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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 17:17

Un essai qui tombe à pic.                                                                         Peut-on encore croire aux pouvoirs des territoires, de la commune à l'Europe, en passant par les intercommunalités, les départements, les régions, les États, alors que les sociétés s'en affranchissent de plus en plus dans les comportements individuels comme dans les aspirations collectives ? Quels nouveaux défis sont posés aux mondes politiques des territoires (élus, administrateurs et techniciens, citoyens) par la mobilité, les réseaux, la pluralité territoriale, l'étalement urbain, la mondialisation ? Comment faut-il concevoir désormais le rôle des territoires dans l'action publique, quelles qu'en soient les échelles, dans un monde qui a tant changé ? En développant la thèse interterritoriale, cet essai apporte des réponses, tant théoriques que concrètes, scientifiques que politiques, qui interpellent tout le champ des sciences sociales, et au-delà, les citoyens territoriaux que nous sommes. Partant de constats critiques que chacun de nous peut faire, il renouvelle la pensée de l'espace géographique, notamment à travers la notion de tiers espace, fait le point de vingt ans de politiques territoriales en France, et esquisse l'agenda de 1'interterritorialité en actes.

 

C'est la quatrième de couv

 

Martin VANIER est géographe, professeur à l'Institut de Géographie Alpine de l'Université Joseph Fourier de Grenoble. Il a développé ses recherches depuis quinze ans dans le domaine des mutations territoriales et des politiques d'aménagement en France. Ancien élu municipal, il intervient comme expert auprès de diverses collectivités territoriales, en France et à l'étranger. Il est membre du laboratoire PACTE (Politiques publiques, Action politique, Territoires), qu'il a dirigé lors de sa création.

Extraits de la conclusion

L'hypothèse interterritoriale à l'origine de cet essai posait cinq questions qui ont chacune fait l'objet d'un chapitre, tous tendus vers l'enjeu politique du sujet.

 La première question était celle des raisons sociales de l'interterritorialité, y compris leur expression économique. Y voir la source de l'interterritorialité est un postulat dont on pourrait débattre. Par où le monde change-t-il ? Pour saisir la pelote des mutations, on est parti de l'individu : son espace de vie, la contestation qu'on devrait y lire un bassin, les temporalités de ses pratiques sociales qui complexifient ses inscriptions spatiales. Le sujet n'est pas neuf, il travaille une bonne part de la sociologie contemporaine qui a fait de la mobilité son nouveau ressort. Mobilité qui ne fait pas bon ménage avec la fixité qui caractérise par nature le monde des institutions politiques territoriales. Ce chapitre se termine par le choc avéré dont le monde économique est le théâtre, entre des acteurs de plus en plus labiles et transgressifs, et des régulateurs en mal de coordination et de logique systémique.

La deuxième question était posée à cette étape historique de l'urbanisation qu'on appelle la périurbanisation. Pourquoi ce phénomène qui court depuis plus d'une génération en France, et depuis plus de deux ailleurs, fait-il l'objet du désespoir récurrent de l'action publique, commençant par l'impossibilité de le définir et de l'identifier ? La réponse proposée ici est que cette défaite permanente de l'aménagement et de l'urbanisme est un des syndromes les plus concrets de l'absence, ou du déficit, d'interterritorialité entre villes et campagnes. Le tiers espace est l'espace interterritorial quotidien produit irrépressiblement par la société urbaine telle que décrite par le premier chapitre, et la sévérité avec laquelle on le juge devrait surtout s'appliquer aux institutions territoriales incapables de le reconnaître. .........

La troisième question, centrale, interpellait le système politique dans ses territorialités et ses territorialisations, c'est-à-dire dans les façons dont il se construit par les territoires, et dont il exerce ses pouvoirs à travers eux : pourquoi ces façons ne font-elles pas émerger les réponses organisationnelles et politiques dont les chapitres précédents ont montré la nécessité croissante ? En répondant par une dénonciation des formes prises par une sorte de sur-régime territorial, incluant la décentralisation, les politiques de territorialisation et la recomposition territoriale, c'est, au fond, de la culture politique d'une société et de ses élus qu'il s'est agi, en particulier de cet attachement de moins en moins tenable aux limites du territoire. .....

C'est pourquoi la quatrième question s'annonçait comme ne question pratique : l'interterritorialité, quel mode d'emploi ? Les partages de souveraineté territoriale ont commencé, à diverses échelles, dont on a tenté de dégager de nouvelles modalités, voire de nouvelles normes, pour l'action collective et les politiques publiques. ...........

La cinquième question revenait précisément aux origines. Quand commence l'histoire de l'interterritorialité et que raconte-t-elle ? Cette histoire permet-elle de comprendre les trajectoires qui s'offrent à nous en la matière ? En répondant que l'interterritorialité a toujours l'âge de ses territoires, on s'évite toute dérive vers l'appel à une pseudo cause interterritoriale. Si les chapitres précédents ont pu laisser pointer des exigences qui y ressemblent, c'est toujours au regard d'un contexte précis, celui de la France actuelle des pouvoirs locaux, qui requiert une transformation interterritoriale qui lui soit propre. Et comme on ne part jamais d'une page blanche, les leçons du fédéralisme, a priori si étranger à la constitution française, ont semblé nécessaires pour contribuer à analyser ce qui pourrait s'affirmer comme la diagonale locale-planétaire des territoires de toutes échelles. Ce sera alors aux territoires, c'est-à-dire aux acteurs et organisations qui les font vivre, de trouver leur place dans ce nouveau complexe interterritorial, dont aucune prospective ne peut dire ce qu'il sera à coup sûr, mais dont on peut dire à coup sûr qu'il sera.

Ancienne par ses expressions, mais contemporaine par ses enjeux, proche et familière dans ses modalités, mais planétaire dans ses logiques, spatiale donc géographique par définition, mais politique par construction, d'apparence technocratique mais foncièrement sociale, l'interterritorialité méritait bien un essai. Pris dans un autre sens, celui-ci précède la transformation, réussie ou non. Puisse-t-elle être à l'ordre du jour. Quoi qu'il en soit, le débat - sinon le match - continue : ce livre veut y inviter, entre territoires, ceux des disciplines scientifiques, ceux des mondes professionnels, ceux des familles politiques et idéologiques, comme ceux des êtres géographiques et sociaux que nous sommes. Entre territoires, il y a encore tant à inventer !

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Published by Pierre MANSAT - dans Paris Métropole
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