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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 16:00

5 bonnes raisons de dire non à la fusion !

Alors que la fusion des départements de Paris et de la petite couronne revient en force dans le débat autour du juste périmètre de la métropole parisienne, je veux rappeler les raisons qui m’ont toujours fait croire que revenir au département de la Seine n’est pas la solution pour la métropole de demain. N’hésitez pas à diffuser !

1)      Sur la petite couronne : Sous prétexte d’un périmètre plus conforme aux considérations institutionnelles et administratives, on sacrifierait l’enjeu d’une gouvernance adaptée à la réalité de la vitalité territoriale. Car une instance à l’échelle de la petite couronne ne peut agir à celle où se posent les problèmes quotidiens, actuels des habitants de la métropole. En mettant de côté la grande couronne, la métropole se retrouverait artificiellement coupée de ses aéroports, de ses grands ports métropolitains, de ses pôles scientifiques et universitaires… Autant de composantes essentielles du fonctionnement métropolitain arbitrairement écartées de la possibilité de décider et d’agir ensemble.

2)      2) Sur la modernité : Ce retour à un fonctionnement archaïque nie les projets territoriaux à l’œuvre depuis 10 ans. Car la fusion des départements pour créer la Métropole signifie suppression des intercommunalités en petite couronne. C’est-à-dire gommer la dynamique émergeant de territoires comme Plaine Commune, Grand Paris Seine Ouest ou Est-ensemble.

3)      Sur les compétences : Tout le monde s’accorde pour affirmer que l’urgence c’est logement, l’environnement, l’attractivité et l’hébergement d’urgence. Ces compétences ne relevant pas des départements, en quoi une instance fusionnant les départements à compétences inchangées résoudrait les problèmes ? En outre, souhaite-t-on que la Métropole s’occupe principalement de la distribution du RSA et autres prestations sociales ? Je ne le crois pas. Les compétences des départements exigent de la proximité. Remonter le pilotage de ces politiques au niveau d’une structure à l’échelle de près de 7 millions d’habitants – sans équivalent en France – se traduirait par une véritable perte d’efficacité de ces dispositifs.

4)      Sur le coût : Il est faux de croire que la fusion n’entraînerait pas de dépense publique supplémentaire voire qu’elle produirait des économies en supprimant une couche du millefeuille institutionnel. Une fusion, et c’est bien normal, implique un alignement des statuts des agents, sur le régime indemnitaire le plus offrant. Cela a un coût et non des moindres si l’on considère les 8000 agents environ que compte chaque conseil général, sans compter le cas particulier de Paris… Les expériences étrangères sont d’ailleurs éclairantes. Vous pouvez consulter l’article de métropolitiques sur l’exemple de Toronto : http://www.metropolitiques.eu/Fusion-metropolitaine-a-Toronto-un.html

5)      Sur le calendrier : A ceux qui pensent que la mise en place serait plus rapide, je veux dire qu’en vérité, on en prend pour une dizaine d’années : le temps d’aligner les statuts et de répondre aux craintes des agents, de désigner les nouveaux membres, d’adopter de nouvelles règles de fonctionnement… C’est le meilleur moyen de retarder le moment où cette nouvelle structure se mêlera de politique nouvelle comme le logement. Même le sénateur Philippe Dallier n’envisage pas dans sa proposition de loi déposée hier, pour «doter le Grand Paris d’un outil de gouvernance efficace» en fusionnant les départements  de Paris et ceux de la petite couronne, qu’elle puisse agir avant 2020.

Je croyais qu’on voulait aller vite…

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 17:46

La suppression de la métropole parisienne du projet de loi a suscité beaucoup de réactions pour dénoncer l’immobilisme, l’alliance des conservatismes. Cet échec est effectivement grave. Mais soyons vigilants à ne pas mettre tout le monde dans le même sac.

 

La Ville de Paris a engagé la démarche de construction métropolitaine en 2001, elle a ensuite ouvert le débat sur la gouvernance, l’a mis sur la place publique et l’a porté dans un cadre collectif - Paris Métropole. Comment peut-on croire que la Ville de Paris fait de la résistance pour garder ses privilèges ?

 

Bertrand Delanoë l’a rappelé encore récemment : il soutient le projet  du gouvernement qui porte les ambitions d’une métropole plus solidaire.  Ne nous perdons pas dans de faux débats, mobilisons-nous plutôt pour que le débat parlementaire rétablisse et améliore le projet de métropole parisienne !

 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 16:12

Il est normal qu’un projet de loi aussi important que celui sur la métropole parisienne suscite des réactions et des oppositions ; l’agglomération parisienne n’avait plus connu de transformation substantielle depuis le décret de 1964 prévoyant l’éclatement du département de la Seine ! Face à ces oppositions, il ne faut pas sur-réagir, méfions des fausses bonnes solutions de dernière minute qui nous mèneraient à l’échec et feraient le jeu de l’immobilisme et du conservatisme.   

 

Certains appellent à fusionner Paris avec les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne ou à transposer le modèle lyonnais à la métropole parisienne ; ce n'est pas réaliste.

La métropole parisienne n’est pas seulement 8 fois plus peuplée, elle est aussi d’une nature très différente : comme Londres et beaucoup de métropoles mondiales, elle est polycentrique, et c’est là sa grande richesse.

 

Dans l’agglomération parisienne, les intercommunalités sont porteuses de dynamiques territoriales. Il ne faut pas les écraser, il faut au contraire les encourager, mais aussi les coordonner pour éviter le chacun pour soi et contraindre ceux qui se dérobent à l’effort collectif. Ces enjeux sont au cœur du projet initial du gouvernement, qui mérite certainement d’être rendu plus lisible voire amélioré sur certains points : les députés auront l’opportunité de le faire le mois prochain à l’assemblée.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 19:33

"Sauver Grand Paris Métropole !" par Patrice Girot (Tribune libre / La Gazette)

La Gazette.fr
Tribune libre de Patrice Girot
Président de l’Union régionale Ile-de-France du Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales et Jacques Marsaud, délégué régional Ile-de-France de l’Association des directeurs généraux des communautés de France

Ainsi le Sénat a rejeté par une curieuse coalition d’intérêts hétéroclites les articles 10 et suivants du premier projet de loi sur la décentralisation portant sur l’achèvement de la carte intercommunale de la région capitale et la création et l’organisation du « Grand Paris Métropole ».

Si l’Assemblée Nationale à qui revient heureusement le dernier mot ne rétablit pas ce dispositif, nous nous retrouverons face à une triste alternative :

Celle qui voudrait que la métropole parisienne demeure la seule grande métropole européenne sans gouvernance, laissant perdurer la crise du logement et les graves inégalités territoriales.
Celle qui voudrait que le scénario « communauté urbaine » de sept millions d’habitants l’emporte, entraînant la disparition des intercommunalités et des dynamiques territoriales et démocratiques de proximité.
Il est étonnant qu’une majorité de sénateurs tournent ainsi le dos à un long processus démocratique de construction de la gouvernance métropolitaine dans laquelle la très grande majorité des collectivités territoriales et des intercommunalités se retrouvait au sein de « Paris Métropole ».

Nous espérons vivement que la majorité des députés entendra la voix de nos élus pour construire une métropole équilibrée, polycentrique, fondée sur une coopération des villes et de grandes communautés d’agglomérations.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 18:19

AFP

Métropole de Paris: Karoutchi (UMP) demande un texte de loi à part pour l'Ile-de-France

12/06/2013 16:23:47 GMT+02:00

 AFP (264)

 

 

   PARIS, 12 juin 2013 (AFP) - Le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi (UMP), auteur d'un des amendements supprimant la métropole de Paris dans le projet de loi sur la décentralisation, a demandé mercredi au gouvernement un texte de loi à part pour l'Ile-de-France.

Le projet de métropole de Paris, rejeté en première lecture au Sénat avec l'alliance UMP-PCF, doit revenir mi-juillet lors de son examen devant l'Assemblée nationale. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), a plaidé pour que le gouvernement reprenne sa version initiale.

"Je demande au gouvernement de préparer un texte de loi séparé pour l'Ile-de-France et d'écouter tous les acteurs franciliens", écrit dans un communiqué Roger Karoutchi, qui se demande si M. Delanoë va "dicter sa loi".

"Il faut simplifier, clarifier les compétences mais certainement pas les diluer encore plus (...) Réformer la gouvernance de l'Ile-de-France ne nécessite en rien de créer une strate supplémentaire", souligne le président de la commission des Finances du Conseil régional d'Ile-de-France.

Le sénateur UMP goûte assez peu l'idée d'une métropole qui regrouperait 85% de la population de la région francilienne, puisqu'elle était pensée dans les contours de la zone dense de l'agglomération au sens de l'Insee.

Pour lui, "il suffit de considérer que la Région est la Métropole", et "la région ayant la compétence sur les transports, il suffit de conforter son rôle de coordination en matière de logement par le Plan régional de l'Habitat et une Conférence régionale qui harmonisera les politiques, sans dessaisir de la décision les communes et les départements", dont il ne souhaite pas la disparition, contrairement à certains élus de gauche et de droite.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 11:11

 10/06/2013 20:28:24  PARIS, 10 juin 2013 (AFP) - Bertrand Delanoë (PS) a souhaité lundi que le projet de métropole de Paris, rejeté lors de la première lecture au Sénat du projet de loi de décentralisation, revienne devant l'Assemblée dans sa version initiale, éventuellement amendée des améliorations qu'il avait déjà proposées. "Il est souhaitable que ça revienne à l'Assemblée nationale dans la mouture originelle, c'est-à-dire que ce qui avait été trouvé pour la métropole parisienne, avec logement, hébergement d'urgence, environnement, me paraît le bon timing, la bonne étape", a déclaré le maire PS de Paris lors d'un déjeuner avec la presse en marge du Conseil de Paris. Les sénateurs ont adopté début juin des amendements présentés par l'UMP et les communistes (CRC) supprimant dans la loi de décentralisation les articles traitant de l'organisation de Paris et de l'Ile-de-France. Le projet de loi était le fruit d'un long travail de négociation entre le gouvernement et les collectivités, au terme duquel le maire de Paris avait semblé tirer son épingle du jeu face à la région, présidée par le socialiste Jean-Paul Huchon. Le maire de Paris a suggéré "deux directions d'amélioration" du texte, qu'il avait déjà défendues avant le passage au Sénat. Il s'est ainsi dit favorable à ce que la région et les départements soient représentés dans l'instance de gouvernance, et que celle-ci puisse commencer son travail de "préfiguration" dès après les élections municipales. Le projet présenté au Sénat prévoyait la création de la métropole de Paris le 1er janvier 2016, après la création de grosses intercommunalités sur son périmètre. La première adjointe de M. Delanoë, Anne Hidalgo, candidate à sa succession, a souligné l'urgence de créer la nouvelle instance pour répondre aux besoins de l'agglomération parisienne en matière de logements

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 19:31

Retour sur la suppression, au Sénat, de la Métropole parisienne. En réponse à un vœu défendu par Jérôme Dubus [UMP] j’ai réaffirmé, aujourd’hui au Conseil de Paris, la nécessité d’un projet ambitieux pour le Grand Paris Métropole.  Non, le  modèle du Grand Lyon ne peut pas constituer une bonne réponse aux enjeux de la métropole parisienne.

 

 

M. le Maire, Mesdames et messieurs les Conseillers,  M. Dubus,

Concernant la métropole parisienne, vous montrez de la constance à défendre des idées simples. Ces idées simples n’en demeurent pas moins des idées fausses.

Votre vœu propose que la Métropole parisienne importe mécaniquement le modèle lyonnais. En toutes choses : compétence, organisation, moyens. Vous prétendez ainsi que le modèle développé à Lyon après 40 années de Communauté Urbaine, pour une agglomération d’1.3 Millions d’habitants, au cœur d’un unique département, devrait être mécaniquement transposé à la métropole parisienne, ses 8 départements, et ses 10 M d’habitants.

Et bien non. Ce n’est pas réaliste et ce n’est surtout pas souhaitable pour le développement de notre métropole.

Non, le modèle : « un chef, un territoire, une institution » n’a pas de sens à l’échelle de la métropole parisienne. Notre métropole n’est pas seulement 8 fois plus peuplée. La différence de taille est aussi une différence de nature. La métropole parisienne est une métropole polycentrique, insérée dans des flux multiples. Elle n’a pas besoin d’être mise sous une toise unique, mais d’être articulée. Cela n’aurait aucun sens de prétendre l’organiser en mettant de côté les aéroports, les villes nouvelles.

Non, les métropolitains ne réclament pas une recentralisation, la fusion, ou je ne sais quel service unique de délivrance des prestations sociales pour 10 M d’habitants. Ils ont besoin de plus de logements, de plus de justice, de pouvoir vivre dans des lieux variés mais qui comptent.

Non, il ne faut pas écraser les dynamiques territoriales pour organiser un chef unique, mais au contraire porter et encourager ces dynamiques. En les accompagnant pour atteindre une taille critique. On a besoin de coordination pour éviter le chacun pour soi, et contraindre ceux qui se dérobent à l’effort collectif. Ces enjeux étaient au cœur du projet de loi d’affirmation des métropoles.

Le groupe UMP a pris une responsabilité écrasante en supprimant les articles qui permettaient la rationalisation de la carte intercommunale. En supprimant sans rien proposer en retour. Pendant 10 années de pouvoir, vous avez maintenu le statu quo en Ile-de-France. Par peur de bousculer l’ordre établi, rien n’a été fait ; vous avez facilité des regroupements de complaisance, accru la complexité. Maintenant vous avez beau jeu de vous réclamer de l’efficacité. Mais le discours maximaliste et simplificateur a fait le jeu de l’immobilisme.

Je vous rejoins, sur un point, M. Dubus. Il serait inconcevable que la loi d’affirmation des métropoles mette de côté la première Métropole française. Le gouvernement avait osé relever ce défi ; tracer un chemin moderne pour faire bouger les lignes, s’appuyer sur les options défendues par Paris Métropole. Il faut le renforcer, en accroître la lisibilité. C’est l’enjeu que les parlementaires parisiens contribueront à relever.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 18:10

 Je réponds ici à Jean-François Martins ( Modem). L’occasion aussi de rappeler que Paris Métropole a permis de dégager, à une très large majorité, une position forte en faveur d’une transformation institutionnelle de la métropole. Après l’électrochoc du sénat, les positions bougent.  

 

Une majorité de sénateurs vient, en effet, de purement et simplement supprimer la métropole parisienne de la loi d’affirmation des métropoles. Ceux qui ont fait le choix de l’immobilisme, ceux qui ont préféré le statu quo à la mise en mouvement prennent une lourde responsabilité.

La responsabilité d’une situation absurde : écarter la première métropole française, la seule métropole mondiale, des dispositifs de modernisation de l’action publique, alors que le gouvernement fait le choix courageux de prendre à bras le corps le défi de la métropolisation.

La responsabilité d’un combat d’arrière-garde. Car pour relever les défis du 21ème siècle, on ne peut plus s’appuyer sur les outils administratifs du 20ème et les frontières politiques du 19ème siècle. Il est temps de hisser nos politiques publiques à la hauteur d’une métropole de 10 M d’habitants, dynamique, polycentrique, connectée au monde entier, mobile, diverse, et où les inégalités prennent un visage nouveau.

Dire que pour construire une agglomération plus attractive et plus solidaire, il faut renouveler notre gouvernance, il faut appuyer notre développement sur des outils efficaces et démocratiques, ce n’est pas prendre une posture technique ou scientifique. C’est un choix politique majeur. Renoncer à s’organiser à la bonne échelle, c’est renoncer à traiter les sujets tels qu’ils se posent, c’est laisser les acteurs privés être les seuls détenteurs d’une vision cohérente et donc efficace.

La suppression de la métropole parisienne tourne le dos aux avancées accomplies– et notamment dans Paris métropole – pour définir ce que doit être une gouvernance moderne et efficace. Le maintien du statu quo nie la dynamique collective engagée par une très grande majorité d’élus; leur volonté de transcender les prés carrés, et d’agir ensemble. Ils ont plaidé pour la construction d’un outil de coordination puissant, disposant de moyens d’action, et s’appuyant sur la dynamique des territoires. Cette volonté est partagée. Le bureau de Paris Métropole (51 collectivités, de droite comme de gauche, de petite et de grande couronne) vient de le rappeler solennellement.

Alors oui, cette structure ne doit pas être une coquille vide, une couche supplémentaire dans un paysage institutionnel déjà complexe. Si cette instance n’est pas démocratique, elle ne sera pas appropriée par les élus et les citoyens. Si cet outil n’est pas lisible, il échouera. Nous pensons qu’il doit être consacré à la prise en charge de certains des sujets qui sont les plus urgents pour les habitants de cette métropole, comme le logement, certains des enjeux liés à l’aménagement de la métropole, l’urgence sociale, la transition énergétique. Mais cet outil n’a de sens que s’il se fonde sur un principe de subsidiarité. Il a vocation à porter des projets d’intérêts métropolitains, à mettre en cohérence le développement de la zone dense. Et oui, il faut accroître sa représentativité, son assise démocratique.

Voilà l’enjeu qui va revenir à l’Assemblée dès le mois de juillet et auquel contribueront les députés parisiens, notamment. Mais ne nous trompons pas de sujet. Nous n’avons pas besoin de recentraliser tous les pouvoirs au sein d’une institution unique. Les Parisiens veulent plus de logements, plus de démocratie de proximité. Pas un service unique pour 10M d’habitants pour délivrer le RSA.

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 10:07

Patrick COHEN

L’édito politique, bonjour Thomas LEGRAND.

Thomas LEGRAND

Bonjour Patrick.

Patrick COHEN

Ce matin, c'est un peu la suite de votre édito de mardi à Marseille. Vous évoquez cette fois le projet de métropole parisienne qui a été rejeté par les sénateurs.

Thomas LEGRAND

Oui. Et si les sénateurs ont approuvé hier soir le projet de loi qui crée la métropole Aix-Marseille Provence, ils ont méticuleusement détricoté le projet de métropole parisienne. Les députés rattraperont peut-être le coup, mais d’ici-là le gouvernement risque de mettre beaucoup d’eau dans son vin déjà très clair. C’est un sujet ardu mais c’est aussi ça et sans doute surtout ça la politique de proximité. De l’organisation administrative des territoires dépend la réalité des transports, du logement ou de la sécurité, bien plus que de la primaire parisienne de l’UMP qui a largement occupé nos colonnes et nos ondes. Alors amis auditeurs, un petit effort d’attention pour déjouer la ruse des sénateurs qui comptent bien sur le fait que personne ne comprend rien à ces histoires afin de préserver baronnies et fiefs. De quoi s’agit-il ? Comme pour Marseille, il s’agit de mutualiser au maximum les ressources et les dépenses des agglomérations et de sortir du chacun chez soi et du chacun pour soi. Aujourd'hui, les communautés urbaines autour de Paris sont minuscules. Elles regroupent deux ou trois villes qui généralement ont le même type de population ; en gros, des villes riches avec des villes riches, et des villes pauvres avec des villes pauvres. Le projet de loi prévoit une grande métropole englobant Paris et la banlieue, et à l’intérieur des sous-ensembles. C’est là que ça devient compliqué. Des associations de villes avec un seuil, une population totale d’au moins trois cent mille habitants, avec ce plancher imposé très élevé, on fait des économies. Les élus seront obligés de mettre en commun leurs ressources, de rationnaliser leurs équipements. Neuilly l’opulente sera peut-être, qui sait ?, avec Gennevilliers la populaire pour forcer à la redistribution et lutter contre le cancer qui ronge nos agglomérations : l’inégalité spatiale.

Patrick COHEN

Mais ça crée des structures administratives en plus, ça ?

Thomas LEGRAND

Oui. C’est vraiment le gros défaut de ce projet qui ne prévoit pas en contrepartie de supprimer les départements de l’Île-de-France. Pourtant, des centaines de milliers de Franciliens de l’est et du nord font chaque jour une pénible et souterraine transhumance vers l’ouest pour aller travailler dans les beaux quartiers parisiens ou les communes de l’ouest. Les dépenses sociales, scolaires, culturelles, la pression du logement se font sur les départements de l’est. Les Hauts-de-Seine s’enrichissent du travail des habitants de Seine-Saint-Denis par exemple et pourtant, bien des élus socialistes et communistes du 9-3 tiennent à leur département dortoir, tout comme ceux UMP des Hauts-de-Seine qui s’accrochent à leur département coffre-fort. De leur côté, les communistes n’existent plus que par leur mairie dont le pouvoir serait dilué dans de larges communautés de communes. Le vrai courage politique eut été de supprimer les départements franciliens des zones urbaines. Mais les sénateurs ont finalement défendu leurs électeurs selon les élus locaux, un brin de mollesse coupable de la part de l’exécutif. Des parlementaires de la majorité et de l’opposition corporatistes comme dans l’affaire des députés qui vident la loi sur la transparence de sa substance, François HOLLANDE, sa majorité et son opposition sont tristement conformes à leur caricature.

Patrick COHEN

C’était Thomas LEGRAND. Effort récompensé pour les auditeurs, c’était très clair. Merci Thomas.   07:47:11 FIN)

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 09:33

ICI> http://grandparis.blogs.liberation.fr/vincendon/

 

Claude Bartolone: "Le Grand Paris a besoin d'une parole forte de l'Etat"

Président socialiste de l'Assemblée nationale, ancien président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone réunit ce soir élus et acteurs économiques autour du Grand Paris, vitrine potentielle de la transition énergétique et levier de croissaance. Une réunion qui intervient alors que le Sénat vient de rejeter la création d'une métropole du Grand Paris, proposée par le gouvernement. Interview.

Pourquoi le président de l'Assemblée nationale réunit-il ce soir en colloque des élus mais aussi de grands opérateurs urbains privés autour du Grand Paris et, plus précisément, de la transition énergétique ?

Le 6 mars  dernier, le Premier ministre a confirmé le lancement du métro du Grand Paris. Avant cela, nous étions quand même passés par des périodes d'espérance et de désespérance, avec des hypothèses de coûts variables, voire des interrogations sur la réalisation du projet. Les arbitrages de Jean-Marc Ayrault ont donc marqué un vrai point de départ, avec l'annonce des 26 milliards sur vingt ans. Dans le même temps, le Premier ministre a bien précisé que le Grand Paris devait être un levier pour le logement, pour l’environnement et pour la croissance et l’emploi. Bon nombre de thèmes relatifs au Grand Paris vont être abordés à l'Assemblée nationale dans le cadre du débat sur la transition énergétique. Le Grand Paris est porteur aussi d’un message en direction des entreprises parce que ce sont celles du BTP qui vont construire le métro du Grand Paris, et les entreprises franciliennes en général qui vont le financer à travers la taxe sur les bureaux. Certes, il y a un financement de l'Etat et de la Région, mais ce sont les franciliens qui vont également le financer. D'ailleurs, cela permettra  d'éviter certaines critiques qui consistent à opposer Paris à la province.

On a l'impression que le grand public n'a pas encore saisi les enjeux en terme de croissance, de transition énergétique...

C’est un problème, et je l’ai rencontré notamment en tant qu'élu de la Seine-Saint-Denis. Il ne faut pas qu'il y ait un écart de temps trop important entre l’annonce d’un projet, la mobilisation des acteurs économiques et la réalisation pour nos concitoyens. Regardez l’exemple de Clichy-sous-Bois : cela fait maintenant des années qu'on leur parle du débranchement du T4 (1). Et quand vous évoquez une réalisation pour dans 20 ans à des femmes et des hommes qui se posent la question de leur fin de mois, cela bloque tout investissement. Aux premiers coups de pioches, ces projets deviendront réalité pour les Franciliens.

Pourquoi consacrer ce premier colloque sur le Grand Paris aux effets sur la transition énergétique plutôt que sur la croissance ?

Dans les deux cas, nous parlons de la même chose : la place du super métro dans la lutte contre l'étalement urbain et la construction de logements pour arriver le plus possible à des bâtiments énergie zéro. C'est un colloque un peu « marabout-bout de ficelle » : nous avons les financements, nous allons avoir les infrastructures de transport et donc une nouvelle étape de l’aménagement de ces territoires. Tout cela va générer de la croissance et la création de dizaines de milliers d'emplois. Nous avons des entreprises majeures, privées comme GDF-Suez ou Veolia, publiques comme la SNCF ou la RATP, pour qui la ville et ses infrastructures de transport sont des leviers de développement.  Au-delà, je veux réussir à convaincre les territoires qu'il n'y aura pas de croissance des autres métropoles françaises s'il n'y a pas équilibre et croissance de la région Ile-de-France. Aujourd'hui, Paris n'est plus en concurrence avec Marseille, Lyon, Lille, Nantes ou Strasbourg. Paris est en concurrence internationale. Plus nous réussirons à rendre solide et solidaire le Grand Paris, plus ce sera vertueux pour les autres métropoles.

Justement, venons-en au débat autour de la loi sur l'affirmation des métropoles, qui est en train de se dérouler au Sénat. Avec le vote d'un amendement de suppression des articles qui organisaient la métropole de Paris, ça démarre mal...

Sans doute. Mais dans le même temps, ce vote n'est pas une surprise. J'ai eu l'occasion de le dire à Jean-Marc Ayrault et à Marylise Lebranchu : s'il existait une solution évidente  pouvant être portée par le consensus des élus, nous l'aurions mise en œuvre depuis longtemps. Je ne fais pas l'impasse sur les citoyens, les élus, les acteurs économiques, mais s'il y a un endroit où l'on a besoin de la parole de l'Etat, c'est bien en Ile-de-France. Pourquoi est-ce la région la plus en retard sur les agglomérations ? Celle où il y a le plus d'inégalités ? Celle où l'on a toujours eu du mal à parler de péréquation ? Regardez Paris Métropole : cette initiative institutionnelle utile s’est totalement bloquée au moment où l’on a commencé à parler réellement de ces sujets. Tant qu'il s'agissait de faire de la philosophie, tout le monde était d’accord. Mais le passage à une étape supérieure du projet a montré la difficulté à trouver entre tous les élus, de gauche comme de droite, de réelles convergences.

Le projet qu'a présenté Marylise Lebranchu n'était pas cette parole forte de l'Etat ?

Je le répète, aujourd'hui,  s'il n'y a pas une volonté forte de l'Etat pour accompagner les élus, rien ne se fera. Il y a toujours une bonne raison pour s’opposer à une péréquation sociale et spatiale. Dans le Val-de-Marne, les communistes font valoir qu'ils sont attachés à l’un de leurs derniers départements. Dans les Hauts-de-Seine, les élus font valoir que la collectivité vit confortablement et qu'il n'y a pas de raison que ça change. La grande couronne craint, et il faut l’entendre, de vivre une subordination si l'on fédère le centre... Le risque est d’aboutir à une augmentation de l'épaisseur du « millefeuille ».

Et l'on est parti pour ça avec le projet gouvernemental ?

Nos réponses institutionnelles doivent toujours être lisibles par nos concitoyens. C’est la seule préoccupation qui doit nous animer.

Si la loi métropoles n'était finalement pas adoptée par le Sénat, le gouvernement pourrait-il faire de ce refus une occasion de  revoir totalement sa copie sur le Grand Paris ? En particulier, l 'idée de la fusion des quatre départements centraux, que vous avez défendue, ne pourrait-elle pas refaire surface ?

Je ne veux pas, pour l’instant, parler de cela. Oui, j’ai été l’un des premiers à évoquer ce sujet en ma qualité de président du conseil général de Seine-Saint-Denis. Ce n'était pas ma tendance au départ mais j'ai finalement pris position au regard de la réalité économique et sociale. J’ai proposé ceci : prenons le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine et Paris, et allons vers une seule collectivité. Tout en ayant un focus plus large sur le bassin parisien que j’ai appelé le « périmètre des cathédrales ». Des personnes viennent d'Amiens, de Reims, de Chartres, de Beauvais, pour travailler à Paris. Mais je ne veux pas accentuer les blocages en rouvrant aujourd’hui ce dossier. Nous aurons tous, le gouvernement, la région, les départements, les agglomérations et les communes, à nous demander si seule la loi du marché – foncier, locatif, d’accession à la propriété – est le moteur de l’aménagement de l’Ile-de-France. Le PIB de la région Ile-de-France représente une formidable locomotive pour le PIB national. Quelle que soit la sympathie que je peux avoir pour bon nombre d'élus, de droite comme de gauche, l’addition des petits intérêts n’est pas l’intérêt général.

On ne peut pas non plus demander aux élus d'être plus vertueux que l'Etat et le projet de métropole parisienne de Marylise Lebranchu n'est pas d'une lisibilité extrême...

Il faut que nous utilisions le débat qui a eu lieu au Sénat comme une prise de conscience collective. On sait maintenant à quels blocages identitaires, si l'on peut dire, on aboutit quand on ne sent pas une obligation de réussir. Les débats ont été la compilation de toutes les inquiétudes, dont celle de la province qui continue à avoir des craintes par rapport à Paris. C’est un vieux débat en France. Je crois que c'est un faux problème : s'il n'y a pas de retour de la croissance en région Ile-de-France, quel investisseur s’installera en France ?

Ce vote de rejet est-il un  mauvais signal pour l'extérieur ?

Un colloque comme celui qui a lieu ce soir peut être une des étapes du déblocage parce que les acteurs économiques ont saisi de quoi il était question. Maintenant, il faut les rassurer. Bien souvent, en France, dans une tradition jacobine, il faut que l'Etat montre qu'il croit dans un projet pour que les investisseurs puissent s'y installer. Il y a désormais la prise de conscience que le Grand Paris va se faire. Mais tous les représentants de l’Etat, tous les outils dont dispose l’Etat doivent maintenant réellement être mobilisés aux côtés de la Région car il faut accélérer la fabrication de ce cercle vertueux.

(1) Soit 4 kilomètres de tramway permettant le désenclavement de Clichy-Montfermeil.

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