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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 15:03

Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames Messieurs les Ministres
Messieurs les Préfets,
Monsieur le Directeur général de la Caisse des Dépôts ;
Mesdames, Messieurs les Maires de Plaine Commune et membres du conseil communautaire
Mesdames, Messieurs les élus
Mesdames, Messieurs représentants des associations, acteurs économiques, culturels, partenaires de Plaine Commune


Nous sommes aujourd’hui accueillis à la Cité du Cinéma, à Saint-Denis, en toute proximité de Saint-Ouen et de L’Ile-Saint-Denis, cité qui ouvrira ses portes en mai prochain après plus de 10 ans de maturation et de chantier. Cela me réjouit particulièrement pour 2 raisons. D’’abord parce que j’ai soutenu sans défaillir ce projet que Luc Besson est venu me présenter alors que j’étais Maire de St Denis. Mais aussi parce que la cité du cinéma sera un des fleurons du territoire de la culture et de la création, territoire qui fait aujourd‘hui l’objet d’un CDT dans le cadre du Grand Paris. Merci sincèrement à Luc Besson,  Europacorp et à Vinci qui ont accepté de nous accueillir aujourd’hui.
Cette signature aurait aussi bien pu se dérouler en d’autres lieux emblématiques du développement de notre territoire, au Nord par exemple, à Pierrefitte, Stains, Epinay ou Villetaneuse tant les projets y sont nombreux.
Je souhaiterais me féliciter en tant que président de Plaine Commune du travail accompli dans l’écoute mutuelle, le respect de l’ensemble des acteurs pour arriver aujourd’hui à la première signature d’un accord cadre porteur de potentialités nouvelles pour le territoire et l’ensemble de la métropole parisienne.
Mes remerciements vont aux membres du comité de pilotage, que j’ai eu le plaisir (plaisir je pense partagé) de co-présider avec Monsieur le Préfet Canépa.
Le débat a parfois fait émerger quelques différences de vue, voire quelques divergences mais la recherche de la convergence a été permanente. Ce fut un bel exercice qui  nous a permis d’élaborer une vision partagée des enjeux et axes stratégiques du futur Contrat de Développement Territorial.
Je ne doute pas Monsieur le Premier Ministre que vous soulignerez dans votre intervention que le Grand Paris avance. C’est vrai et cet acte de signature en est témoin. Mais si le Grand Paris avance, c’est bien à partir de tous les territoires qui le composent à partir des 10 pôles de développement identifiés dans la loi Grand paris comme de tous les autres.
Il est hautement symbolique, que la première signature se fasse dans cette banlieue populaire, qui porte depuis 20 ans la question du renouvellement urbain, de la redynamisation économique et sociale. Un territoire qui a été dans les premiers à relever le défi du Grand Paris.
Le président de Paris Métropole que je suis a également la responsabilité, et ceci est partagé par l’ensemble de son bureau, de souligner que l’ambition quasi partagée d’une métropole solidaire, durable, multipolaire se nourrit du respect et de la considération de l’ensemble des territoires qui la composent, ceux inscrits dans un CDT comme ceux qui ne le sont pas afin que chacun amène son énergie, son regard, son intelligence à l’édifice métropolitain commun.
Et cela vaut pour tous les territoires qui font la métropole y compris la ville de Paris. Le Grand Paris ne se fera ni contre Paris, ni sans Paris.
C’est pour cela que je suis assez chagriné par certains débats qui fragilisent la dynamique actuelle portée par Paris Métropole ou par l’Etat via les Contrats de Développement Territorial. L’attente des franciliens est forte sur la question du Grand Paris. Nous avons donc une responsabilité collective de le construire. Aussi, nous ne pouvons pas nous permettre de tomber dans des considérations partisanes, sinon Monsieur le Premier Ministre, ni vous ni moi ne serions là aujourd’hui.
C’est avec cet état d’esprit que Paris Métropole s’engage à être attentif pour que les CDT s’inscrivent bien dans une logique de complémentarité, de cohérence entre eux, afin qu’ils soient synonymes de coopération et non de compétition. Nous devons travailler aussi sur les interstices entre les grands pôles de développement afin qu’aucun territoire ne soit laissé pour compte.

Mais revenons à Plaine Commune et à Saint-Ouen.
Dès 1985, préoccupés par l’avenir de « la Plaine » qui subissait de plein fouet la désindustrialisation,  les Maires d’Aubervilliers, de Saint-Denis, de Saint-Ouen créaient avec le Conseil général de Seine-Saint-Denis, le Syndicat intercommunal « Plaine Renaissance » pour envisager le renouveau du territoire. Puis ce fut la Charte des dix en 1999 et la création de Plaine Commune en 2000. Peut-être, le premier acte métropolitain.
Déjà, les élus locaux avaient saisi l’opportunité de l’arrivée du Stade de France et du développement économique qu’il devait entrainer. 
En créant Plaine Commune, nous décidions de développer solidairement l’ensemble du bassin de vie faisant profiter toutes les villes et par la même leurs habitants, du développement économique et des emplois induits.
Cette démarche ancienne et cohérente d’un projet de territoires partagé conduit, aujourd’hui, à la reconnaissance et l’identification de Plaine Commune comme pôle de la culture et de la création.

Je souhaite aussi rappeler que le SDRIF, actuellement en cours de révision, avait  déjà permis d’identifier Plaine Commune comme pôle de développement au sein de la métropole francilienne.
Ainsi, la banlieue, longtemps stigmatisée et oubliée, voire invisible, revient au premier plan. C’est la reconnaissance d’une terre d’innovation, un territoire riche de sa diversité, de ses 134 nationalités, de sa capacité créative, représentée aujourd’hui par ses acteurs locaux (culturels, économiques,  universitaires, artisans, artistes, responsables associatifs, citoyens engagés) qui nous font l’honneur de participer  à cette signature.
C’est forts de cette histoire, du dynamisme et de l’identité d’un territoire qui a toujours refusé la relégation et la résignation, que nous avons abordé la négociation de l’accord-cadre avec l’Etat.
Je veux rappeler ici d’où nous sommes partis et le chemin que nous avons parcouru, depuis la première rencontre avec le Secrétaire d’Etat Christian Blanc.


L’Etat partait d’une vision du Grand Paris autour de grands pôles économiques reliés par un système de transport. Nous arrivons dans l’accord cadre, à une vision partagée d’un développement solidaire comportant un  volet social, des volets culturels, démocratiques, urbains et de développement durable, tout en intégrant bien sûr les volets transports et économiques.
L’Etat partait d’une vision de cluster et de développement autour du pôle Pleyel. Nous arrivons à un projet qui s’appuie sur l’ensemble des villes de Plaine Commune, du Nord comme du Sud. C’est en quelque sorte le polycentrisme que nous avons décidé d’appliquer à notre propre territoire.
Si le hub Pleyel représente indéniablement un pôle d’entrainement avec une (si ce n’est la principale) gare du réseau Grand Paris Express avec pas moins de sept lignes qui s’y interconnecteront, plusieurs pôles d’intensité et de développement existent, notamment autour de la tangentielle Nord ou de la liaison Pleyel Bobigny via Aubervilliers.
Le dynamisme économique sans précédent que nous connaissons, avec 28 000 nouveaux emplois, doit bénéficier avant tout aux habitants. C’est tout le sens de la charte entreprise / territoire signée par plus de 110 entreprises qui instaure des relations partenariales privilégiées avec les acteurs économiques et qui  produit de réels effets.
Les grands chantiers réalisés ou en voie d’achèvement (Archives nationales, Cité du Cinéma, Centre Commercial du Millénaire, Centre-Ville d’Epinay)  mais aussi l’arrivée de grandes entreprises comme Véolia à Aubervilliers ou SFR à Saint-Denis et leurs milliers de salariés permettent aujourd’hui à des jeunes en insertion d’accéder à l’emploi. Ici même, sur ce chantier, ce sont 40 équivalents temps plein pour des jeunes du territoire qui ont été créés.
Dans notre Agenda 21 communautaire, nous avons également identifié quelques axes stratégiques autour de la formation de la ville apaisée, de l’innovation et la transition économique du territoire. Nous voulons favoriser un développement économique endogène, accompagner l’émergence d’acteurs de l’économie sociale et solidaire, d’une économie de proximité, de circuits courts, d’entreprises d’insertion. Loin de s’opposer à l’arrivée d’acteurs économiques de premier plan, cette approche est complémentaire. 
Le CDT que nous allons élaborer ensemble doit s’inscrire sans ambiguïté dans une volonté de réduire les inégalités sociales et spatiales. L’ambition est qu’il contribue à la construction d’une métropole multipolaire, solidaire et durable.


En est témoin la bataille que nous avons menée pour l’inscription d’une gare à la Courneuve sur le réseau du Grand Paris. Cette gare n’existait initialement sur aucun schéma mais nous avons su convaincre de son caractère indispensable pour desservir de nombreux quartiers dont la cité des 4000 et trois autres villes. Elle est désormais actée dans cet accord cadre et les études urbaines ont débuté.
Il était essentiel que le Grand Paris Express ne soit pas une sorte de corridor « gentrifié », reliant des pôles économiques entre eux et laissant les habitants sur le quai, condamnés à regarder passer des trains sans pouvoir les emprunter.
Il est d’ailleurs utile de saluer le sens de l’intérêt général du Président de la Région Ile de France Jean Paul Huchon et du Ministre du Grand Paris Maurice Leroy qui ont su sceller un accord pour l’avenir des transports en région Ile de France grâce au Grand Paris express. Un réseau qui relie tout à la fois les grands pôles de développement, à grande vitesse et qui permet aussi les liaisons de banlieue à banlieue qui font cruellement défaut. Et n’oublions pas l’extraordinaire participation des citoyens dans ce débat.
Notre territoire devient ainsi celui d’Ile de France ou le plus de chantiers de transports sont en cours, avec 3 lignes de Tram, la tangentielle Nord, le prolongement de la ligne 12 en attendant celui de la ligne 14, les 2 réseaux du Grand Paris Express et l’interconnexion TGV et nous l’espérons le prolongement du T8 au sud.
Permettez-moi d’aborder aussi la question de la gouvernance du Grand Paris. Celle-ci devra répondre à l’enjeu du droit à la centralité pour tous, du développement de la métropole multipolaire et solidaire.
Vous le savez, je préconise depuis longtemps l’idée d’une polycentralité innovante. Je me réjouis qu’elle soit de plus en plus partagée y compris par Paris. Il est important que  chacun appartienne à une centralité, à un lieu qui compte et ait accès facile à toutes les fonctionnalités de la ville. Chaque centralité travaillant avec les autres pour élaborer des politiques dans les grands domaines qui exigent cohérence. Bien sûr, le débat ne fait que débuter, c’est un des chantiers majeurs de Paris Métropole pour 2012 (avec celui du logement).
Pour notre part au Nord parisien, nous avons commencé ce travail qui bien qu’embryonnaire est porteur de sens.
L’Entente du Nord métropolitain que nous avons créée avec les CA Val de France, la CAVAM et Argenteuil Bezons vise à penser ensemble l’avenir et le développement de ces territoires à une échelle ou peuvent objectivement se construire des complémentarités et des solidarités.
Nous souhaitons bien sûr acter les financements qui accompagneront le développement autour des gares et plus largement du territoire de la culture et de la création. De grands enjeux nous attendent comme la maitrise du foncier autour des gares. Nous serons attentifs à ce que cette requalification se fasse avec et pour ses habitants, qu’elle ne rime pas avec exclusion et relégation.
Notre territoire est celui sur lequel s’est construit le plus grand nombre de logements dans les dernières années, en particulier des logements sociaux.
Nous signons des objectifs ambitieux avec l’Etat, notamment en matière de logement, mais exigeons comme contrepartie un engagement de l’Etat auprès des Maires bâtisseurs pour offrir aux habitants des équipements publics de qualité et en nombre suffisant.
Vous comprendrez aussi que nous ne pouvons pas concevoir que l’engagement de l’Etat dans un tel contrat de développement se fasse concomitamment à la remise en question d’un certain nombre de dispositifs dits « de droit commun » et qui sont essentiels: les politiques éducatives, les maisons de l’emploi, la politique de la ville pour n’en citer que quelques-uns. Je me félicite d’avoir obtenu un financement spécifique pour un CUCS communautaire.
Notre projet devra prendre appui sur un patrimoine culturel d’une exceptionnelle richesse. Il devra consolider ce qui est présent et favoriser l’accueil de nouveaux acteurs, développer de nouvelles pratiques, encourager les hybridations en faisant de la culture un élément de dialogue et d’articulation entre tous les volets du projet, en lui donnant une visibilité nationale et internationale.

L’objectif est de relever ensemble, dans les mois à venir, le défi d’élaboration d’un CDT qui favorise le développement urbain, social, écologique, culturel, tout autant que le dynamisme économique.
Ce défi sera aussi démocratique. Nous souhaitons le relever avec les habitants, pour l’instant peu associés aux problématiques du Grand Paris. Nous avons fait de la démocratie une dimension à part entière de cet accord cadre. Nous mettrons en débat, tout au long de l’élaboration du CDT, les enjeux de développement pour notre territoire. Nous bénéficierons pour cela de l’éclairage de notre Conseil de développement, particulièrement productif sur ce thème.


Bien que non signataires de l’accord cadre et du CDT, notre collaboration avec Paris, le Département et la Région Ile de France est essentielle. Nous souhaitons engager avec eux l’élaboration de conventions d’objectifs pour la mise en œuvre des grands axes stratégiques qui les concernent.
Avec Paris, nous travaillons étroitement et de manière constructive depuis  plusieurs années à l’aménagement des quartiers qui nous sont communs. Encore une fois, la mise en œuvre de ce CDT comme de tous les autres ne se fera pas sans coordination avec nos voisins et partenaires.
Je souhaite souligner également que tout cela ne serait possible sans le partenariat avec la Caisse des Dépôts et l’EPA Plaine de France qui nous accompagnent dans ce projet. Nous allons d’ailleurs signer, juste après la signature de l’accord cadre une convention avec M. Augustin De Romanet, Directeur Général de la Caisse des dépôts et Consignations et M. Hervé Dupont, Directeur Général de l’EPA Plaine de France.
Plaine commune continuera à faire entendre sa différence, son engagement sans faille pour les habitants qui méritent que l’ensemble de nos efforts visent à un développement social et humain.
La métropole de demain se construira ici comme dans chacun des autres pôles. Rien n’est écrit. Le pire comme le meilleur peut surgir. Mike Davies nous a mis en garde face à « cette ville qui peut être le pire des mondes possibles ».
Rappelons-nous que le droit à la ville, cher à Henri Lefebvre et qui est  plus que jamais d’actualité ; « n’est pas né d’une vision intellectuelle mais a bien émergé dans la rue, dans les quartiers, comme un appel au secours lancé par des gens opprimés en des temps désespérés ».  (David Harvey : Le capitalisme contre le droit à la ville)
Sachons redonner à ceux qui désespèrent de quoi se projeter dans le temps et dans l’espace, sans confiance aveugle, mais avec une participation critique. Sachons insuffler une multitude de possibles, des nuages de possibles.

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La dépèche AFP

SAINT-DENIS, 16 jan 2012 (AFP) - Le projet du Grand Paris a franchi lundi une nouvelle étape avec la signature à Saint-Denis, par François Fillon et des élus de Seine-Saint-Denis, de l’accord-cadre "Territoire de la culture et de la création" liant l'Etat, l'agglomération de Plaine commune et la ville de Saint-Ouen.

Le Premier ministre, accompagné des ministres de la Culture et de la Ville, Frédéric Mitterrand et Maurice Leroy, a assisté lundi matin à la présentation du projet de la Cité du cinéma, porté par le réalisateur et producteur Luc Besson, qui sera inauguré en mai et regroupera notamment l'école Louis-Lumière et des plateaux de tournage dans une ancienne centrale électrique entièrement réhabilitée.

Il a ensuite signé avec le préfet de la région Ile-de-France, Daniel Canepa, et des élus locaux le premier accord-cadre prévu dans le cadre du Grand Paris, lancé en 2007 par Nicolas Sarkozy, consacré au "Territoire de la culture et de la création".

"L'idée du Grand Paris se concrétise et, je dirais, se dessine de plus en plus nettement à travers des initiatives comme celle que je suis venu saluer aujourd'hui", a déclaré M. Fillon, futur candidat aux législatives dans la capitale.

Daniel Canepa avait déjà assuré il y a dix jours que le projet du Grand Paris n'était "pas en panne". Même s'il "s'inscrit dans la durée, 20 ou 25 ans, il avance dès à présent", avait-il dit.

Cet accord-cadre prévoit un regroupement des industries de la création (cinéma, audiovisuel...), autour d'un futur noyau de transports pour former une métropole éloignée de la "théorie froide du gigantisme", a assuré M. Fillon.

D'autres accords-cadre devraient être signés dans les prochaines semaines, a précisé le chef du gouvernement. "C'est une action qui n'a pas vocation à s'imposer ex-nihilo, comme parfois je l'entends dire de manière caricaturale", a assuré M. Fillon, écartant toute "logique de saupoudrage

"La crise ne doit pas nous dicter je ne sais quel repli. D'un côté, il faut tenir sérieusement et méthodiquement les dépenses de l'Etat, de l'autre, il faut miser sur de grands projets", a-t-il expliqué

 

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