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Pierre Mansat et les Alternatives

Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

> discours de P. Mansat à l'inauguration de "Architectures 80, une chronique métropolitaine"

 

Inauguration « Architectures 80, une chronique métropolitaine »

 

 

>    L’exposition montée par Soline Nivet et Lionel Engrand invite à un voyage dans un temps qui semble à la fois si proche et si lointain.

 

En ce sens, l’exposition tente un vrai tour de force. Rendre compte d’une époque suffisamment proche pour que beaucoup d’entre nous aient connu ces lieux, ces bâtiments avant leur transformation. Et montrer également le passage du temps, la maturation des esprits. L’intention peut être confrontée au passage des années.

 

L’intérêt de cette exposition est donc d’abord d’avoir pris le risque de cette histoire immédiate, d’avoir plongé dans notre histoire, l’histoire, pour une partie d’entre nous, de notre entrée sur la scène. Nous ne le savions pas vraiment, mais un concours de circonstances politiques (un président bâtisseur, une génération à maturité, la décentralisation, un nouveau droit de l’urbanisme, une redécouverte de Paris) créait les conditions d’un vrai renouvellement.

 

Une des richesses du parti pris de l’exposition est de donner à voir le foisonnement d’une décennie. De distinguer les lignes de force, les ruptures de long terme, mais sans les dégager complètement de leur actualité, des débats qui les ont accompagnés.

 

>    Car les années 80 sont d’une surprenante actualité. Et toute cette décennie miroite fortement avec les questions qui nous traversent

 

Les années 1980, c’est tout d’abord l’architecture qui se réinvente.

 

Beaucoup d’entre vous ont commencé à construire et à exprimer avec conviction une liberté renouvelée donnée à l’architecture ; cette liberté, vous pouvez la voir sur les murs de cette expo et dans l’ouvrage. Le débat entre courants est fort, et structurant, mais il semble alors favoriser l’éclosion de possibilités renouvelées.

 

C’est en effet l’affirmation de la diversité en architecture. Parcourir l’exposition, c’est avoir la possibilité d’observer autant d’intuitions différentes de ce qu’est l’architecture. L’esthétique souvent nous interpelle encore, la scénographie de l’exposition nous plonge au cœur de cette diversité.

 

Vous savez combien il est difficile de prendre position sur les périodes récentes de nos patrimoines : le temps est là pour cela et comme le disent les commissaires Soline Nivet et Lionel Engrand, ce n’est que le début d’une longue exploration.

 

Une exploration dans laquelle l’Arsenal continue de jouer un rôle précurseur, sous la houlette de Dominique Alba et Alexandre Labasse.

Les architectures 80, ce sont aussi tous ces concours qui ont mis l’architecture française sur la scène internationale

 

Les grands projets du président bien sûr, avec la pyramide du Louvre, La BNF, l’arche de la défense…. Mais aussi le parc de la Villette, le parc André Citroën et des dizaines de concours partout dans les  villes nouvelles, dans Paris sur tous types de programmes.

 

La presse s’empare de l’architecture comme d’une nouvelle star.

Les expositions fleurissent, la ville bouge. Ce n’est pas évidemment pas un hasard, si l’Arsenal, né à la fin de cette décennie, est le premier à lancer ce regard rétrospectif, à la fois critique et affectif.

 

L’Arsenal [ Anne José Arlot ] est un lieu qui a accompagné cette émergence de l’architecture et qui a promu le rapprochement des intelligences créatrices. les artistes ne sont pas d’ailleurs pas absents : les colonnes de Buren, l’axe de Cergy pontoise, l’emballage du pont neuf…. Et le défilé de jean paul Goude sur les Champs-Elysées pour le bicentenaire de la révolution française.

 

 

>    Cette ébullition est aussi une prise de conscience plus politique

 

Les années 80 permettent d’interroger la place de l’architecture (et de l’architecte) dans la cité. Bien sûr, la place médiatique de l’architecte est bouleversée. Mais c’est un architecte dans la cité, qui participe au débat.

 

Pour un élu parisien, il est même assez étonnant de constater la manière dont ces architectes s’emparent de questions politiques, ouvrent de nouveaux fronts, en essayant de penser « une nouvelle urbanité ».

 

Cette entrée sur la scène politique est bien sûr le fruit d’un véritablement bouleversement ; tout le cadre législatif a bougé : les maires délivrent les permis de construire en 1983, les lois de la décentralisation en font des acteurs du développement urbain, c’est la généralisation du plan d’occupation des sols.

 

Plus largement, les citoyens s’invitent dans le débat. Une relation nouvelle s’établit entre les architectes et les habitants. Mieux informés, ces derniers deviennent des acteurs à part entière des choix urbains et architecturaux. Le débat quitte le champ fermé des experts, les architectes entrent en politique.

 

Une des illustrations en est Le débat métropolitain. Roland Castro et Michel Cantal-Dupart lancent en 1983 l’appel à banlieue 89, suivis, en 1988, par le groupe 75021 pour une métropole nommée Paris.

 

Si les années 1980 ont cette actualité, c’est que les débats qui ont été ouverts, avec vigueur et fraîcheur, ne sont toujours pas clos.

Et les espoirs qu’ils soulevaient sont toujours-là.

 

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