum est célébré. Pélissier rapporte un trophée : une clé de la ville. En 1864, pour commémorer cette « grande victoire militaire », le nom de Laghouat est donné à une rue de Paris.

Ce crime de guerre est resté dans la mémoire collective des Laghouati sous le nom de « Am el-Khalia, l’année de l’anéantissement »
La clé et les étendards sont propriété du Musée de l’Armée.

Le journaliste et écrivain algérien, Lazhari Labter (auteur de « Laghouat, la ville assassinée , ou le point de vue de Fromentin» ) a publié une lettre ouverte au président de la République, Emmanuel Macron, lui demandant d’agir pour la restitution de la clé et des étendards. A ce jour, la lettre est restée sans réponse.

Nous faisons nôtre cette initiative. Nous nous engageons à faire connaître ce crime de guerre. Notamment en  proposant à la ville de Paris d’installer une plaque commémorative et explicative rue de Laghouat, dans le XVIIIe arrondissement de Paris.
De même, nous soutenons le processus de restitution de la clé et des étendards. Certes, les objets des musées nationaux sont inaliénables, mais il s’agit, dans ce cas, d’une prise de guerre. Ils ne sont donc pas entrés dans les collections nationales « normalement ». Aussi, leur restitution ne nécessite pas une loi, mais une demande de la part d’une autorité politique algérienne ou bien d’une institution. Un musée par exemple.
Nous soutenons cette légitime demande de restitution.  
L’histoire et la mémoire doivent pouvoir se confronter en toute sincérité. De la réalité naissent le défrichage, les déchirures, les souffrances. Jusqu’à trouver les clefs de l’apaisement, où les uns et les autres reconnaissant les actes du passé, pourront peut-être tracer ensemble d’autres chemins pour demain. 

Nils Andersson, éditeur
Jean Asselmeyer, cinéaste
Marie-Laurence Attias, productrice
Étienne Balibar, philosophe
Khadicha Bariha, monteuse
Jean-Pierre Bastid cinéaste
Jean-Denis Bonan cinéaste
Mustapha Boutadjine, artiste
Sylvie Braibant, autrice
Sandrine-Malika Charlemagne, écrivaine
Francis Combes, éditeur
Monique Dental, militante féministe
Bernard Deschamps, ancien député
Serge Garde, journaliste
Khaled Ghorbal, cinéaste
Gérard Halie, responsable du Mouvement de la Paix
Mina Kaci, journaliste
Rachid Koraïchi, peintre
Lazhari Labter, journaliste-écrivain
Christophe Lafaye, historien
Pierre Mansat, militant associatif
Samia Messaoudi, responsable de l'association Au nom de la mémoire
Paul Morin, politiste-chercheur
Nadjia Nezzal, représentante du prix littéraire Fetkann Maryse Condé en Algérie
Jacques Pradel, Association Nationale des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Amis

Jean-François Quantin, coprésident du MRAP
Alain Ruscio, historien
François Sauterey, coprésident du MRAP
Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Michel Sportisse, historien du cinéma
Benjamin Stora, historien
Lilian Thuram, président de la Fondation pour l'éducation contre le racisme
Jean Vendart, soldat du refus
Cedric Villani, mathématicien
Arnaud Viviant, critique littéraire
Hassane Zerrouki, journaliste

 

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