Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Paris Metropole
  • Paris Metropole
  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
  • Contact

Coups de coeur

Recherche

Texte libre

30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 13:25

Un article de l'Humanité qui rend compte de cette délégation.

  et une vidéo

 

Jacky Hortaut « J’ai serré Mumia contre moi »

Jacky Hortaut, coanimateur du collectif unitaire des soutiens à l’ex-condamné à mort, a pu le voir dans sa cellule. Il raconte. Appels à sa libération à Paris, Washington, Berlin, Mexico...

Le quartier de sécurité maximale de la prison de Greene paraît si loin désormais. Et pourtant, il n’y a pas si longtemps encore, Mumia Abu-Jamal croupissait dans le couloir de la mort de cet établissement pénitencier de Pennsylvanie. Le journaliste, injustement condamné à la peine capitale en 1982 au terme d’un procès bâclé, truqué, a quitté, en décembre 2011, cet « enfer », comme il le qualifiait. Fini l’isolement inhumain. Fini les visites menottées derrière une vitre en plastique. « Pour la première fois, j’ai pu le serrer dans mes bras ! » s’enthousiasme Jacky Hortaut. Cet animateur du collectif unitaire des soutiens français au prisonnier a pu rencontrer, lundi, pendant plus de deux heures, l’ancien condamné à mort, en compagnie de l’américaniste Claude Guillaumaud-Pujol. « C’était extraordinaire », témoigne-t-il bouleversé, lors d’un entretien téléphonique avec l’Humanité.

« Un homme plein de vie et extrêmement digne »

Jacky Hortaut a encore la tête pleine du plaisir de voir Mumia « en vrai », après des années de combat pour le sauver de l’exécution programmée. Le militant savoure ce « privilège », comme le « bonheur » de Mumia de pouvoir étreindre son épouse, ses enfants, et ses petits-enfants qu’il ne connaissait même pas. « Nous avons vu un homme plein de vie et extrêmement digne, dit-il. Notre discussion a porté sur les changements survenus depuis qu’il a quitté le couloir de la mort. »

Mumia Abu-Jamal résume ce bouleversement : « Tout, absolument tout a changé » depuis que le procureur Seth Williams a annoncé, le 7 décembre 2011, qu’il renonçait à saisir la justice de Pennsylvanie, mettant ainsi un terme à trente ans d’acharnement judiciaire. Une semaine plus tard, Mumia a été transféré à la prison pour hommes de moyenne sécurité de Frackville (Pennsylvanie). Durant les sept heures de voyage, il a pu revoir le monde extérieur, des paysages, des animaux. Des plaisirs simples dont il est privé depuis trois décennies. Mumia Abu-Jamal est désormais un détenu comme les autres.

Longtemps privé de la lumière du jour

Il vit le désagrément des cinq comptages quotidiens des détenus, mais aussi la félicité des sorties dans la cour de la prison. Lui qui a été privé si longtemps de la lumière du jour. « Il a fallu qu’il réapprenne à marcher après tant d’années de sédentarisation, rappelle Jacky Hortaut. C’est presque un exploit pour lui que de pouvoir se déplacer. » Mais, « le changement majeur est le contact avec les autres prisonniers ». « Cette socialisation, c’est-à-dire les rencontres physiques, lui a permis de retrouver une certaine normalité. Ses codétenus lui donnent une force de vie », insiste Jacky Hortaut. Il raconte que « Mumia est arrivé en vedette ». « Tout le monde le connaît dans la prison. Il nous a dit que l’administration avait d’ailleurs demandé aux prisonniers de ne pas trop le harceler car ils veulent tous le voir, lui parler, le toucher. »

Dans la salle commune aux détenus, la « voix des sans voix » est constamment interpellée. Ce surnom, il le tient de ses chroniques au vitriol contre une police et des autorités judiciaires gangrenées par la corruption. Le système carcéral n’est jamais parvenu à étouffer cette conscience critique. Au contraire, Mumia est devenu le symbole du combat abolitionniste. Il est reconnu comme tel par toutes les victimes d’une justice inégalitaire et raciste.

« Ses codétenus lui demandent des conseils juridiques car Mumia est devenu très fort en matière de droit », ajoute Jacky Hortaut, non sans sourire de la situation. Peu à peu, Mumia revient à la vie et espère « récupérer » une machine à écrire pour reprendre ses activités journalistiques. « Mumia est plus combatif que jamais, estime Jacky Hortaut. Il n’a jamais renoncé au combat pour sa libération et il entend bien le poursuivre. » Hier, à l’occasion de son 58e anniversaire, ses soutiens américains et internationaux se sont retrouvés à Washington, devant le ministère de la Justice, afin que les « autorités centrales, garantes de la constitution et des lois fédérales, reconnaissent le déni de justice » dont est il est victime. Ces autorités ont le pouvoir de débloquer une procédure judiciaire dans l’impasse et qui condamne le journaliste à la prison à vie. « Cette affaire n’a que trop duré, soutient Jacky Hortaut. Mumia Abu-Jamal est innocent. Il doit retrouver le chemin de la liberté. »

Rassemblement à Paris 

« Une seule justice pour Mumia : sa libération. » C’est sous ce mot d’ordre qu’ont eu lieu plusieurs manifestations à Berlin, Bruxelles, Mexico, Montréal. Hier, à l’occasion du 58e anniversaire de Mumia Abu-Jamal, des milliers de personnes, dont une délégation française, se sont retrouvées devant le ministère de la Justice dans la capitale des États-Unis. Ce soir, un sit-in a lieu à Paris, à 18 h 30, place de la Concorde, en présence de Jacky Hortaut, qui rendra compte de la manifestation de Washington et de sa rencontre avec Mumia. La délégation française était composée, entre autres, de Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, Mgr Jacques Gaillot, évêque de Partenia, Bernadette Hetier, du Mrap.

Cathy Ceïbe

Partager cet article

Repost 0
Published by Pierre MANSAT - dans Mes combats
commenter cet article

commentaires