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Pierre Mansat et les Alternatives

Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

> Dans le jdd, Ch.Devillers :« Il faut penser le Grand Paris à différentes échelles»

« Il faut penser le Grand Paris à différentes échelles»

Pour l'architecte et urbaniste Christian Devillers, membre du comité éditorial de

l'Observatoire de la Ville, instaurer de la proximité sera une condition de réussite de la

métropole. Il suggère de développer un nouvel échelon d'organisation, en phase avec le

quotidien des citoyens : le bassin de vie

Parler de proximité dans le Grand Paris, n'est-ce pas contradictoire?

Non puisque le Francilien est à la fois habitant d'un quartier, d'une commune, d'un territoire et

de la métropole. Il est donc essentiel de penser le Grand Paris à ces différentes échelles, de

leur permettre de coexister et de réfléchir à l'aménagement de l'espace en fonction de chacune

d'elles. Aujourd'hui, le niveau de la commune et celui, à l'autre extrême, de la métropole

existent bien, mais l'échelon intermédiaire fait défaut. Cela aurait pu être les départements

mais ils n'ont jamais su imposer leur identité.

La tendance actuelle est plutôt à la simplification de l'organisation territoriale. En

quoi un niveau supplémentaire est-il nécessaire?

Aujourd'hui, la mégapole représente une masse critique idéale aux yeux des économistes,

notamment en terme de compétition internationale. L'Île-de-France génère le tiers du PIB

français et forme un immense bassin de main-d'oeuvre. Mais elle est aussi synonyme de temps

de trajets longs, d'accès inégal aux équipements, aux commerces ou aux services. De plus, le

déséquilibre est patent entre Paris et la périphérie. Il existe bien quelques centres-villes

animés, mais la capitale demeure jusqu'ici la seule vraie centralité de la métropole.

Équipements culturels de prestige, établissements scolaires d'excellence, réseau dense de

transports etc. Paris concentre tout ce que la métropole peut offrir de meilleur, ce qui explique

d'ailleurs la hausse des prix de l'immobilier. Il y a un problème d'équité territoriale.

Quelle échelle intermédiaire permettrait de mieux répartir les forces

métropolitaines?

Cette échelle existe déjà dans les faits. Dans le cadre des recherches de l'Atelier International

du Grand Paris (AIGP), mon équipe s'est penchée sur les « bassins de vie ». Leur cartographie

est difficile à dessiner car ce sont des zones imbriquées qui, en réalité, ne se définissent pas

par leur périmètre mais par les flux qui les sillonnent. Nous avons en effet étudié les

déplacements domiciletravail des Franciliens et les trajets qu'ils effectuent pour leurs loisirs ou

leurs achats et nous avons identifié des territoires où une grande partie de la population vit,

travaille, sort et consomme. C'est par exemple le cas de l'ensemble

Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (350.000 habitants, 460.000 avec les communes

environnantes). Nous avons ainsi découpé l'Île-de-France en 40 bassins de vie, qui jouissent

d'un certain degré d'autonomie.

Ces bassins de vie doivent-ils absolument avoir une existence officielle?

Cette échelle doit être reconnue et dotée d'une gouvernance propre qui serait un moyen

puissant d'améliorer le territoire et d'instaurer un nouveau lieu de débat démocratique. Ainsi,

la communauté d'agglomération Plaine-Commune, en Seine-Saint-Denis, a fait du territoire de

Saint-Denis et de ses communes riveraines le deuxième pôle économique de l'agglomération

parisienne. Certes, la récente loi concernant la métropole a supprimé les intercommunalités

mais elles peuvent devenir des territoires dotés d'un statut juridique, de moyens et de

compétences propres. Ces territoires seront, par exemple, mieux à même d'organiser les

transports de proximité qui manquent aujourd'hui : il est partout plus rapide de se rendre à

Paris en transport en commun que dans la commune voisine. Cette échelle intermédiaire

pourrait aussi avoir des prérogatives en matière d'aménagement, de logement, d'équipements,

de développement économique, de lutte contre l'exclusion sociale et de développement des

services de centralité.

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