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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 16:51

La baisse des dotations doit être plus progressive "

Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, considère qu'il " faut faire confiance aux collectivités "

 




Anne Hidalgo, la maire de Paris, annonce qu'elle engage " un plan d'économies sans précédent " pour la capitale. Des directions seront supprimées au sein de l'administration locale et des départs à la retraite ne seront pas remplacés.



Le premier ministre a " pris acte ", le 13  octobre, de la proposition que vous portez avec la majorité des élus franciliens pour modifier la loi sur la future Métropole du Grand Paris. Mais il a émis des réserves sur votre scénario. Les désaccords sont-ils surmontables ?

Je pense que nous allons dans le bon sens. Je suis satisfaite de voir que Manuel Valls considère la solution de compromis proposée par les élus comme la base de départ du débat qui va s'engager au Parlement sur la révision de la loi qui régit aujourd'hui la Métropole du Grand Paris. Je me suis beaucoup impliquée dans la recherche de ce scénario, qui a été adopté par 86  % des élus de la métropole.



La fiscalité de la Métropole reste la pierre d'achoppement ?

Il y a un débat sur la maîtrise des ressources fiscales. Je reste opposée à la mutualisation de l'ensemble de la fiscalité économique dès 2016 au niveau de la Métropole. Ce système aboutirait à une hausse des impôts sur les entreprises dans certains départements et notamment à Paris. Je ne peux pas l'accepter.



Que pensez-vous de l'abandon de l'écotaxe ?

Je trouve très regrettable que l'on revienne sur cette mesure, alors qu'il y a une urgence de santé publique. L'écologie ne peut pas être que punitive, mais pour engager la transition écologique il faut des signaux forts à l'adresse des professionnels et de nos concitoyens. A Paris, nous étions prêts puisqu'une délibération avait été adoptée en ce sens et que les portiques étaient installés sur le périphérique. Il faut faire confiance aux collectivités pour mettre en place un dispositif qui dissuade les transporteurs routiers de transiter par leur territoire. Je suis prête à aller discuter avec les routiers s'il le faut !



Martine Aubry a-t-elle raison de prédire une " nouvelle catastrophe " sociale cet hiver à cause de la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités ?

Cela fait des mois que je le dis : la baisse des dotations devrait être plus progressive pour ne pas porter atteinte à l'investissement des collectivités qui porte la croissance et l'emploi. J'ai dit au président de la République et au premier ministre qu'il fallait mettre autour de la table les investisseurs publics et privés pour définir ce qu'était un investissement productif.



Les collectivités ne doivent faire aucun effort de rigueur ?

Bien sûr que si ! Mais peut-on licencier des fonctionnaires ? Non, et heureusement ! La seule variable d'ajustement dans l'administration est celle du non-remplacement des départs à la retraite. Or faut-il supprimer les postes de puéricultrices qui travaillent dans des crèches et ceux des agents de la propreté ? Bien sûr que non !

La gauche a porté la décentralisation. Elle doit cesser d'avoir une vision caricaturale des collectivités. Les villes ne sont pas uniquement causes de problèmes. Elles sont porteuses de solutions. Malheureusement, dans un pays jacobin comme le nôtre, on considère qu'il suffirait que la haute administration française gère le pays depuis Bercy pour que les choses aillent mieux !



Partagez-vous les critiques des parlementaires du PS " frondeurs " sur la politique économique du gouvernement ?

Je ne m'inscris pas dans ce débat. Je ne suis l'instrument de personne. Mais si nous avons ce débat sur les dépenses des collectivités, c'est bien à cause aussi des contraintes posées par Bruxelles. Nous devons engager le rapport de force au niveau européen pour obtenir que les investissements productifs sortent du calcul de l'endettement public de chaque pays comme le demande le président du conseil italien, Matteo Renzi.



Que pensez-vous du débat sur la réforme du système d'indemnité du chômage ?

J'ai été choquée par les déclarations du ministre de l'économie, Emmanuel Macron. Il faut faire preuve d'un peu de décence. Le sujet, c'est de créer de l'emploi et non de diminuer les allocations chômage.



Comment allez-vous boucler votre budget pour 2015 ?

J'élabore mon budget dans un contexte très contraint. Paris consacrera 440  millions d'euros en  2015 – contre 370  millions l'an dernier – à la solidarité régionale et surtout nationale. Dans le même temps, les dotations de l'Etat pour la capitale baissent de 200  millions. Nous devons donc engager un plan d'économies sans précédent, qui se situera entre 130 et 185  millions d'euros. Pour y parvenir, j'ai déjà amorcé par exemple une grande réforme de l'administration. Ce qui veut dire diminuer le nombre de directions, mutualiser certains services dans lesquels tous les départs en retraite ne seront pas remplacés.



Diriez-vous que la politique de Manuel Valls vous complique la tâche ?

Au contraire, je compte sur lui pour que le projet de revalorisation de la taxe de séjour qui dégagerait des recettes pour Paris et l'ensemble des collectivités qui l'appliqueront ne se solde pas par un nouvel échec au Parlement. Je suis sur le point de conclure un accord avec lui qui permettrait à la ville d'acquérir des terrains de l'Etat pour réaliser des logements, notamment sociaux. Le premier ministre me semble disposé à céder à la ville du foncier public dans des conditions financières plus favorables que dans la période antérieure. J'ai une relation fondée sur la franchise et la confiance avec Manuel Valls. Je sais qu'il a le souci de respecter Paris.



Allez-vous taxer davantage les Parisiens ?

J'engage une réforme des tarifs pour certains services publics tels que les cantines, les conservatoires. De nouvelles tranches de barème seront créées pour les foyers dont les revenus se situent au-dessus de 7 500  euros et en tenant compte du nombre d'enfants par famille. Je compte aussi augmenter les tarifs de stationnement des automobiles et des autocars pour dégager 60  millions d'euros de recettes de fonctionnement supplémentaires. Mais je le redis, je n'augmenterai pas les impôts des Parisiens.

Propos recueillis par Nicolas Chapuis, et Béatrice Jérôme

© Le Monde

 

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