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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 20:19
Merci au maire de Rome, de nous avoir invités à cette rencontre, nous en sommes extrêmement heureux, non seulement parce que Paris est jumelée avec la ville de Rome, mais je dirais essentiellement parce que nous sommes nous-mêmes engagés dans l’ouverture d’un débat renouvelé sur l’ensemble des questions de la métropolisation. Un débat renouvelé non pas parce qu’il n’y a pas d’études ou de débats sur la métropolisation de la Région parisienne, mais parce que selon nous ce débat est modeste, j’en voudrais pour preuve, je dirais la faiblesse des études universitaires ou la faiblesse des échanges universitaires sur cette question, et ce débat est modeste parce qu’il contourne en permanence une difficulté qui tient au rapport très particulier qu’entretient Paris, la Ville de Paris, capitale de la France, avec l’ensemble de ses voisins et avec l’ensemble des collectivités territoriales qui composent l’aire métropolitaine. Donc notre volonté est de contribuer par des actes politiques un peu fort à ouvrir ou à renouveler le débat sur la métropolisation de la Région parisienne, donc par exemple en décidant la création d’une délégation entièrement dédiée de la ville de Paris en adjoint ? entièrement en charge du secteur ou la création d’une administration de la coopération territoriale, ce qui sera un cas unique dans l’organisation des collectivités territoriales françaises. Donc je voudrais juste présenter, en m’excusant un petit peu du caractère improvisé de notre contribution et je vous prie de m’interrompre si je suis un petit peu long. Je rappellerai simplement que Paris remplace au cœur d’une région, l’Ile de France, qui se compose de millions d’habitants, 30% du PIB de la France, qui d’un point de vue des collectivités regroupe 1.300 Communes, 8 Départements (qu’on pourrait dire équivalant à peu près à une province italienne), 1 Région, élue au suffrage universel, et Paris qui est à la fois une Commune et un Département (le maire de Paris est à la fois Président de l’Assemblée Départementale). Donc j’ai quatre points de contribution: la place de Paris dans l’agglomération et les facteurs qui menacent sa cohésion, les recompositions en cours dans l’agglomération, l’évolution de la place et de la flore de Paris dans l’espace métropolitain, le passage d’une centralité axée entièrement sur Paris à un système polycentrique et quelques propositions pour réflexion, et les interrogations que nous avons sur le sujet. L’Ile de France est sans doute la plus riche région d’Europe et la métropole parisienne une des très grandes villes mondiales qui par son rayonnement et son affluence se situe parmi les 5 premières dans le monde. Dans ce territoire, le rôle moteur de Paris pour le développement, la notoriété, l’attraction, l’activité de toute l’agglomération est un fait, mais si son rôle majeur s’est longtemps accompagné d’une attitude dominatrice, trop respectueuse de la culture, de l’histoire, de l’identité des autres collectivités. En disant que Paris, qui est la capitale d’un état extrêmement centralisé, est une Commune elle-même sous tutelle, puisque c’est seulement depuis 1977 que nous élisons un maire, ? et toute somme d’ailleurs avec l’existence d’un préfet de police qui on charge ? dans certains de pouvoir dans une situation exceptionnelle à l’égard des autres collectivités françaises. Et aujourd’hui, l’explosion de toutes les mobilités et l’émergence d’un réseau multipolaire ont construit – il y a discussion chez nous – une ville globale qui semble conforter l’unité de toute la région et modifie la place et le poids de Paris. Pourtant la barrière physique, réelle, pour ceux qui connaissent Paris, c’est-à-dire l’autoroute urbaine boulevard périphérique qui enserre la ville dans une forme quasiment parfaite, cette particularité demeure, Paris, plus que toute autre ville centre garde dans sa forme urbaine des différences radicales avec l’essentiel de son environnement proche. Cette évolution contrastée amène à s’interroger sur ses causes, notamment sur l’impact de la géographie politique et institutionnelle de Paris, et de sa place singulière dans l’agglomération parisienne. En début des évolutions récentes, l’enchevêtrement des périmètres institutionnels est d’avantage fondé sur l’histoire et les visées politiques passées, que sur la pertinence de l’action menée aujourd’hui. Il y a bien dans la région parisienne, et notamment au cœur de la zone dense, une concurrence et des imbrications extrêmement complexes des pouvoirs, des pouvoirs politiques et des technostructures. On peut le regarder, s’interroger, au regard des pratiques sociales réelles des habitants, révélées par l’ensemble des études dont nous disposons, soit en termes de travail, d’achats, de loisirs, d’études, de scolarité, tous ces phénomènes dépassent largement les limites administratives non seulement des communes, mais également des départements, comparé à la situation des autres grandes capitales où la pregnance de la dualité ville centre-périphérie n’a nulle part conservé une telle force, notamment en termes d’occupation de l’espace et de densité comparée dans la ville intra-muros et l’ensemble de l’agglomération, ... à titre d’exemple la moyenne de la densité parisienne est de 25.000 habitants au kilomètre carré, on tombe tout de suite pour les villes limitrophes à 15.000 et on passe très vite à 8.000 voire moins dans les communes très proches. Cette histoire commune et parallèle, trop longtemps séparée souvent conflictuelle, a été jusqu’à très récemment nourrie de rivalité, de concurrence, d’enjeu et de pouvoir. Ceux-ci ont affaibli la capacité collective de développement et entravé les dispositifs nécessaires de réflexion, de prise de décision en commun. Alors la mobilité généralisée des hommes et des activités, le développement de Paris comme de toute la région sera menacé de paralysie sous l’effet de son propre succès, si des règles bien adaptées à notre métropole ne sont pas imaginées et mises en œuvre en commun. Dans ce jeu qui devrait être ++à somme nulle, l’image internationale de Paris et de toute la région risque de s’effriter, et il convient pour nous d’en prendre la mesure. Il y a deux domaines dans lesquels nous sommes un peu perplexes, le domaine de la recherche, par exemple, ou de l’efficacité des services publics, notamment dans la zone agglomérée dense de la métropole france-îlienne. Et de ce point de vue tout indique, d’ailleurs, que l’accentuation de la fragmentation des territoires et de leur spécialisation sociale et économique entraîne l’accroissement des inégalités entre territoires voisins. Habitat, revenu, qualification, diplôme, emploi et ressources de la taxe professionnelle sont une démonstration de ces inégalités. Le développement harmonieux de Paris et de l’ensemble de la région est désormais conditionné par un double besoin: réguler le développement de l’espace central dense et réduire les déséquilibres, les fractures physiques et sociales entre les différents territoires. Il est donc indispensable d’aborder ces enjeux, en imaginant des réponses en terme de coopération à l’échelle de la métropole et, par exemple, d’assurer le bon fonctionnement quotidien des services publics et la cohérence des décisions qui dessinent la ville dans l’agglomération, de réguler la concurrence, parfois sauvage, entre les collectivités pour attirer l’emploi, la richesse fiscale et les ménages solvables, favoriser l’affectation des ressources au bénéfice collectif de l’agglomération pour réduire l’aggravation des inégalités, de mieux tirer partie des atouts de Paris au bénéfice de toute la métropole. La place, le rôle et les fonctions spécifiques de Paris au sein de l’Ile de France se transforment sous l’effet de la métropolisation. On est aujourd’hui frappé par les différentes dynamiques entre les différents territoires qui composent cette agglomération. Le contraste est fort entre Paris, qui peut apparaître figée dans ses frontières si densement occupées, rendent par là très faible l’image de mutation, et certains pôles de la première couronne parisienne qui bougent et se transforment de façon très importante. Et donc apparaît très nettement le passage d’une centralité axée uniquement sur Paris à un système polycentrique. Le poids démographique de Paris a baissé, le nombre d’emplois diminué, et en même temps Paris a bénéficié de réalisations importantes et de grands travaux qui ont conforté sa place dans les domaines de la culture, du tourisme d’affaire, des loisirs et des congrès. Mais dans leur vie quotidienne, les habitants de Paris qui sont intra-muros comme ceux de l’agglomération, font l’expérience d’un espace unique, fortement marqué par des continuités territoriales et irrigué par de multiples déplacements, essentiellement pour travail et de plus en plus massivement pour toute autre forme d’occupation, les loisirs, je disais, les achats, les études. On note, par exemple, une augmentation importante des déplacements des parisiens allant travailler à l’extérieur de Paris, maintenant un tiers de la population active parisienne exerce une activité en dehors de Paris, soit près de 300.000 personnes, alors que 800.000 habitants de la banlieue parisienne viennent travailler tous les jours dans la capitale. Simultanément, donc je disais, des pôles émergeants polarisent des activités à haute valeur ajoutée et constituent désormais une alternative crédible mais avec là une interrogation redoublée, c’est que ces pôles pompent la totalité des richesses, et qu’entre les pôles les territoires continuent de s’enfoncer et de se dégrader, que ce soit d’un point de vue économique et surtout d’un point de vue social, et parfois même d’un point de vue aussi urbain. Donc à partir de ce diagnostic vu d’un point de vue très parisien, nous essayons de développer des pistes de réflexion pour améliorer la qualité de la vie, la cohésion sociale, et promouvoir un développement plus solidaire des territoires. Donc je passerais sur les objectifs que nous nous sommes fixés: retisser le lien social, réparer la ville, lutter contre la pénurie de logements accessibles au cœur de l’agglomération, contrer l’envolée des prix du foncier, coordonner la politique et les choix régionaux d’équipement commercial ou cinématographique, coordonner l’importation des entreprises, mieux assurer collectivement la gestion de l’eau, de l’énergie ou le traitement des déchets, et bien sûr maîtriser les flux et les déplacements par une politique coordonnée des transports. Donc s’engager résolument dans un nouvel équilibre de l’agglomération, autour d’un polycentrisme assumé et de coopération préparée et coordonnée dans le temps avec des partenariats dont Paris restait très longtemps absent. Et je conclurais par quelques difficultés plus identifiant et quelques atouts. Les difficultés tiennent à la persistance d’une vision centre-périphérie qui fonde l’ensemble des schémas de régulation des politiques territoriales dans l’aire métropolitaine france-îlienne, ce qui contredit l’émergence de centralité différente que celle de Paris. Paris a toujours une centralité majeure mais n’est plus la centralité autour de laquelle s’exerce la totalité de l’activité de la région france-îlienne. Je disais également l’abrication des pouvoirs de façon extrême, qui est un obstacle et un handicap, et les atouts dont nous en repérons quelques uns, d’abord la volonté politique de mener ce débat, évidemment, mais ça reste beaucoup de mots à l’heure actuelle, l’existence d’une région élue au suffrage universel, une collectivité qui est en phase émergente en France, mais qui dans la région parisienne connaît des difficultés particulières qui tiennent à sa taille, à la complexité du territoire, mais une collectivité qui est située, selon nous, à la bonne échelle et qui en tous cas peut contribuer énormément à la régulation et à l’harmonisation des politiques publiques. L’apparition dans le cœur de l’agglomération centrale de formes d’intercommunalité encore modestes, puisque la loi est assez peu adaptée à la spécificité france-îlienne, mais en même temps cette intercommunalité se développe, et l’apparition de structures nouvelles spécifiques, parfois associatives entre collectivités territoriales qui transcendent les frontières administratives. Donc nous identifions bien ce vers quoi nous voulons aller: une meilleure coordination, régulation des politiques publiques dans l’aire métropolitaine, des projets de coopération destinés à favoriser également le débat politique et l’interrogation tient sans doute à notre capacité à passer en permanence à l’échelle démocratique nécessaire en fonction des projets et des problèmes posés, mais une échelle démocratique qui à l’heure actuelle, selon nous, n’existe pas en tous cas dans les rapports au sein de la zone dense de l’aire métropolitaine.

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