Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Paris Metropole
  • Paris Metropole
  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
  • Contact

Coups de coeur

Recherche

Texte libre

10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 18:24

A l'occasion de sa Convention annuelle , l'ADCF ( Association des communautés de France ) organisait une journée de débats auxquels j'ai participé.

A cette occasion la revue Intercommunalités a publié un numéro hors serie "spécial Ile de France", dont est extrait ce texte de Christian Lefèvre.

La gouvernance de l’Ile de France au regard des autres grandes métropoles européennes et mondiales

Depuis quelques années, les discours et les travaux se multiplient pour énoncer ou dénoncer l’extrême complexité institutionnelle de l’Ile-de-France, complexité qui serait dommageable à son pilotage, a fortiori à son « gouvernement ». Bien entendu, dans le contexte actuel de globalisation et de compétition territoriale, il est de bon ton, voire de bonne guerre, d’insister sur l’exceptionnalité francililenne en la matière, au regard des autres grandes métropoles européennes et mondiales. Nous voudrions ici souligner non seulement la non pertinence de cette assertion mais également mettre l’accent sur ce qui fait défaut à la première région française, à savoir des modes de régulation et un système de pilotage. Avec une région, 8 départements, plus d’une centaine d’intercommunalités et près de 1300 communes, sans compter l’Etat, l’Ile-de-France aurait un trop plein institutionnel qui lui serait préjudiciable. Si l’on regarde les autres grandes métropoles, rien n’est moins sûr. En parlant de Londres, T. Travers (2004), l’un des plus avertis analystes de la capitale britannique, énonce que « le système de gouvernement de Londres est compliqué et implique de nombreux niveaux, mais ceci est le résultat pour partie de la complexité du monde réel. » Il en est de même pour New York avec au moins trois Etats fédérés impliqués, 31 comtés, plus de 800 municipalités et plus de 1200 autres structures locales. Idem de Tokyo avec ses préfectures, ses municipalités et ses arrondissements. Au regard de ses « rivales » mondiales, l’Ile de France est dans la norme. Il y aurait à la fois un effet de taille et aussi de statut qui expliquerait la complexité institutionnelle francilienne. La métropole francilienne est la plus importante ville européenne en termes démographique et de plus c’est une région capitale. En Europe, seule Londres peut rivaliser avec elle, les autres grandes métropoles-capitales (Madrid, Berlin, Rome) sont au moins deux fois plus petites. Pourtant, il n’est pas certain que leur organisation institutionnelle (pour ne parler que de celle-là) soit moins complexe. La métropole berlinoise est à cheval sur deux lander, Berlin et le Brandebourg, avec une ville-Land de Berlin divisée en arrondissements qui sont autant de collectivités locales et des centaines de municipalités et une dizaine de comtés (kreise) dans le Brandebourg, sans parler des nombreuses associations de communes. Si Madrid est pilotée par la Communauté Autonome du même nom, son aire fonctionnelle déborde de cette dernière et implique alors les autres régions environnantes ; et bien entendu il y a la ville-centre et les presque deux cents autres communes métropolitaines. Le problème de la région francilienne n’est pas sa complexité, pas même sa fragmentation institutionnelle. Son problème c’est son incapacité à produire des modes de régulation et de pilotage, entre acteurs politico-institutionnels mais aussi entre le monde politique et économique et social, dont nous ne pouvons parler ici, faute de place. Et c’est probablement cette incapacité qui lui est la plus préjudiciable. Aujourd’hui aucun acteur politico-institutionnel francilien, ni l’Etat, ni la région, ni la ville de Paris, n’est en mesure de rassembler et de faire dialoguer durablement et légitimement les autres protagonistes institutionnels autour d’une vision ou d’une stratégie. Il n’en est pas de même à Londres où la Greater London Authority (GLA) joue merveilleusement ce rôle en partie grâce à son maire charismatique. Il n’en est pas de même non plus à Madrid, où la communauté autonome de Madrid (CAM) est l’acteur central et incontournable au plan politique de la gouvernance de la métropole espagnole. Il n’en est pas de même à Rome où la municipalité centrale de par son poids économique, démographique, politique et spatial (Rome est la plus vaste municipalité d’Europe) est le leader peu contesté de l’agglomération. En Ile-de-France, chacun y va de sa stratégie, lorsqu’il y en a une, l’affirmant peu ou prou en coordination ou intégration éventuelle avec celle des autres. Chacun y va de ses politiques, de ses alliances. Dans un tel contexte, un scénario possible est celui d’un éclatement politico-institutionnel de la métropole parisienne, éclatement fondé sur des structurations d’acteurs organisées territorialement sur des portions de l’aire métropolitaine seulement : la zone dense, certains départements, certaines intercommunalités. Ce qui rend cet éclatement possible c’est qu’il est apparemment plus facile en Ile-de-France de fabriquer des modes de régulation et de pilotage sur des portions du territoire métropolitain que sur l’ensemble de la région urbaine.

www.adcf.org

Partager cet article

Repost 0

commentaires