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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 16:42

Fractale métropolisation

Daniel BEHAR Géographe, professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris 5 décembre 2014 à 11:58

TRIBUNE

La métropolisation intègre et disloque tout à la fois les territoires et les hiérarchies spatiales.

En être ou pas ? Ainsi semble se poser la question métropolitaine en France. Peut-on s’autoproclamer métropole, comme Chambéry par exemple ? La reconnaissance par la loi vaut-elle onction métropolitaine pour les 14 grandes villes qui vont disposer de ce statut au 1er janvier 2015 ? Le critère démographique qui a justifié ce classement est-il pertinent ? Ne faudrait-il pas raisonner plutôt en termes de poids économique ? Et de quel point de vue définit-on cette catégorie ? Métropole mondiale ? Il n’y en a qu’une, Paris. Quant aux quatorze, elles s’apparentent davantage aux «métropoles d’équilibre» chères à la Datar-Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale - des années soixante qu’à des métropoles européennes. En réalité les tentatives d’objectivation de ce «club d’élite» sont vaines. Nul ne sait définir la catégorie des métropoles.

Processus. En revanche, ce qu’on peut constater, c’est le processus de métropolisation, trace au sol de la globalisation. Il s’agit en somme d’une dynamique de recomposition généralisée du fait urbain, sous les coups de la montée en puissance des flux et des interdépendances de toutes sortes. Fonctionnant de plus en plus comme un système ouvert, l’urbain exprime la prééminence contemporaine des liens sur les lieux. Par contre coup, face à cette mutation d’ensemble, il n’existe pas davantage de catégorie supérieure que d’exclus de la métropolisation que l’on pourrait regrouper dans un vaste fourre-tout, «la France périphérique».

La métropolisation intègre et disloque tout à la fois les territoires et les hiérarchies spatiales. L’urbain sans limites intègre, au travers d’une multiplicité de liens économiques et sociaux et des mobilités variées (quotidiennes, résidentielles, de loisirs…), non seulement ce qu’on avait coutume de nommer le péri-urbain, mais aussi bon nombre de villes moyennes et de territoires ruraux.

Mais simultanément, la métropolisation provoque une série de fractures en cascade, à l’intérieur des métropoles d’abord. Il n’est qu’à observer la Seine-Saint-Denis où se juxtaposent les quartiers d’affaires, les espaces gentrifiés et les zones de relégation sociale. Mais cette fractalisation se développe bien au-delà et bouscule toutes nos catégories. Autour de Toulouse, quoi de commun entre des villes moyennes «satellisées» comme Montauban, voire Albi et celles installées encore au centre de leurs bassins de vie comme Rodez ?

Contradictions. Face à ces processus, l’enjeu d’action publique se déplace. Il ne s’agit plus de seulement de prétendre réduire les inégalités spatiales – entre l’Est et l’Ouest de beaucoup de nos grandes villes – mais surtout de s’attaquer aux contradictions de toutes sortes qui caractérisent la métropolisation : croissance sans développement pour la métropole francilienne, attractivité résidentielle sans véritable performance économique pour Montpellier ou relance économique sans cohésion sociale pour Aix-Marseille.

Alors s’agit-il toujours d’être une métropole ou plutôt de «faire métropole» ?

Daniel BEHAR Géographe, professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris

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