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Pierre Mansat et les Alternatives

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> "Grand Paris: l'État et la région se rapprochent" sur Le Figaro.fr

Grand Paris: l'État et la région se rapprochent


Par Sophie de Ravinel
21/05/2010 |
 

Députés et sénateurs se sont accordés jeudi pour ne pas bloquer le projet Arc Express de transport soutenu par l'Ile-de-France. 


Cliquez sur l'aperçu pour agrandir l'infographie.

Le Grand Paris a été sauvé, comme l'honneur des acteurs. Jeudi à l'heure du déjeuner, le secrétaire d'État Christian Blanc et le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, ont levé leur verre à la santé de leur projet de transport respectif. Chacun de son côté. Mais l'un comme l'autre pouvait se dire satisfait de l'accord trouvé par les parlementaires lors de la commission mixte paritaire qui s'est tenue jeudi matin. Un premier pas qui devrait permettre à l'État et la région d'enterrer la hache de guerre.

Plus question de suppression du projet de la région Arc Express -60 km de métro sur deux arcs, à proximité de Paris, étroitement maillé avec le transport existant- comme l'avait préconisé un amendement du sénateur centriste Yves Pozzo di Borgo, au prétexte que les deux projets se confondent à 90%. Grâce à un amendement de l'UMP Yves Albarello, rapporteur du projet à l'Assemblée, le débat public sur ce projet défendu par Jean-Paul Huchon aura bien lieu. Et dans un délai de quatre mois. Soit exactement le même délai que pour le projet de double boucle de métro de Christian Blanc. Ce projet -130 km de métro, plus rapide et plus éloigné de Paris, destiné à relier entre eux des pôles de développement économique- est au cœur de la loi Grand Paris qui devrait être définitivement adoptée la semaine prochaine.

Ces dernières semaines, l'Élysée a joué un rôle clé pour sortir du bras de fer qui opposait Christian Blanc à Jean-Paul Huchon. Sans compter la gestion des tensions au sein même du gouvernement où le secrétaire d'État chargé du Développement de la région capitale est pointé du doigt pour sa tendance à faire cavalier seul. À cela s'ajoutent des études techniques -dont certaines émanent d'organismes sous la tutelle de l'État, comme l'Insee ou la Direction générale de l'équipement d'Ile-de-France- qui remettent en cause les études de Blanc affirmant, entre autres, la création d'un million d'emplois d'ici à quinze ans.

Chantier présidentiel oblige, le secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant a donc repris la main, en recevant notamment à deux reprises les directeurs de cabinet de Jean-Paul Huchon et du maire de Paris, Bertrand Delanoë. «Le président est déterminé à aller au bout du chantier du Grand Paris», dit-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, en précisant: «Nous serions ravis de travailler avec toutes les collectivités concernées car le résultat serait meilleur. Mais si ça n'est pas possible, la loi nous donne malgré tout les moyens d'avancer.»

 

Une «avancée indiscutable»

La région se dit prête à jouer le jeu des négociations, mais attend en retour que son schéma d'aménagement en attente à Matignon soit transmis au Conseil d'État. Jean-Paul Huchon s'est félicité jeudi d'une «avancée indiscutable», tout en assurant que «le projet reste ce qu'il est sur le fond, élitiste, favorisant la spéculation, niant le rôle des collectivités locales».

Au cabinet de Christian Blanc où l'on se réjouit d'un texte jugé «efficace et très équilibré», on promet la publication des deux principaux décrets d'application avant l'été -celui concernant la Société du Grand Paris, SGP, chargée de la conduite des travaux et celui concernant l'établissement public du plateau de Saclay- et le lancement des débats public «dès septembre». On affirme encore que la mise en service du réseau de transport se fera en 2023. Coût estimé des travaux: entre 21 et 25 milliards d'euros.

La détente a dû encore réjouir un autre acteur: Bertrand Lemoine, à la tête de l'Atelier international du Grand Paris. La région refusait d'y siéger, empêchant son inauguration par Nicolas Sarkozy. Les choses pourraient changer sous peu.

 


 

Un maire UMP bientôt à la tête de Paris Métropole?

Plusieurs fois, Nicolas Sarkozy a souhaité que Paris Métropole, l'assemblée des collectivités franciliennes créée par Bertrand Delanoë s'implique dans le Grand Paris. Et ce, malgré les critiques de certains élus UMP, dont Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine, qui dénoncent les statuts jugés favorables à la gauche de cette structure voulue par le maire PS de la capitale.

Bertrand Delanoë s'est ainsi réjoui du maintien d'Arc Express, «porté depuis des années par les élus franciliens de droite et de gauche». Mais il dénonce la création de la Société du Grand Paris, «où l'État, majoritaire, pourrait décider contre l'avis des communes de projets d'aménagement urbain de 50 ha autour des nouvelles gares».

Sénateur UMP et membre de Paris Métropole, Philippe Dallier s'est félicité «de la recherche sincère d'un compromis». Pour lui, si le projet de Blanc «est un pari risqué, ne rien faire serait plus risqué encore». Quand au maire UMP de Nogent-sur-Marne, Jacques J. P. Martin , il loue le travail de coordination de la préfecture d'Ile-de-France, mais «rêve de plus d'entente et de coordinations entre tous…». Signe de détente? Jacques Martin pourrait prendre prochainement la présidence de Paris Métropole.

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