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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 17:11

Sur Capital;fr, ces propos de P.Mansat

Inacceptable, dangereux… Pierre Mansat, l’adjoint à Bertrand Delanoë, chargé des relations avec les collectivités locales, s’érige contre le projet de loi sur le Grand Paris. Pour lui, ce texte, qui sera présenté devant le Conseil des ministres le 7 octobre prochain, donne tout pouvoir à l’Etat sur la Région et les départements. Il faut donc repenser la gouvernance. Pour répondre aux défis de la Métropole de demain, le texte doit aussi dépasser la simple question du transport.

Capital.fr : Pourquoi vous opposez-vous au futur projet de loi sur le Grand Paris ?


Pierre Mansat : Ce projet de loi est dangereux : il remet en cause la politique de décentralisation et nous ramène 30 ans en arrière. Avec ce texte, la politique d’urbanisme et de transport en Ile-de-France est désormais entre les mains de la « société du Grand Paris », une nouvelle entité dans laquelle l’Etat est majoritaire. Ce dernier va donc hériter d’un pouvoir décisionnel considérable qui s’imposera aux collectivités locales. Dorénavant, l’Etat disposera, par exemple, d’un pouvoir de préemption (achats des sols, réaménagement…) sur un rayon de 1500 mètres autour de chacune des gares du futur réseau de transport. Inacceptable ! Certaines petites communes vont ainsi perdre toutes compétences en matière d’urbanisme. Par ailleurs, les consultations prévues au sujet des nouvelles infrastructures de métro ont été bâclées. On parle de transport du futur, d’un réseau de plus de 130 kilomètres en Ile-de-France, et pourtant l’Etat s’est contenté d’organiser des consultations à la va-vite avec les collectivités pour discuter du projet. Tout juste une heure trente accordée à chaque représentant local. Impensable !

Capital.fr : Que proposez-vous pour améliorer la gouvernance de ce Grand Paris ?
Pierre Mansat : Je ne remets pas en cause l’idée même de l’intervention de l’Etat dans ce projet. Elle est légitime. D’ailleurs son désengagement de la région capitale n’avait que trop durer. Seulement, il faut poser les bases d’un partenariat équitable avec les collectivités. Une idée au départ soutenue par Nicolas Sarkozy lui-même, mais qui, étrangement, a été totalement abandonnée au fil des mois… Pourtant, il y a urgence : si le rapport de force reste tel quel, il ne se passera pas grand-chose. Malgré le superpouvoir qu’il s’octroie, l’Etat ne pourra rien faire car les collectivités refuseront de s’impliquer dans le projet.

Capital.fr : Parallèlement, le député Gilles Carrez réfléchit à des solutions pour financer le grand réseau de transport. Un premier rapport d’étape a été remis cet été. Les pistes évoquées vous paraissent-elles intéressantes ?
Pierre Mansat : La commission de Gilles Carrez a le mérite de s’attaquer au financement des infrastructures - près de 35 milliards d’euros au total -, mais aussi à celui de leur fonctionnement. Des idées intéressantes retiennent effectivement notre attention : à savoir l’augmentation du « versement transport », impôt sur les entreprises pour financer le réseau, mais aussi l’affectation de la future taxe poids-lourds au réseau de transport…

Capital.fr : Plus largement, le projet de loi répond-il aux grands défis qui attendent le Paris du XXIème siècle ?
Pierre Mansat : Malheureusement, ce projet ne donne aucune vision claire et précise de ce que doit être la métropole du futur. Il évoque la création d’un grand réseau de transport, mais ne fait pas ou que très peu cas, d’architecture, d’urbanisme…A quoi vont servir les travaux des équipes d’architectes qui avaient dessiné les perspectives de la ville de demain ? Pourquoi la question du logement social a-t-elle été laissée de côté ? Le futur réseau de transport parisien est censé relier quelques grands pôles économiques à la Capitale. Mais quid des autres villes d’Ile-de-France, des millions d’habitants qui habitent en banlieue ? Une ville moderne, une ville d’avenir doit-elle se contenter de relier des pôles d’excellence ou doit-elle aussi faciliter les déplacements de tous ses habitants pour les loisirs ? Cette question doit trouver des réponses.

Propos recueillis par Guillaume Chazouillères

© Capital.fr

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