Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Paris Metropole
  • Paris Metropole
  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
  • Contact

Coups de coeur

Recherche

Texte libre

2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 11:51

 

Une ambition régionale et métropolitaine au service des habitants

Grand Paris

Par Eliane Assassi, Bernard Vera, Brigitte Gonthier-Maurin / 1er novembre 2012

Eliane Assass, Brigitte Gonthier-Maurin, et Bernard Vera (maire de Briis-sous-Forge, ancien Sénateur de l’Essonne) sont tous trois anciens membres de la commission spéciale sur le projet de loi du Grand Paris.

En 2008, le président Sarkozy a initié son projet pour la région capitale, qu’il a dénommé « Grand-Paris » s’articulant autour de la construction d’un métro automatique reliant les principaux pôles métropolitains d’Ile de France. Suite au blocage du SDRIF par ses services, le lancement d’une grande consultation internationale sur le devenir de la région capitale lui permettait de reprendre la main sur l’imaginaire collectif de la construction métropolitaine.

La réflexion menée par le travail des dix architectes missionnés, a suscité l’enthousiasme. Les élus et les habitants se sont emparés de ces questions : Comment construire la ville de demain ? Comment permettre que la construction urbaine soit l’occasion de création de richesses, permettant de mieux répondre aux besoins des franciliens ? De quelle manière mieux articuler ces besoins en termes de logements, d’emploi, de mobilité, de loisirs dans un espace urbain plus vaste doté d’une identité nouvelle ?

De toutes ces problématiques a émergé un projet de loi à la visée plus restrictive, limitée au réseau de transport et à la création de la SGP (« Société du Grand-Paris »), pilote de l’Etat pour la reprise en main de l’aménagement urbain autour des futures gares. Projet de loi d’inspiration également profondément libérale puisque la justification de la création d’une nouvelle unité urbaine ne trouvait fondement que dans la compétition internationale avec les autres métropoles européennes.

Pourtant, et c’est la force de l’intervention des citoyens, les débats menés avec la population et les élus ont ramené ce projet à sa dimension essentielle, celle de répondre aux besoins des franciliens. Précisément, la nature du projet de transports, a sensiblement évolué puisque le nombre de gares a quasiment doublé, et qu’un plan de financement a pu faire l’objet d’un consensus entre l’Etat et la Région.

Depuis, un rendez-vous politique majeur (les élections présidentielles et législatives) ont sorti Nicolas Sarkozy et ses amis des responsabilités, et une nouvelle majorité - de gauche - a pris en main la poursuite de ce projet. Comment travailler alors dans ces conditions nouvelles pour aller plus loin encore dans la construction d’une visée métropolitaine qui soit réellement une avancée pour les franciliens ?

Tout d’abord peut-être en recherchant ce qui a déclenché l’intérêt des habitants. Cette idée même que le changement urbain pouvait leur être favorable. Si précisément le Grand Paris a fait rêver, c’est qu’il y a une impérieuse nécessité à repenser la ville non comme source d’exclusion, de ségrégation sociale ou territoriale, mais une ville à la mixité des usages, des populations et des pratiques, une ville à portée humaine où chacun compte pour un. C’est à cet enjeu crucial que nous devons répondre, à partir des femmes et des hommes qui vivent et qui travaillent sur ce territoire.

Aujourd’hui la question de la gouvernance est très prégnante dans les débats et ce, notamment dans le cadre de la future loi de décentralisation, où l’on voit se profiler la construction d’une nouvelle instance supra-communale de type « métropolitaine »... Mais pourquoi institutionnaliser des pouvoirs, des modalités d’exercice du pouvoir, qui indiquent forcément des mécanismes de contraintes, avant même de définir la base commune d’un projet de territoire métropolitain ? N’avons-nous pas toujours soutenu que la libre coopération des collectivités était la condition même de la validité, de l’efficience de tout projet intercommunal, à l’échelon de bassin ou de métropole ?

Ensuite, poser la question de la réponse aux besoins, et ils sont nombreux, suppose de trouver des moyens nouveaux et donc des financements. Sous l’ère Sarkozy le mot d’ordre était celui du désengagement de l’Etat. Le financement de ce projet reposait donc en réalité, puisque les sommes d’Etat qui devaient être affectées au Grand-Paris ne l’ont jamais été, sur des prélèvements sur les Franciliens et les entreprises franciliennes, et sur les investissements privés, ouvrant la voie à un recours accru aux partenariats publics privés et donc à une perte de maîtrise publique.

Aujourd’hui ces problématiques se posent dans un contexte sensiblement différent et nous attendons légitimement d’une majorité de gauche qu’elle s’engage pour le réinvestissement de l’Etat au niveau des services publics essentiels, qu’ils soient de transport, de logement, de formation et ce, sur l’ensemble du territoire francilien. Nous attendons de l’Etat qu’il assume ses compétences au nom de l’égalité des territoires, au nom même de l’unité de la région francilienne. Cette exigence est forte notamment en terme de financement des transports régionaux au regard de l’enjeu de modernisation et de renforcement des transports publics en Ile-de-France. Il y a urgence également pour permettre la réindustrialisation de la région capitale et son essor économique, mais pour cela il faudrait avoir le courage de sortir des logiques libérales de court terme reposant sur la concurrence et la compétition entre les hommes et les territoires.

Et enfin, peut-être parce que ce sont les habitants qui font Métropole et non l’inverse, qu’il faudrait poursuivre cet échange avec tous, dans les territoires au plus près des réalités locales et des besoins. Réengager le processus de définition d’un projet urbain au service des habitants en remettant tous les acteurs autour de la table : l’Etat, la Région, les départements, les communes, les syndicats, les associations… et les Franciliens.


Partager cet article

Repost 0

commentaires