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Pierre Mansat et les Alternatives

Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

> Paris Métropole devra contenter droite/gauche, Paris/banlieue, un papier de Rue89

 

Le périphérique parisien près de la porte de Vanves, avant que cette portion ne soit couverte (thesoundofviolence/Flickr)

Clichy-sous-Bois a accueilli ce mercredi la première réunion de travail de Paris Métropole marquant le lancement de cette institution d'un nouveau genre. Elle doit réunir sur une base égalitaire les différentes collectivités locales d'Île-de-France. Premier défi : dépasser les clivages politiques et territoriaux qui traversent la région.

Le nom ne dit pour l'instant par grand-chose au public, quand on ne le confond pas avec le Grand Paris porté par Nicolas Sarkozy. Il cache une structure d'un nouveau genre qui entend renouveler les relations entre Paris et ses banlieues.

Mais ses membres devront d'manoeuvrer serré pour surmonter les oppositions
droite/gauche d'une part, grande/petite couronne de l'autre, qui
pourraient respectivement limiter ses ambitions et semer le trouble
parmi certains élus.

Issu d'un processus lancé par Bertrand Delanoë dés sa première élection à la mairie de Paris, en 2001, Paris Métropole est un syndicat mixte d'études : en clair, une structure institutionnalisée où les différentes collectivités locales de la région pourront se rencontrer, débattre et proposer autour d'études sur l'aménagements du territoire francilien.

Elle n'a pas encore de pouvoir décisionnel pour l'instant, même si selon certains, "le syndicat qui monte, qui monte", pourrait aspirer à terme à un renforcement de ses compétences.

"Pas une machine de guerre contre Nicolas Sarkozy"

Prenant le relais de la Conférence métropolitaine -la première version du lieu de dialogue souhaité par le maire de la capitale- Paris Métropole entend donc, selon les mots de Pierre Mansat, adjoint à Bertrand Delanoë en charge du dossier, "rompre avec un système politique morcelé, où les logiques institutionnelles l'emportent sur les logiques collectives".

Problème : pour l'instant, les collectivités locales UMP boudent la nouvelle institution. Porté par Bertrand Delanoë, Paris Métropole a en effet pu apparaître comme une initiative "de gauche", destinée à contrer les projets de Nicolas Sarkozy pour la région capitale. Résultat, la droite est actuellement sous-représentée au sein de Paris Métropole, avec 10 collectivités seulement sur un total de 93 adhérents.

Parmi les absents, le département des Hauts-de-Seine : le riche 92 redoute qu'à terme, arrive sur la table la question d'une meilleure répartition des richesses entre les collectivités franciliennes.

Ce clivage droite/gauche, les acteurs du projet se sont employés à le dépasser, mettant l'accent sur le caractère technique, et non politique, de Paris Métropole.

"Des élus, aussi bien de gauche que de droite, ont tout fait pour que Paris Métropole ne soit pas vu comme une machine de guerre contre Nicolas Sarkozy", affirme ainsi un responsable du syndicat d'études. Dans ce contexte, "la candidature de Delanoë à la présidence du PS en a mécontenté quelques uns".

"Sans la droite, Paris Métropole est un projet mort-né"

Un accord interne prévoit d'ailleurs que la présidence du syndicat revienne à un maire non-candidat aux régionales de 2010, afin d'éviter que l'institution ne soit instrumentalisée dans la campagne à venir. Le poste a échu aujourd'hui au maire PS de Cachan Jean-Yves le Bouillonec. "Nous garantissons le pluralisme, il n'y aura pas de domination d'un bloc politique sur un autre", assure Pierre Mansat.

La stratégie semble payer : en présentant lors de son discours du 29 avril sur le Grand Paris, le syndicat d'études comme la future "agora du Grand Paris" Nicolas Sarkozy semble par ailleurs avoir donné le feu vert aux élus UMP pour rejoindre la nouvelle institution.

Ce devrait être chose faite d'ici l'automne prochain pour le gros d'entre eux, au prix néanmoins de quelques concessions sur les statuts de Paris Métropole : il s'agirait notamment, selon Pierre Mansat, de permettre aux adhérents de se retirer librement du syndicat.

Mais, selon une autre source proche des élus, les exigences de la droite seraient bien plus élevées :

"Les collectivités UMP veulent l'assurance que Paris Métropole ne sera pas plus qu'un syndicat d'études. Dans le même esprit, elle cherche également à limiter son budget. Mansat leur donne toutes les garanties possible parce qu'il sait que, sans elles, le projet Paris Métropole serait mort-né."

La grande couronne craint d'être laisée à l'écart

Deuxième écueil à eviter : les réticence des élus de la grande couronne face à un projet dont ils craignent qu'il mette en avant le coeur métropolitain de la région Ile-de-France, au détriment des marges. Crainte partagée par le président PS de la région, Jean-Paul Huchon, qui fut un temps très réservé, avant d'adhérer au projet en décembre 2008.

C'est que le syndicat d'études prévoit un nombre maximum de 174 adhérents dans un périmètre géographique correspondant grosso modo a celui la grande agglomération parisienne. Le territoire francilien craint d'être laissé à l'écart de ce nouvel élan.

Pierre Mansat reconnaît que des inquiétudes existent à cet égard, mais se veut rassurant : "Aucun périmètre n'a de pertinence absolue. Paris Métropole a vocation a être à géométrie variable, à s'adapter en fonction des sujets", déclare Pierre Mansat. "Il est vrai qu'il peut y avoir une certaine méfiance, mais la grande couronne sera très présente au sein de Paris Métropole". Il le faudra, pour qu'un clivage ne chasse pas l'autre.

Photo : le périphérique parisien près de la porte de Vanves, avant que cette portion ne soit couverte (thesoundofviolence [1]/Flickr)

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