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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 10:02

A 50 ans, les départements menacés par la Métropole du Grand Paris

09/07/2014 18:17:00 

 

Par Sophie LAUTIER, avec les bureaux AFP d'Ile-de-France

 

 

  PARIS, 9 juil 2014 (AFP) - Les départements de la petite couronne parisienne fêtent jeudi leurs 50 ans et une maturité effectivement atteinte, un anniversaire toutefois brouillé par la perspective de leur disparition au sein de la future Métropole du Grand Paris.

"Les départements ont été l'instrument de la résurrection des territoires vécus" comme des terres "de relégation" par "Paris et l'État", déclare à l'AFP Patrick Devedjian, président UMP du Conseil général des Hauts-de-Seine.

Lui qui a organisé des festivités pour le cinquantenaire du 92 n'est pas peu fier de ce qu'il est devenu : "Quand j'étais maire d'Antony en 1983, mes administrés allaient au cinéma à Paris. Maintenant nous avons 55 théâtres dans 36 villes, les banlieues ont des équipements comparables à Paris."

Pour Christian Favier, son homologue communiste du Val-de-Marne, le département a "apporté une réponse publique beaucoup plus proche pour les habitants et un système plus démocratique". Il met l'accent sur la gestion des collèges (barèmes de cantine, ordinateurs portables remis aux élèves), la multiplication des crèches, un soutien à la création artistique et la création de 22 parcs départementaux.

Selon le géopolitologue Philippe Subra, "Paris était perçu par la banlieue comme une puissance impérialiste qui exportait ses pauvres et ses nuisances et Paris percevait la banlieue comme un espace menaçant à cause de la ceinture rouge".

Un dégel des relations Paris-banlieue a été amorcé à partir de 2002 par Bertrand Delanoë, premier maire de gauche de la capitale. Et puis l'hypothèse d'une métropole, rebattant encore les cartes, est venue compliquer le jeu.

MM. Devedjian et Favier s'inquiètent en effet de la naissance annoncée au 1er janvier 2016 de la Métropole du Grand Paris, sur un périmètre englobant Paris et la petite couronne et recréant peu ou prou l'ancien département de la Seine.

La "plus grande crainte" de M. Favier est "une perte d'efficacité en matière de gestion de proximité et de réactivité" si les compétences du département disparu sont redistribuées. "Ordures, conservatoires de musique, piscines: un parent va se rendre à un bureau qui s'adresse à plus de 6 millions d'habitants ?", renchérit M. Devedjian.

- Patriotisme départemental -

Mais ce qui ulcère surtout le ténor UMP, "c'est qu'au bout de 50 ans, les uns ont creusé le trou tandis que les Hauts-de-Seine ont valorisé leur territoire".

La pierre atterrit dans le jardin de la Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France, mais sans atteindre son président, Stéphane Troussel (PS), successeur de Claude Bartolone, qui avait ravi le 93 aux communistes en 2008.

"Il faut que la future métropole nous permette de lutter contre les inégalités qu'on n'a pas réussi à combattre pendant 50 ans. C'est dans l'intérêt de tous car aujourd'hui nos territoires sont interdépendants", fait-il valoir à l'AFP.

"Historiquement, les départements se sont construits par rapport au centre (Paris) mais, en fait, ce découpage en pétales autour d'un coeur a anticipé l'évolution du comportement des Franciliens en rocade et dans la périphérie", analyse Philppe Estèbe, géographe.

Pour M. Estèbe, la métropole ne rimera pas avec recentralisation, un épouvantail agité par "posture politicienne" car "Paris en soi n'existe pas, Paris est un morceau du système francilien organisé par le réseau de transports".

"Aujourd'hui, les départements ont vraiment pris consistance" au point qu'un "patriotisme départemental s'est construit", estime le géographe. "Le +9-3+, ça existe, avec son identité de banlieue populaire, ses problèmes et ses potentiels", abonde son confrère Philippe Subra, "tout comme le 92 a une identité forte dans sa partie bourgeoise et à cause des affaires politico-financières". Quant au 94, "plus complexe", son identité s'est forgée autour "d'un projet de transport -Orbival- construit avec les élus de droite, la population et les entreprises".

"Ça serait intéressant, à l'occasion des 50 ans et de la perspective de la Métropole, que les départements s'interrogent collectivement sur le type de centre dont ils ont besoin", conclut Phillipe Estèbe.

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