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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 20:31

La revue du Grand Paris des savoirs

 

Quoi qu’il en soit du devenir politique de Paris, entendu dans toutes ses configurations possibles (mégapole, métropole,département, intercommunalité, région, centre historique... (lire p. 2, le texte de Philippe Subra) ; quoi qu’il en soit des décisions prises, avortées ou repoussées, les actions entreprises depuis bientôt six ans ne peuvent laisser indifférent.
Elles ont troublé les esprits et créé des attentes, mais surtout elles ont modifié les représentations de ce que Paris est et peut devenir. On se souvient qu’à l’exposition des projets d’architectes à la Cité de l’architecture, le projet de l’architecte AntoinebGrumbach avait particulièrement retenu l’attention des visiteurs en mettant l’accent sur la dimension physique et sensible de ce qu’on appelait déjà le Grand Paris : en suivant l’axe de la Seine, celui des peintres impressionnistes, en remontant vers Le Havre ou Caen, en passant par Rouen, Paris regardait vers le Grand Ouest, vers la mer... et le Parisien qui lève le nez vers le ciel sait que les mouettes remontent elles aussi vers Paris durant l’hiver mais dans l’autre sens. Paris regardait vers son dehors géographique mais il fallait que ce mouvement centrifuge s’accompagne d’un mouvement centripète, il fallait que
les couronnes les plus lointaines de l’aire urbaine ne se détachent pas du centre et que s’instaure un double mouvement
continu. Il fallait que les flux et les reflux portent et dynamisent le projet du Grand Paris qui ne peut se résumer à une simple extension des territoires. C’est dire qu’au-delà de l’affaire politique et urbanistique, le Grand Paris c’est aussi, et peut-être avant tout, une affaire d’imaginaire et de représentation. Tel est le sens de cet ensemble, «
le Paris de tous les savoirs », qui excède volontairement une approche savante et élitiste.
Reste que nous abordons quand même le Paris des savants, des universitaires, le Paris des étudiants trop longtemps oublié, le Paris de ceux qui recourent de manière sérieuse ou ludique aux outils virtuels comme aux bibliothèques bien « en dur ». Car les savoirs c’est aussi cette capacité d’attraction, cette volonté d’excellence sans lesquelles le développement et l’innovation sont si difficiles à favoriser, mais cela n’implique pas de concentrer le rapport au savoir en le cachant dans des pôles ou des hubs. On l’a compris, l’erreur serait de réduire le Grand Paris de tous les savoirs à la seule intelligence abstraite et conceptuelle alors que l’image de Paris est aussi marquée par les artistes, les écrivains (de Hugo à Sartre), des cinéastes (de Truffaut à Rohmer), des peintres (la génération de Montparnasse), et surtout par ses habitants.
C’est justement ce que nous ont appris ces premiers temps de l’aventure du Grand Paris. On en appelle à une autre représentation que celle de la politique ou du plan d’urbanisme. Ce Grand Paris, ce sont des initiatives culturelles où les usages les plus quotidiens croisent des pratiques artistiques qui oscillent entre la discrétion et l’exhibition. Ce sont des pratiques habitantes qui valent par elles-mêmes, celles dont les mobilités se modifient au rythme de la constitution des métropoles.
Le Grand Paris de tous les savoirs, c’est la compréhension que le fait d’habiter traverse toutes les dimensions de la vie et la pluralité des modes d’expression de l’espace, c’est le rappel constant qu’il n’y a pas que la ville propre et visible, qu’il y a aussi de l’impropre, des lieux gris et invisibles qu’il faut apprendre à voir et à respecter. Les savoirs du Grand Paris, c’est la prise en compte d’une autre appréhension de l’urbain, la conviction qu’il faut réinventer la condition urbaine et l’esprit de la ville à l’heure des métropoles et des mégapoles. C’est donc la capacité de tirer les leçons des erreurs, malentendus et succès qui font déjà l’histoire du Grand Paris.
Le Grand Paris a tout à apprendre de lui-même mais aussi d’autres villes : de Barcelone, de Berlin. C’est pourquoi un regard extérieur était si important pour clore cet ensemble : le Grand Paris rappelle que toutes les villes s’entremêlent. Le Grand Paris, c’est une autre manière de regarder la ville et les villes d’Europe et du monde.
Olivier Mongin

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