Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Pierre Mansat et les Alternatives

Luttes émancipatrices,recherche du forum politico/social pour des alternatives,luttes urbaines #Droit à la Ville", #Paris #GrandParis,enjeux de la métropolisation,accès aux Archives publiques par Pierre Mansat,auteur‼️Ma vie rouge. Meutre au Grand Paris‼️[PUG]Association Josette & Maurice #Audin>bénevole Secours Populaire>Comité Laghouat-France>#Mumia #INTA

Chatenay-Malabry: Cité-jardin de la Butte-Rouge : ne démolissons pas ce que nous ne savons plus construire

Cité-jardin de la Butte-Rouge : ne démolissons pas ce que nous ne savons plus construire

Les projets de démolition qui menacent la cité-jardin à Châtenay-Malabry sont une erreur sociale, patrimoniale et écologique, alerte un collectif d’architectes, de chercheurs et de citoyens, qui appelle à sa réhabilitation

Par Un collectif de résidents, d'associations, d'architectes, d'urbanistes, de paysagistes, de chercheurs et de citoyens 
Publié le 09/09/2026 

Il existe, au sud de Paris, un lieu que l’Europe entière nous envie. Edifiée à partir de 1931 sur plus de trente ans par les architectes Joseph Bassompierre, Paul de Rutté, André Arfvidson, Paul Sirvin et le paysagiste André Riousse, la Butte-Rouge est l’une des tentatives les plus abouties pour réconcilier l’habitat collectif, la dignité humaine et l’environnement naturel. Ses allées plantées, ses îlots ouverts sur de vastes espaces verts, ses jardins partagés, ses façades sobres et généreuses : tout fut pensé pour que les plus modestes habitent la beauté.

Aujourd’hui, des projets de démolition menacent ce patrimoine. Au nom de la densification et d’une idéologie du renouvellement urbain, la ville et l’Anru envisagent de raser ce que des générations ont construit avec soin, ce que des milliers de familles ont habité avec attachement, ce que des spécialistes du monde entier viennent encore étudier comme un modèle.

Nous dénonçons cette logique destructrice. Non par nostalgie ni par conservatisme, mais parce que la démolition serait ici une grave erreur sociale, historique, culturelle et écologique, et parce que notre société souffre d’un manque criant de logements accessibles. Ce projet est «une honte pour la France», comme l’ont écrit en 2021 des architectes de renom dans une lettre à Roselyne Bachelot, alors ministre de la Culture.

Les habitants n’imaginent pas leur avenir ailleurs

Sociale d’abord. Les habitants de la Butte-Rouge n’ont jamais demandé à partir et n’imaginent pas leur avenir ailleurs. Leur unique désir est que leurs logements soient réhabilités, valorisés et entretenus, que les paysages de leur cité soient préservés, et que la communauté qui y vit depuis des décennies retrouve sa sérénité. La démolition-reconstruction n’est pas une politique du logement : c’est une politique qui brise des quartiers populaires pour en recomposer d’autres où les plus modestes et les plus fragiles n’ont plus leur place.

Culturelle ensuite. La Butte-Rouge est une œuvre vivante majeure de l’histoire sociale et architecturale française. Elle témoigne d’une époque où l’Etat et les collectivités investissaient dans des projets urbains de qualité, portés par des ambitions à la fois esthétiques et sociales. Détruire ce patrimoine, ce serait effacer la mémoire d’un lieu irremplaçable et enterrer cette idée noble que l’architecture et le paysage doivent offrir aux plus modestes la même beauté qu’aux plus riches. Ce serait abîmer cette utopie réalisée d’une harmonie des hommes avec leur environnement.

Écologique enfin. Chaque bâtiment existant contient déjà des milliers de tonnes de matériaux, d’énergie et de carbone investis lors de sa construction. Détruire des immeubles en bon état et réparables pour les remplacer par du neuf reviendrait à effacer ce capital matériel et climatique pour repartir de zéro. Or, à l’heure où réduire les émissions de carbone doit devenir une priorité absolue, la réhabilitation doit être la règle et la démolition l’exception. Avec ses espaces verts généreux et sa densité mesurée, la Butte-Rouge offre précisément le modèle d’urbanité sobre et bioclimatique que notre époque appelle de ses vœux.

Rénover sans sacrifier

Nous ne nions pas que des travaux sont nécessaires. Isolation thermique, mise aux normes d’accessibilité, rénovation des réseaux, modernisation des équipements : toutes ces interventions sont légitimes et urgentes. Mais elles peuvent et doivent être conduites sans démolition. D’autres villes européennes – en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche – ont montré qu’il est possible de rénover en profondeur des ensembles d’architecture moderne sans les sacrifier. La France peut et doit faire de même.

Aussi, nous appelons les pouvoirs publics – le gouvernement, l’Etat, la région Ile-de-France, la métropole du Grand Paris, le département des Hauts-de-Seine, la commune de Châtenay-Malabry – à interdire toute démolition à la Butte-Rouge. Nous demandons que l’Etat tire toutes les conséquences de sa valeur patrimoniale nationale exceptionnelle et garantisse à ses habitants, par des mesures de protection effectives, la préservation de son intégrité urbaine, architecturale, paysagère, environnementale et sociale. On ne maltraite pas un ensemble unique en Europe. Nous exigeons en outre que les habitants soient associés à chaque décision concernant leur cadre de vie.

La Butte-Rouge n’est pas un problème à résoudre : c’est une solution à préserver. Elle nous rappelle que l’on peut construire du logement social avec cœur, faire la ville avec générosité, penser l’espace collectif comme un bien commun. A l’heure où urbanistes, architectes, paysagistes et responsables publics cherchent des modèles capables de répondre aux défis environnementaux et sociaux de notre époque, il serait paradoxal de détruire l’un des rares ensembles français qui incarne, depuis près d’un siècle, l’urbanisme comme bien commun en harmonie avec la nature.

Ne démolissons pas ce que nous ne savons plus construire. Prenons-en soin.

Premiers signataires : DAL Association droit au logement CNL Association confédération nationale du logement CONSTRUIRE Revue d’architecture urbanisme paysage FSU Fédération syndicale unitaires Solidaires IDF Syndicat La CSF Confédération Syndicale des Familles Docomomo Groupe de travail français pour la documentation et la conservation de l’architecture, de l’urbanisme et des paysages du mouvement moderne Association Châtenay Patrimoine Environnement Association locale Association sauvons la Butte-Rouge Association locale Stop aux démolitions Collectif national Stop aux démolitions Anru Icomos International Council on Monuments and Sites FFP Fédération française du paysage Association des rives de Seine Conseil d’architecture d’urbanisme et d’environnement de Seine-et-Marne Collectif pour Candilis-Toulouse Association prix national d’art urbain Ifma-France Association pour la promotion et le développement de l’architecture organique Volubilis Frugalité heureuse et créative Attac Appuii Association alternatives pour des projets urbains ici et à l’international House Europe manifeste paysage terrestre collectif.

Et Michel Cantal-Dupart Architecte urbaniste Jean Nouvel Architecte urbaniste, prix Pritzker Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal Architectes urbanistes, prix Pritzker Alain Bornarel Coinitiateur du Manifeste pour une frugalité heureuse et créative Emmanuel Bellanger Directeur de recherches CNRS et du Centre d’histoire sociale du monde contemporain Yves Bélorgey Peintre, Ensa Paris-Malaquais Stéphanie de Courtois Icomos, historienne des jardins ENS d’architecture de Versailles Jennifer Didelon Architecte du patrimoine Béatrice Julien-Labruyère Paysagiste conceptrice, présidente Ile-de-France Fédération française du paysage Bernard Landau Architecte Voyer honoraire, président association La Seine n’est pas à vendre Florence Mercier Paysagiste urbaniste, paysagiste-conseil de l’Etat Philippe Prost Architecte, Ensa Paris-Belleville Gwenaële Querrien Architecte urbaniste, Association La Seine n’est pas à vendre Claire Schorter Architecte urbaniste, architecte Conseil de l’Etat, Grand Prix d’urbanisme Louis Sirvin Architecte Marc Sirvin Architecte du patrimoine Paola Vigano Architecte urbaniste, Institut d’architecture de Venise, Grand Prix d’urbanisme Philippe Madec Architecte urbaniste, confondateur du Manifeste pour une frugalité heureuse et créative Simon Teyssou Architecte, Grand prix de l’urbanisme 2023 Dominique Gauzin-Müller Architecte-chercheuse, co-fondatrice du Manifeste pour une frugalité heureuse et créative Theirry Paquot Philosophe et essayiste Hacéne Belmessous Chercheur du fait urbain et auteur Florence Lipsky Architecte, prix Femme architecte 2020, professeure Claire Schorter Architecte Pierre-Louis Faloci Architecte, Grand Prix national de l’architecture 2018, chevalier de la Légion d’honneur, commandeur des Arts et Lettres Mathias Rollot Enseignant-chercheur en architecture Léa Hobson Architecte, scénographe, et autrice Patrick de Jean Architecte Simon Texier Professeur des universités (université de Picardie Jules-Verne), secrétaire général de la Commission du Vieux Paris Gilles Clément Jardinier, paysagiste, botaniste, entomologiste, biologiste et écrivain, Grand Prix du paysage 1998 Francis Soler Architecte Ariella Masboungi Architecte urbaniste Christine Leconte Architecte, directrice Ensa Paris-Belleville Pablo Katz Architecte-urbaniste, ancien-président de l’Académie d’architecture et de la Société française des architectes (SFA), architecte Consultant de la MIQCP Pieter Uyttenhove Professeur émérite, conservateur de l’Académie d’architecture Pierre Veltz Grand Prix de l’urbanisme 2017 Frédéric Bonnet Grand Prix de l’urbanisme 2014 Dominque Jacob, Brendan Malfarlane Architectes urbanistes Frédéric Borel Architecte, Grand Prix national de l’architecture 2011 Odile Decq Architecte urbaniste, Confluence Institute for Innovation and Creative Strategies in Architecture…

Lien pour signer la pétition.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article