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Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

Laghouat, ville assassinée, une lettre ouverte de Lazhari Labter

Laghouat, ville assassinée, une lettre ouverte de Lazhari Labter
Laghouat, ville assassinée, une lettre ouverte de Lazhari Labter
Laghouat, ville assassinée, une lettre ouverte de Lazhari Labter
LETTRE OUVERTE À M. EMMANUEL MACRON,  PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 
 
Monsieur le président,
Notre pays vient de fêter le 60e anniversaire de son Indépendance arrachée après une guerre de Libération nationale de plus de 7 longues années qui lui a coûté le prix fort en termes de sacrifices de vies humaines avec 1 million 500 000 martyrs sans parler des saccages de ses villes et de ses villages et des pillages de ses richesses.
Ces sacrifices consentis pour la liberté et la dignité de notre peuple n’ont pas commencé le 1er  Novembre 1954, mais dès le jour où les colonisateurs français ont foulé pour la première fois le sol de notre pays le 5 juillet 1830. Les luttes multiformes des résistants algériens, peuple et leaders réunis n’ont jamais cessé tout au long des 132 années de colonisation de peuplement et se sont soldées par des millions de morts entre 1830 et 1954 dont le nombre s’élèverait selon des historiens à 5 ou 6 millions d’Algériens.
Certains faits historiques sont connus alors que d’autres le sont moins et parfois complètement méconnus parmi lesquels figure la résistance acharnée, sous la conduite du valeureux Bennacer Ben Chohra, contre la prise de Laghouat le 4 décembre 1852 après un siège qui a duré des semaines et qui a fini par le massacre à grande échelle de la population et le sacre de la ville.
Cette héroïque résistance de quelque 1 000 hommes mal armés face à une armada de 6 000 soldats de l’élite de l’armée française, aguerris et surarmés, conduits par les généraux Pélissier et Yusuf de sinistre mémoire coûta très cher aux valeureux Laghouatis : près de 3000 morts sur 4000 habitants selons les estimations d’acteurs directs. Cette année funeste est restée à ce jour gravée dans les mémoires des habitants de la ville sous le nom de « Am el-Khalia », l’année de l’anéantissement. La prise de Laghouat en 1852 eut autant de retentissement que celle d’Alger en 1830 et se solda par de lourdes pertes pour l’armée de colonisation française.
 
Cette année 2022 sera commémoré le 170e anniversaire de cette résistance 4 mois après la célébration du 60e anniversaire de l’Indépendance et 1 mois après le 68e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale.
Monsieur le président,

Je vous écris pour vous demander, au nom des habitants de ma ville natale Laghouat, en particulier, et des Algériennes et Algériens, jaloux de la préservation de leur patrimoine historique et de sa récupération, de manière générale, d’user de votre bon droit auprès des institutions et des autorités françaises concernées pour leur demander, dans le cadre des accords, lois et conventions internationales, la restitution de la clé d’une des portes de Laghouat qui se trouve au Musée de l’Empéri à Salon-de-Provence, ainsi que les cinq emblèmes de la résistance qui se trouvent au musée des Invalides à Paris.

Il y a deux ans, j’avais lancé sur Internet une pétition sous le titre « Pour la restitution des "trophées" de Laghouat pris par l’armée française » qui avait recueilli des centaines de signatures que je tiens à votre disposition.
Cette clé, vous n’êtes pas sans le savoir, a été enlevée par un spahi sur la serrure de l’une des portes de la ville et remise au général Pélissier tout comme les cinq emblèmes dont le premier avait été pris par un soldat du nom de Labalme que le général récompensa en le distinguant comme soldat de première classe.
La place de ces « trophées » est au Musée de Laghouat dont les habitants se sont distingués lors de sa prise violente par une résistance qui restera gravée en lettres d’or dans l’Histoire des résistances à l’oppression et à la répression coloniales en Algérie. 
 
Monsieur le président,
 
Au nom des habitants de Laghouat et de tous les signataires de la pétition citée ci-haut, je vous remercie de l’effort que vous ferez dans la poursuite de ce que vous avez déjà entrepris dans le sens de la reconnaissance des crimes contre l'humanité commis par l'armée française de l'époque et de votre engagement à poursuivre cette démarche afin que soit révélée la vérité, restée trop longtemps occultée.
 
Je vous prie de trouver ici l’expression de mon profond respect.
 
Lazhari LABTER
Écrivain
Auteur de « Laghouat la ville assassinée ou le Point de vue de Fromentin » et de « Laghouat vue par des chroniqueurs, écrivains, écrivains, peintres, voyageurs explorateurs et conquérants »

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