Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Paris Metropole
  • Paris Metropole
  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
  • Contact

Coups de coeur

Recherche

Texte libre

6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 17:10

La métropole, maintenant ?

Le discours du 6 mars marque, à mes yeux, une étape historique. Après des mois d’échanges entre élus, des débats passionnants avec les citoyens, la gauche n’a pas raté son rendez-vous avec la métropole parisienne.

Oser donner une forme politique à la métropole. Cela fait une dizaine d’années que la nécessité de construire une démarche politique inédite pour faire évoluer la métropole parisienne a repris place, à l’intiative de Bertrand Delanoë, au cœur du débat politique francilien et même national. Je dis « repris place », parce que ce débat est encore plus ancien. Des générations d’élus du Grand Paris, des personnalités politiques importantes ont tenté, depuis un siècle, de déployer une approche nouvelle de la question de l’agglomération en plaidant pour une approche politique partagée. Mais cette approche n’a jamais pu s’imposer comme une alternative politique sérieuse.

Le statu quo administratif, la préférence pour l’éclatement communal, et le cloisonnement des imaginaires ont été toujours confirmés ; la nécessité de réviser les cadres politiques a toujours été remise à plus tard. L’Etat n’avait pas osé, jusqu’à aujourd’hui, donner du corps à cette idée.

Réconcilier deux histoires. En annonçant à la fois la volonté de donner à la métropole parisienne une forme politique et la réalisation du Grand Paris express, le discours du 6 mars marque une vraie rupture. Une rupture parce que deux histoires qui ont longtemps cheminé séparément peuvent désormais avancer de pair. L’histoire des élus, réunis au sein de Paris Métropole pour affirmer leur volonté de sortir du statu quo, de construire une métropole polycentrique, leur volonté d’agir ensemble. L’histoire de l’Etat, capable d’identifier l’enjeu national attaché au bon fonctionnement de la métropole capitale, mobilisant, au nom d’une vision des enjeux du Grand Paris, des financements et des moyens d’action.

Bienvenüe dans la métropole. Ce n’est qu’un symbole, mais il mérite d’être souligné. Jean-Marc Ayrault a annoncé l’intention du gouvernement de construire les lignes 15, 16, 17 et 18 de métro. L’emblème de Paris intra-muros devient un symbole partagé. Au-delà, ce choix traduit une évolution en profondeur du Grand Paris Express. Le réseau du Grand Paris a d’abord été conçu comme un super métro reliant les clusters spécialisés aux aéroports et tournant pratiquement le dos au réseau existant. Il s’inscrit désormais, grâce à la fusion du plan de mobilisation et du GPE, grâce aussi au travail acharné conduit par Jean-Paul Huchon et les élus métropolitains, dans un plan de transformation globale du réseau. Il rompt avec la pensée « coup de baguette magique » et identifie un chemin pour faire la métropole, qui articule l’urgent et le long terme.

Un nouveau pacte entre l’Etat et les élus métropolitains. Là où Nicolas Sarkozy avait mis en scène l’intervention d’un État, seul à même de relever le défi de la mondialisation, face à des élus mineurs, engoncés dans leurs jeux de rôle traditionnels, ce discours reconnaît l’importance de partir des élus eux-mêmes, des élus capables d’énoncer une ambition propre au territoire. Des élus capables aussi d’identifier les moyens de financer un projet de grande ampleur.

Et Paris Métropole ? Le 15 mai, à l’hôtel de Ville, puis à nouveau en janvier lors de ses vœux aux Parlementaires, François Hollande avait annoncé son ambition et sa méthode, pour donner à l'agglomération parisienne les moyens d'agir à la bonne échelle. « L'outil peut être Paris Métropole, qui rassemble déjà 200 collectivités. L'Etat fait confiance aux élus locaux pour définir le bon périmètre et le juste contenu. » Bien sûr, le 17 décembre dernier, Paris Métropole n’a pas réussi à faire adopter la plateforme de propositions qu’on avait patiemment construite. Il n’en reste pas moins que le projet aujourd’hui annoncé par le Premier Ministre donne corps aux ambitions que les élus de Paris Métropole avaient fait avancer depuis près d’un an. Les orientations que Paris Métropole avait présentées au Premier ministre, en décembre, ont fait avancer des convictions fortes. Jamais Paris métropole n’a souhaité être un législateur de substitution et je crois qu’il faut se féliciter que le Gouvernement prenne ses responsabilités, tout en respectant les grandes options proposées par Paris Métropole. C’est vrai à la fois du périmètre d’intervention de la future « métropole de Paris », de ses compétences, mais surtout des principes qui guideront ses interventions.

Une idée prend corps : la métropole polycentrique et solidaire. Les orientations évoquées aujourd’hui, traduisent bien l’ambition que Paris Métropole avait su faire partager. L’ambition de construire la métropole à partir des pôles qui ont émergé  et qui prennent la forme de grandes intercommunalités à consolider. L’ambition de construire un cadre permettant d’agir ensemble, au nom de l’idée que l’efficacité repose non pas sur une segmentation bloquée des rôles des uns et des autres, mais sur la capacité de mobiliser tous les acteurs. L’ambition enfin que cette métropole se construise pas seulement autour d’un projet d’attractivité, mais autour d’une volonté de solidarité. Les compétences dont se saisira l’institution métropolitaine traduisent notre volonté de relever ce défi : le logement, bien sûr, mais aussi l’urgence sociale et la transition énergétique. .

Le travail doit se poursuivre. Le 6 mars, marque une étape historique, ce n’est pas bien sûr un aboutissement. Le travail sur le projet de loi se poursuivra. Les discussions en cours au sein de Paris Métropole témoignent de la volonté de tous les élus de continuer à enrichir ce projet de loi. Le débat parlementaire nous donnera cette occasion. Pour ma part, je crois que quelques sujets doivent continuer d’être creusées ensemble. La place des communes tout d’abord, tant il est vrai que dans la métropole, les maires jouent un rôle essentiel que le développement de l’intercommunalité ne saurait effacer ; l’association de la région et des conseils généraux, à l’instance de gouvernance de la métropole. La particularité de la métropole parisienne, c’est depuis toujours l’imbrication des acteurs. Il faut sans doute continuer de travailler pour voir comment les Conseils généraux et la Région peuvent trouver toute leur place.

La métropole de Paris ? L’avant-projet de loi parle de « métropole de Paris ». Le choix du nom est essentiel. Je crois pour ma part que ce choix doit traduire les convictions qui nous unissent et ne pas donner le sentiment de rétablir une vision concentrique de la métropole. Le choix de « Paris Métropole » était porteur de cette conviction-là, mais aussi de la volonté de partir des acquis, de construire à partir de l’existant.

Partager cet article

Repost 0

commentaires