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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 00:51

mercredi, 29 avril 2009

GRAND PARIS DE SARKOZY : UN PLAT DE NOUILLES Al DENTE


Manifestement, le Président  Sarkozygrand paris Sarjodelao.jpg éprouve une jouissance extrême à mettre la main dans le plat de nouilles francilien. Un dossier pâteux, al dente,  mais sans sauce liante,   puisque  Chefs, cuisiniers et miterons jusque là réunis  autour de la casserole étaient par trop affairés à savoir qui allait servir le plat.

1281 communes pour un rêve

La  Région n'admet pas  l'ambition  de Paris  de fédérer sa périphérie, les territoires  ruraux de la  seconde  couronne, indispensables pour toute majorité stable  au Conseil Régional, ne supportent pas que la plus grosse part des investissements aille toujours  à la première Couronne. Il y a aussi les ghettos richissimes de l’Ouest qui se refusent à partager avec les territoires dramatiquement  paupérisés  de l’Est. Et on évoquera pour mémoire les querelles de clochers entre les 1281 communes d’Ile de France qui ont chacune un plan d’urbanisme particulier, sans évoquer des départements qui ne cessent d’excéder  leurs compétences en s’intéressant à la Culture ou à l’Université.

La métropole zappée par la décentralisation


Quant à l’Etat, ce  colosse aux mains nues et aux poches vides, il n’honorait plus qu’au lance-pierre  ses engagements depuis des décennies et jouait sur les procédures pour défendre ses prérogatives conte barons et baronnets. La faute, la très grande faute  de tout ce bazar  trouve son origine  dans  une décentralisation ratée à l'échelle des grandes agglomérations et  qui a complétement  zappé la giga entité  métropolitaine francilienne. 

Sur le dessein général : rien de fulgurant , rien de choquant.

Dans cette grande tambouille où chacun a une part d'immobilisme, Sarkozy pouvait donc  avancer comme dans du beurre. Sur le dessein général, rien à dire ou presque. Nicolas Sarkozy a brossé la carte d’un Grand Paris qui s’impose. Un Grand Paris qu’il imagine, comme tous les architectes et les urbanistes,  plus fluide, plus mixte et moins mité par des zonages  fonctionnalistes qu'on  débitait  à plaisir dans les années 60. Un Grand Paris redynamisé en Europe  par son axe porteur Ouest-Sud Est.grand paris.jpg Du Havre à la vallée du Rhône. Le  Président de la République a  donc synthétisé correctement et  non sans passion, les projets des urbanistes qu’il a fait plancher. Rien de fulgurant. Mais rien de choquant. Christian Blanc qu’il avait chargé  du  diagnostic n’a pas fait d’impasse.  Si, une : le Développement Durable. Jean-Louis Borloo, chargé de l’environnement et  de l’aménagement du territoire, a donc dit son mot, mis ses annexes,  et rappelé  au  Haut fonctionnaire  Blanc  qu’un plat de nouille urbain  aujourd’hui, ça se sauce al pesto. En vert.

Un Sarkozy roublard

Va pour l’esquisse. Restait  à trouver les outils, en l’occurrence des grues colossales, et des armes pour se frayer  un chemin dans le maquis des souverainetés ombrageuses. Si beaucoup redoutaient, à commencer par Jean-Paul Huchon, un projet de loi annonçant des réformes institutionnelles type « Communauté urbaine » ou «  liquidation  des départements » ou création d’un Grand Paris annexant les communes limitrophes façon Napoléon III en 1861,  Sarkozy, très roublard, a évité la provocation inutile.  Il a  même trompeté  le refrain :  «  Tous ensemble !  Tous ensemble ! ». Il a plutôt rendu hommage à « Jean-Paul » et à Delanoë en disant que tout ce qu’ils faisaient, c’était bien. Super. Très méritoire.  Et qu’il entérinait tout. La puissance publique désargentée, en panne depuis le grand œuvre de Delouvrier, avait , c’est vrai,  tout intérêt à ne pas commencer son retour sur la scène francilienne  par une déclaration de guerre.


Les transports : le vrai enjeu de pouvoir entre Etat et élus

Attention aux précautions oratoires. Après les compliments, le Président de la République s’est plu à rappeler  que tous ces échafaudages mis au point par les élus,  ça restait   tout de même un peu petit bras. Sarkozy  a donc mis une grosse loupe sur  la seule ardoise des transports. La clef de voute. Et c'est au bas mot  : 35 Milliards d’€.

grandparis 3.jpg

Pour signifier que ce chiffre était  bien  sûr hors de portée du Petit Paris  intra-muros ou de la tire-lire de la  Région. On ne parle plus de tramway, de velibs ou de remplacements de rames,  mais d’un chantier majeurSéculaire. Une   nouvelle ligne de train automatique autour de Paris qui reprend d‘ailleurs le maillage imaginé par la Région rectifié à la marge par Christian Blanc pour connecter  tous les pôles de compétitivité économiques et universitaires. Même le communiste de Plaine Commune, Patrick Braouzech,  est servi. Et, ce n’est que justice, Monfermeil, jusqu'ici coincée dans un cul de sac,  n’est pas oublié.

La nouvelle recette de la gestion unique  des réseaux SNCF & RATP


Une fois rappelé la note salée de la nouvelle recette du plat de nouilles, Sarkozy a donc laissé  entendre que dans le projet de loi , il faudrait de nouvelles structures,  d’envergure et pluripartites, pour gérer toute cette manne  publique et  beaucoup privée. Paris Métropole aura sa part. Mais sur les transports, il y a fort à parier que le Président de la République a son idée pour gérer en  laisse courte l’unification de  la gestion des réseaux RATP et SNCF . grand paris 4y.JPGIl a même insisté que c’était  là un préalable. En clair, ce pourrait être le début de la fin du Stif, l’organisme présidé par la Région pour gérer les transports collectifs. Du moins  tel qu’on le connaît.

Promoteurs : permis de chasse grand ouverts

Le deuxième outil, c’est un marteau piqueur : la dérégulation du droit de l’urbanisme. Tout le monde convient qu’il est trop rigide, pagailleux et entrave ou ralentit nombre d’initiatives. Beaucoup de métropoles, comme Londres, autorisent aujourd’hui la construction d’un étage en plus sur les immeubles ou les pavillons.   Reste que les règles n’ont pas été toutes adoptées  par des  législateurs sadiques mais  plutôt soucieux de contenir les excès  anarchiques des particuliers  et surtout des promoteurs.  Sur ce chapitre, Sarkozy I, le néo libéral,  a vite repris le dessus sur le Sarkozy II,  régulateur de la crise. Il s’est même emballé en évoquant l’hypothèse  selon laquelle les zones inondables soient laissés ouvertes aux permis de construire… Comme si son inspiration  à lui, c’était la spontanéité urbaine contre le dirigisme planificateur des années soixante. Attention danger :  cette liberté sera vite fait comprise par les promoteurs comme un permis de chasse à la spéculation. On ne peut pas à la fois vouloir ressembler à Haussmann et rêver  de Los Angeles.

L’arme du sprint


Dernier outil du Président :  la vitesse de cuisson de son Grand Paris. Premières réunions avant les vacances, Projet de loi à la rentrée, premiers coups de pioche en 2012… C’est un sprint alors  que les élus couraient un marathon sur des chemins de randonnée. Ou ils sortent de  la piste en récusant les nouvelles règles de la compétition.  Dangereux. Ou ils prennent le Président au mot, font la part du bluff , du volontarisme,  du calcul politicien avant les régionales, font taire leurs picrocholines divergences et cuisinent  le plat de nouilles de concert.  En tenant le manche bien ferme et en mettant l’Etat face à ses responsabilités. Delanoë a été bien inspiré en prenant de l’avance avec « Paris Metropole » rallié  récemment par des édiles  de droite des Hauts de Seine. Jean-Paul Huchon part avec un handicap,  lui qui a toujours raillé le « Gross Paris » et les prétentions impuissantes de l’Etat jacobin.
De cette course de vitesse, du départ pris par les  uns et du souffle des autres, dépendra beaucoup la préfiguration de la future gouvernance parisienne. On comprend la prudence des commentaires après la prestation du chef de l’Etat.


Guillaume Malaurie

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