Les résultats des municipales de mars montraient clairement que la droite était désormais majoritaire dans le périmètre du futur Grand Paris. L’élection du comité de pilotage de la mission de préfiguration ce matin l’a matérialisé: la liste menée par le président des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, a emporté 22 des 55 sièges, contre 10 pour les centristes de l’UDI, 11 pour les socialistes, 9 pour le Front de gauche et 3 pour les écologistes. L’enjeu de ce scrutin était surtout symbolique, car l’instance n’a aucun pouvoir décisionnel. Mais grâce à lui, Patrick Devedjian peut affirmer son leadership politique sur l’UMP du Grand Paris au détriment de son adversaire du même parti, Patrick Ollier, député-maire de Rueil-Malmaison.

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«Cinq points de convergence»

Toutefois, la réunion du conseil des élus de la mission de préfiguration avait un enjeu autrement important: dégager un consensus autour d’une organisation métropolitaine à proposer au gouvernement. Or, entre les tenants de la métropole intégrée (très minoritaires) et ceux de la métropole fédérée (largement majoritaires), arriver à trouver un point d’entente n’avait rien d’évident il y a encore quelques semaines. Mais ce matin, tous se félicitaient des progrès accomplis dans ce sens.

On n’en est pas encore à une solution, pour laquelle les élus ont obtenu un délai jusqu’au 8 octobre, mais Daniel Guiraud, maire socialiste des Lilas et coprésident de la mission de préfiguration, estime qu’on s’en approche. «Nous avons cinq points de convergence et ce n’est pas rien», a-t-il fait remarquer avant de les recenser. Ainsi, les élus sont-ils maintenant d’accord sur la nécessité d’une «garantie de ressources pour les territoires». Ils veulent aussi une «progressivité dans l’évolution de la métropole» pour que sa constitution puisse prendre le temps qu’il faudra. Ils conviennent qu’elle doit néanmoins entrer en vigueur au 1er janvier 2016 comme prévu, même si les transferts de compétences et la montée en régime des dispositifs fiscaux se poursuit au-delà. Enfin, ils topent pour un «partage de la fiscalité». Les élus ont huit jours pour formaliser tout cela en un texte unique.

«Comme si la loi n’existait plus…»

Si le gouvernement, et au-delà le Parlement, accepte une organisation métropolitaine sur ces bases, on sera bien loin de ce qui avait été voté en 2013 dans la loi sur les métropoles. Un des participants au conseil des élus s’étonnait ce matin d’avoir si peu entendu s’exprimer les partisans de la métropole forte, d’ordinaire plus actifs dans le débat. «C’est comme si la loi n’existait plus…»

Désormais en première ligne pour œuvrer à l’émergence «d’un seul scénario, principe que nous avons voté», Patrick Devedjian se dit convaincu que «s’il y a un accord fiscal, alors, le consensus se fera automatiquement». Reste à savoir ce que gouvernement, parlementaires et élus locaux mettent sous «accord fiscal».

Sibylle VINCENDON