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Pierre Mansat et les Alternatives

Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

> Grand Paris: le retour des Jacobins, une tribune dans Libération

Un peu court, non?......
Grand Paris : le retour des jacobins

Tribune

 

 

 

Le Grand Paris vise à assurer la redynamisation de l’Ile-de-France à travers des investissements massifs dans les transports collectifs. Son fer de lance est la création d’un métro automatique de grande capacité : une rocade en double boucle de 130 kilomètres comportant une quarantaine de gares, pour un coût de 14 milliards d’euros. Quoi qu’on en pense sur le fond, ce projet constitue une attaque frontale de la décentralisation.

 

La réflexion a été portée par l’Etat, sans les collectivités locales, avec la création d’un secrétariat d’Etat chargé du Développement de la région capitale, confié à Christian Blanc. Elle aboutit à un projet en opposition explicite avec le schéma directeur de la région d’Ile-de-France (Sdrif). Les collectivités locales y défendent une priorité à la rénovation-extension des réseaux existants (ligne 13, RER, tangentielles, tramway). Elles y défendent également la créaton d’une nouvelle infra-structure, un projet de rocade ferroviaire «Arc Express» incompatible avec le Grand Paris.

D’abord, Arc Express est localisé en zone dense, alors que le métro du Grand Paris est de plus large rayon et dessert pour partie des zones non densément urbanisées - en contradiction avec la redensification urbaine exigée par la lutte contre le réchauffement climatique. Surtout, il y a une opposition de philosophie. Avec le Grand Paris, les transports collectifs sont mobilisés pour conforter la compétitivité économique de l’agglomération : ils assurent la desserte des seuls aéroports, gares et grands centres économiques et scientifiques. Avec Arc Express, les transports collectifs servent en priorité à la cohésion sociale : il s’agit de desservir l’ensemble des territoires traversés et d’assurer la mobilité de tous les Franciliens. La vision de la «ville-monde» hors-sol s’oppose ainsi à celle de la «ville à vivre» et de la «villes des liens».

La mise en œuvre sera assurée par l’Etat, à travers un établissement public, la société du Grand Paris. Cet établissement siphonnera une bonne part des compétences de transports des collectivités locales, aujourd’hui exercées au sein du syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif). Il récupérera aussi leurs compétences d’urbanisme, notamment le droit de préemption prioritaire, pour déployer les infrastructures et assurer les opérations d’aménagement, notamment autour des gares, dont les plus-values doivent participer au financement du projet. 35 000 hectares répartis sur plusieurs centaines de collectivités doivent ainsi être recentralisés.

Le Grand Paris est l’aboutissement d’une volonté de reprise en main de l’Etat sur l’espace francilien. Il vient après plusieurs passes d’armes significatives : les velléités répétées de recentraliser le Stif ; le refus du gouvernement d’approuver le Sdrif pourtant largement concerté et négocié ; ou encore le veto présidentiel à la reconnaissance de Paris Métropole, ce forum d’élus locaux qui cherche à créer un dialogue francilien non-partisan. Le Grand Paris n’est pas un acte isolé : c’est un acte politique fort. Il marque le retour des jacobins.
Cette tribune est publié par la Fondation
Terra Nova

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