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Pierre Mansat et les Alternatives

Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

Pierre Mansat: "Paris, densité et hauteur: oser crever le plafond"

Dans la période ou les résultats du workshop qui s'est tenu sur      3 sites parisiens ( Porte de La Chapelle, Bercy, Massena) vont être connus, et vont relancer le débat, je repasse notre texte qui affirme la prise de parti pour la densité et le refus d'être coincés sous un plafond. Oui il faut oser, parfois crever le plafond
"D
ans les débats autour de l’adoption du Plan Local d’Urbanisme de Paris, c’est la vision de Paris pour l’avenir qui etait en jeu. Les conceptions s’affrontent. Quelle ville voulons nous, pour quels habitants, quels usagers, dans quels rapports avec les communes alentour, la région, la France, le monde ? Les élu-es communistes ont exposé leurs propositions portant notamment sur la densité dans la ville par une conférence de presse le 17 mai et publié une tribune libre dans l’Humanité du 20 mai 2006 et une carte de proposition sur les hauteurs dans les territoires de projet .Comme la plupart des grandes villes du monde, Paris se dissocie : les populations aisées et les plus défavorisées se concentrent au cœur des villes tandis que les classes populaires et moyennes sont rejetées vers la périphérie. Paris a connu cette hémorragie de 1960 à 2000. Si la population se stabilise aujourd’hui, la diversité sociale continue à reculer et l’activité économique à se fragiliser.Or, on construit peu à Paris. L’effet est redoutable : pénurie immobilière et cherté du logement, dualisation de l’agglomération avec un centre réservé aux plus riches, à quelques “ happy few ”. Il serait impensable de réserver un territoire que la nation a doté d’équipements exceptionnels et d’un système de transports en commun le plus dense du monde, à quelques résidents tranquilles pouvant se payer un hyper centre d’agglomération dé-densifié. A l’échelon régional, la densification du cœur de l’agglomération pour limiter l’étalement urbain est posée avec force. Nous pensons que Paris doit y contribuer, à sa façon. La majorité municipale affirme vouloir relever ce défi de la métropolisation, assurer le maintien de la population parisienne en nombre et en diversité sociale et reconquérir 130 000 emplois sur les 160 000 perdus dans les années 90. Pour le premier défi, la réponse actuelle de la municipalité est de produire 4500 logements sociaux annuels. Les élus communistes proposent quant à eux de produire 5000 logements sociaux par an au lieu des 4000 actuels.Cette volonté s’exprime à travers le Plan local d’urbanisme (PLU) qui fixe les objectifs et les règles pour les 15 ans à venir. Bien sûr ces défis ne peuvent être relevés par ce seul outil. Mais il exprime la vision de la ville pour l’avenir. C’est l’occasion d’un débat bousculant les idées reçues, la tentation du repli sur soi.

L’avenir de cette ville, dont le destin est si intimement lié à celui de l’agglomération - et réciproquement - ne peut pas se penser à partir de l’idée qu’il y a trop de monde à Paris, trop d’activités, trop de mobilité. Cette conception de la ville est stérilisante : elle pousse à l’étalement urbain, confine le logement social aux plus démunis, et repousse l’activité économique et organise la rareté des droits à construire, facteur de spéculation foncière.

Paris n’est pas un village !

Il faut affirmer clairement le choix d’un cœur de métropole compact, dense, actif économiquement, divers socialement, accueillant pour les familles et solidaire de toute l’agglomération. Pour cela, utilisons au mieux le foncier, si rare. Partout où le paysage et le contexte le permettraient, mettons en place un véritable urbanisme de projet, affranchi des carcans des règlements conservateurs à base de gabarits et d’alignements. Ils ne sont plus aujourd’hui des outils efficients pour aménager certaines grandes emprises de la couronne(*) où se trouvent les derniers terrains libres conséquents. Ce que nous voulons ce n’est pas un débat sur des tours ou pas à Paris, c’est un débat qui réponde aux défis qui nous sont posés pour la ville du 21ème siècle, un débat sur la densité qui intègre la question des hauteurs. Dans le PLU actuel, les bâtiments sur la couronne sont majoritairement limités à 31 mètres. Nous proposons donc que sur la majeure partie de ces emprises, la hauteur autorisée soit portée à 50 mètres, libérant ainsi du sol pour les équipements et les espaces verts indispensables à la ville moderne. La densité permet la mixité et l’émergence dans ces lieux, jusqu’à présent défavorisés sur les plans urbain et social, d’une réelle qualité de vie, car elle autorisera un investissement large de l’espace public, l’apparition de commerces de proximité, d’équipements et de jardins publics. Tous ces éléments qui font la qualité spécifique de la vie parisienne ne sont possibles que dans un environnement dense. Par ailleurs, quelques lieux bien desservis et stratégiques au niveau métropolitain, pourraient accueillir des bâtiments encore plus hauts, de véritables tours, écologiques, autosuffisantes en énergie et aux usages mixtes.

Aujourd’hui, réfléchir à la possibilité de construire des formes urbaines denses, c’est s’inscrire dans la continuité de l’histoire parisienne. La sage commission d’enquête du PLU, avait recommandé de relever le plafond des hauteurs dans les territoires de projet. J'y suis favorable. Le patrimoine de demain, architectural ou urbain, ne peut se construire en singeant les modèles historiques. Paris est une des villes les plus constituées et ordonnancées du monde. S’autoriser des libertés d’aménagement ne détruira pas une cohérence aussi achevée.

Et c'est avec passion que j'ai participé au groupe de travail sur les hauteurs qu'a mis en place Jean Pierre Caffet. Ce groupe apres avoir beaucoup écouté:habitants de tours, des salariés, des architectes, de constructeurs , des élus , a choisi 3 sites sur lesquels travaillent en atelier plusieurs équipes d'architectes et bureaux d'études spécialisés en haute qualité environnementale.

Gageons que les propositions seront un vrai vent d'air frais dans ce débat que certains voudraient étouffer."

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