Luttes émancipatrices,recherche du forum politico/social pour des alternatives,luttes urbaines #Droit à la Ville", #Paris #GrandParis,enjeux de la métropolisation,accès aux Archives publiques par Pierre Mansat,auteur‼️Ma vie rouge. Meutre au Grand Paris‼️[PUG]Association Josette & Maurice #Audin>bénevole Secours Populaire>Comité Laghouat-France>#Mumia #INTA
5 Octobre 2026
Energie Entreprises Transition écologique
E. Meunier : « L’imperium parisien
impose ses nuisances à son arrière-cour
banlieusarde » 5 octobre 2026
Émile Meunier dénonce le projet d’incinérateur de combustibles
solides de récupération (CSR) de Vitry-sur-Seine, révélateur selon lui d’un rapport « féodal » entre Paris et sa banlieue. Il conteste aussi devant le tribunal administratif la délégation des marchés alimentaires et déplore un plan de 300 hectares d’espaces verts « au point mort ».
Pourquoi le projet Thermo-sur-Seine, à Vitry, illustre-t-il selon vous la relation entre Paris et sa banlieue ?
C’est la continuité de ce qui ne s’est jamais arrêté. Il y a eu une petite inflexion, lors de la première mandature de Bertrand Delanoë avec Pierre Mansat, où l’on a essayé de penser la métropole. Mais sous la précédente mandature, le projet métropolitain a été remplacé par des conventions bilatérales,
où Paris est en position de force face à son voisin. Il y a là quelque chose à repenser de fond en comble ; l’incinérateur parisien de Vitry n’en est qu’une illustration.
Vous contestez aussi la manière dont ce projet a été voté au Conseil de Paris ?
Elle a été vaseuse. Avec mon groupe écologiste de l’époque, nous avons voté en confiance une délibération qui consistait à reprendre la main sur la CPCU via une Semop et à développer massivement la géothermie. C’est ce que nous a présenté l’adjoint de référence Dan Lert. On fait confiance à son adjoint, a fortiori écologiste, pour ne pas nous refourguer sous le manteau l’un des
plus gros incinérateurs d’Europe. Le PowerPoint de l’époque parle vaguement d’une petite chaufferie sans la situer et d’« ENR » que chacun comprend comme énergies renouvelables, alors qu’il s’agit
d’énergies renouvelables et de récupération. Ce n’est qu’en entrant dans les 350 pages du contrat que l’on découvre après coup une centrale de 300 mégawatts, ce qui est énorme. Si cela avait été dit, il y aurait eu une bronca : le tonnage de Vitry équivaut à celui de l’incinérateur d’Ivry, contre lequel
les écologistes luttent depuis plus de quinze ans. Les élus ont été mal informés, peut-être même qu’il y a eu l’intention de les flouer.
Vous contestez la réalité des arguments des porteurs du projet, qui font notamment valoir que les CSR sont aujourd’hui enfouis et que l’installation permet de fermer des cogénérations au gaz très émettrices ?
Les CSR, c’est massivement du plastique mélangé à un peu de bois pour pouvoir dire que c’est de la biomasse. C’est la manière trouvée par les industriels pour brûler leur plastique plutôt que de le recycler, packagée façon subprimes pour passer sous le seuil de la réglementation carbone
européenne. Et l’argument de l’enfouissement est faux : les documents du porteur de projet lui- même expliquent que l’incinérateur permettra de pérenniser une filière CSR aujourd’hui balbutiante.
Selon mes chiffres, il brûlerait à lui seul 40 % de la production française : 450 000 t par an, quand le plan régional des déchets de 2019 visait 200 000 t, objectif non atteint. Ce méga-incinérateur va créer du déchet qui n’existe pas. Or, nous ne sommes pas là pour brûler du plastique, mais pour en réduire la consommation et, au pire, le recycler.
Et la sortie du gaz ?
Ils ont posé au contrat une équation compliquée : fermer le gaz à toute vitesse et densifier le réseau vapeur. Nous disons qu’il faut transformer le réseau vapeur en réseau d’eau chaude. La vapeur est
une technologie archaïque, c’est ce qui chauffe Moscou depuis l’époque soviétique : il faut la porter à 200 ou 250 degrés pour chauffer un appartement à 19 degrés, la déperdition est monstrueuse, et cela impose de grosses centrales, qui brûlent des déchets ou du gaz. Je croyais que c’était l’arrêt du
gaz qu’on nous avait vendu ; je découvre qu’on le remplace par du CSR, c’est-à-dire du pétrole. Une astuce comptable ne change pas la réalité du carbone craché dans le ciel.
Les porte-parole du groupement objectent que passer à l’eau chaude supposerait des travaux sur les 500 km de canalisations du réseau s’étendant sur une dizaine d’années, des tranchées de 4 m de large et un coût d’1,5 milliard d’euros… Que leur répondez-vous ?
Je n’ai pas vérifié les montants, mais si c’est 1,5 milliard et des dizaines d’années de travaux, cela les vaut largement, plutôt que de mettre 1,2 milliard dans un incinérateur qui sanctuarisera pour des décennies l’incinération de déchets créés en plus. Cela s’étudie par phases, en commençant par la
rénovation thermique des grands bâtiments publics. Pollution, carbone, sanctuarisation des
déchets : sur les trois piliers écologiques, Thermo-sur-Seine est à l’ouest Ajoutez l’imperium parisien qui impose ses nuisances à son arrière-cour banlieusarde, entre deux ZAC des Ardoines qui peinent déjà à voir le jour : vous avez tout le cocktail pour une opposition frontale et légitime.
Comment éviter que Paris impose ses équipements à la périphérie ?
Je dirais, avec un brin de malice : Bercy-Charenton, plusieurs dizaines d’hectares, est à l’arrêt. Il est un peu fort de café d’aller en banlieue quand on a du terrain à Paris. Emmanuel Grégoire ne mettra
jamais son incinérateur ici, alors pourquoi l’imposer à ses voisins ? Ensuite, comme le disait dans vos colonnes Dominique Giry, le président du Conseil de développement du Val-de-Marne (Codev 94), ce type d’équipement relève d’une échelle au-dessus. Une assemblée de gens qui habitent
exclusivement Paris, mal informés, voire floués, prend une décision qui s’impose à tout un territoire et s’essuie les pieds sur les plans déchets et climat de tous ses voisins. C’est moyenâgeux, féodal.
Quelle serait la bonne échelle ?
Je crois fortement au projet du Grand Paris. Je suis un orphelin du département de la Seine, où la richesse produite à certains endroits finançait les politiques sociales ailleurs. Ce n’est pas le périmètre qui compte, mais la logique d’un territoire intégré, qui réduit les inégalités et développe harmonieusement services publics, emploi et logement, et qui s’adapte aux réchauffement climatique. Je distingue désormais le projet du Grand Paris, indispensable, de la métropole du Grand
Paris, mécano institutionnel insatisfaisant. Devant l’inertie, et c’est une première, nous avons refusé la cogestion, avec Bally Bagayoko, président de l’un des plus grands EPT : nous estimons que la gouvernance partagée dépolitise et aboutit au plus petit dénominateur commun technique. Après dix
ans, la Métropole a-t-elle réduit les inégalités dans la zone dense, par ses investissements, son plan habitat, son Scot ? Non. On a financé une passerelle ici, un gymnase là, souvent dans des villes déjà riches comme Paris : 11 millions d’euros pour la rue porte de la Chapelle. Le véhicule actuel ne
permet pas d’atteindre les objectifs recherchés. Il faut donc en changer.
Pourquoi attaquer le renouvellement de la délégation des marchés alimentaires à deux
entreprises ?
Notre mandat, c’est de défendre les petits face aux gros. Les commerçants sont très malheureux ; les placiers font la pluie et le beau temps. Ma demande d’une plateforme anonymisée de témoignages a été refusée. Peu des obligations des délégataires, bio, déchets, propreté, ont été
remplies. Pour rétablir un meilleur contrôle de la ville, nous proposions des petits lots, comme cela a existé historiquement : couper Paris en deux, seuls les deux gros peuvent répondre et la Ville se mette dans leur main. Il n’y a pas eu de concurrence. Des petits lots permettraient de tester une régie
ou une coopérative de commerçants. Un délégataire fait par ailleurs l’objet d’une enquête fouillée de StreetPress décrivant un comportement quasi mafieux : on aurait dû lever le stylo. Mais Emmanuel
Grégoire a préféré resigner, puis saisi l’Inspection générale après coup pour enquêter ; enquête dont nous n’avons toujours pas les résultats.
Où en sont les 300 ha d’espaces verts ?
Au point mort, et pas davantage budgétés. J’ai participé à la conception du plan : les lieux sont identifiés, le tout chiffré à grands traits, environ 200 millions d’euros d’investissement par an pour atteindre 300 ha en 2040, six fois le parc de la Villette, un nouvel arrondissement vert. Mais Emmanuel Grégoire s’est mis dans une impasse : ni investissement supplémentaire, ni emprunt, ni
impôt, et un programme qui soit disant rénove toutes les écoles, créé 4 000 places d’hébergement d’urgence et fait les 300 ha d’espaces verts. C’est une équation impossible à résoudre ! Ou trouver
l’argent ? Une fois vendu le Parc des Princes à un fonds d’investissement qatari, il ne reste rien à vendre. Nous assumons, nous, d’augmenter la taxe foncière.
Que pensez-vous du début de mandat d’Emmanuel Grégoire ?
La communication sur les réseaux sociaux est bien meilleure qu’Anne Hidalgo. Mais pour le reste, Emmanuel Grégoire se comporte en control freak, en maniaque du contrôle permanent. Pour cela la
technique est connue : recentralisation verticale et divisions pour mieux régner. La preuve : 36 adjoints plus cinq conseillers délégués, avec des délégations baroques, découpées n’importe comment. Ils passent plus de temps à se disputer les dossiers entre eux qu’à les faire avancer.
Par exemple : la végétation divisée en trois délégations ; la mobilité sans la voirie ; la seule direction de la solidarité répond à six adjoints. Je plains le directeur. Le vrai pouvoir est au cabinet du maire où siègent 31 conseillers techniques qui, eux, étonnement, ont des délégations cohérentes. Cette usine
à gaz va capoter.
#Paris #grandparis