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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 00:48
Liberation.fr

Sarkozy veut «voir grand» pour le Grand Paris

Transports, logement, tours... Le chef de l'Etat a dessiné ce mercredi sa vision du Grand Paris, dont le chantier devra démarrer «avant 2012».

«Il faut voir grand. Il n'y a pas de fatalité de la métropole invivable.(...) Une ville n'est grande que si elle est grande aux yeux de tous ses hommes.» C'est un Nicolas Sarkozy aux accents lyriques qui a présenté ce mercredi après-midi sa vision du Grand Paris, à la Cité de l'Architecture à Paris.

Durant une quarantaine de minutes, le chef de l'Etat a détaillé les grands axes de ce projet qui a pour lui «une importance capitale»: architecture, transport, logement... Le tout étant placé sous la houlette de Christian Blanc, secrétaire d’Etat à la Région Capitale. Et le Président veut faire vite: le chantier devra démarrer «avant 2012», avec comme objectif de «faire le Grand Paris en dix ans».

Premier grand principe de cette agglomération remodelée: le développement de la vallée de la Seine, jusqu'au Havre, qui doit devenir «le port du grand Paris», «à une heure de la capitale». Le canal Seine-Nord «permettra de désenclaver la Seine dès 2010», a promis le chef de l'Etat, qui veut «reconquérir les berges de la Seine, de la Marne, du canal de l'Ourcq.»

Après quelques considérations sur Victor Hugo, «le vrai, le beau, le grand» et le relativisme de la beauté — «La beauté, on l'a trop oubliée. Sans doute le beau est-il subjectif... Mais ce n'est pas une raison pour éluder la question!» — Nicolas sarkozy s'est dit favorable à la construction de tours: «On peut construire haut, pourquoi s'interdire des tours si elle sont belles?» De même qu'à la réalisation à Roissy d'une forêt «d'un million d'arbres».

«70.000 nouveaux logements par an»

Le chef de l'Etat a également tranché sur la question du nouvel emplacement de la Cité judiciaire: «Elle doit s'installer aux Batignolles.» Avant les Batignolles (XVIIe arrondissement), le projet d'un déménagement du palais de justice, actuellement dans l'île de la Cité (Ier), avait tourné autour du XIIIe arrondissement et du nouveau quartier Paris Rive Gauche.
Mais les principales annonces du discours présidentiel concernent le logement et le transport.
S'agissant du logement, Sarkozy promet «la construction de 70.000 logements par an, soit le double du rythme actuel». Comment ? «Le problème n'est pas le foncier, c'est la réglementation, a-t-til martelé. Il faut déréglementer. Libérer l'ordre de l'urbanisme, élever le coefficient d'occupation des sols, rendre constructibles les zones inondables par des bâtiments adaptés, utiliser les interstices.»
Les transports, dans le Grand Paris tel que le conçoit le Président, seront d'autre part considérablement renforcé. «Se déplacer pour aller travailler est devenu un enfer pour des millions de gens. Ça ne peut plus durer.»

Le chef de l'Etat souhaite d'abord «optimiser le réseau existant»: faire fonctionner les transports la nuit, avoir une seule régulation du trafic pour le réseau RATP et celui de la SNCF. Et pourquoi pas une tarification unique: «On pourra pas faire l'économie de cette réflexion».

35 milliards d'euros

Mais il faut aussi, selon lui, compléter le réseau: prolonger la ligne 14, créer une liaison rapide Roissy-gare du Nord... Et, c'est l'un des grands points du volet transport, créer un un «nouveau système» pour relier, en boucle, les grands points de polarité, sur 130 km. Ce supermétro sera «si possible aérien, rêvons qu'il soit une vitrine mondiale de notre savoir-faire en matière de transport». Ce «grand huit» (21 milliards d'euros) reliera des pôles d'activité (Roissy, Orly, La Défense, Saclay, Massy, Clichy-Montfermeil, Noisy, grand hub multimodal à Saint-Denis/Pleyel...) et les principaux centres d'habitat.

Le financement de l'opération, que le chef de l'Etat chiffre à 35 milliards en tout, reposera sur «des investissements» mais aussi sur «la valorisation du foncier», «l'augmentation de la fréquentation des transports en commun» et les partenariats public-privé.

Un projet de loi sera déposé en octobre qui fixera les «modalités de maîtrise d'ouvrage des structures juridiques, et de modalités de financement».

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Le Parisien.fr

Le 93 grand gagnant du Grand Paris

Les villes du département ont été souvent citées dans le discours de Nicolas Sarkozy hier . Des pôles culturels, économiques et de transport doivent naître d’ici vingt ans.


 
 
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Blandine Seigle | 30.04.2009, 07h00
 

Un « grand équipement culturel et scientifique au Bourget », un pôle image à Noisy-le-Grand, un autre dédié à la création à la Plaine-Saint-Denis, le nouveau métro automatique qui traversera le département… La Seine-Saint-Denis ressort grande gagnante du projet de Grand Paris dévoilé hier par le président de la République. « C’est formidable », s’enthousiasme Vincent Capo-Canellas, maire (NC) du Bourget. « Chiche ! » lance Claude Bartolone, le président (PS) du conseil général. Tous attendent maintenant le détail de ces propositions et de leur financement. Au-delà des transports, voici les principaux projets pour la Seine-Saint-Denis selon Nicolas Sarkozy et son secrétaire d’Etat Christian Blanc.

La Plaine-Saint-Denis, référence de la création et de l’image. Cette zone où doit naître « la cité européenne du cinéma de Luc Besson », ainsi que l’a rappelé Nicolas Sarkozy, accueillera un pôle dédié « aux industries de la création autour des métiers de l’image, des formations techniques de haut niveau ». Sa vitalité sera « démultipliée par la création du campus Condorcet des sciences humaines et sociales », lit-on dans le dossier de l’Elysée.

Une forêt autour de Roissy. Sans surprise, Nicolas Sarkozy a évoqué le pôle dédié « aux échanges internationaux et au développement industriel de la logistique » autour de Roissy et de Villepinte. Plus étonnant, le projet de l’architecte Winy Maas « d’une nouvelle forêt d’un million d’arbres sur les 2 500 ha du cône de bruit ». « Cela mérite qu’on s’y arrête », souligne le chef de l’Etat.

Un équipement culturel prestigieux au Bourget.
« J’ai compté, le nom du Bourget est apparu cinq fois dans le discours », se réjouissait hier soir Vincent Capo-Canellas. Dans sa « nouvelle géographie culturelle », Sarkozy propose l’installation « d’un grand équipement culturel et scientifique prestigieux consacré à toutes les formes d’expression culturelle et artistique ». Capo-Canellas espère qu’il intégrera le musée de l’Air et de l’Espace qui ne demande qu’à se développer mais manque de financement. « Il va falloir suivre le dossier », concède le maire. Au Bourget encore, un pôle sera dédié « à l’aviation et au tourisme d’affaires et à la formation professionnelle dans ces métiers ».

Un pôle image-média autour de Noisy-le-Grand.
Ce pôle très large est à cheval sur la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne. Hier, le président a cité « l’école des Gobelins de Noisy-le-Grand et l’université de Marne-la-Vallée ». Il s’agira d’un nouvel ensemble urbain autour de la Marne qui permettrait aux communes comme Noisy-le-Grand et Neuilly-sur-Marne de bénéficier du pôle scientifique de la cité Descartes, autour de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne).

Clichy, Montfermeil et les « nouvelles centralités urbaines ».
« Nous devons faire émerger de nouvelles centralités urbaines », a déclaré Nicolas Sarkozy sans que l’on sache très bien ce que cela recouvre. En tout cas, les villes du 93 sont concernées : le chef de l’Etat a listé Clichy, Montfermeil, La Courneuve, Le Bourget, la Plaine-Saint-Denis, la zone autour du canal de l’Ourcq et encore Noisy-le-Grand. Le document de l’Elysée parle de régénérer le tissu urbain de Montfermeil, Clichy, Livry-Gargan, Sevran et Aulnay.

Une gare TGV dans le 93 ?
« Les nouvelles gares TGV seront à La Défense ou entre Pleyel et Le Bourget », a déclaré le président de la République. Affaire à suivre.

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The Times

L'Etat (et l'architecture), c'est moi !

Nicolas Sarkozy dévoile le 29·avril son Grand Paris. Avec ce projet-phare, il se situe dans le sillage des Louis XIV, Napoléon III et François Mitterrand. Une tradition qui ne manque pas de faire sourire outre–Manche.

29.04.2009 | Tom Dyckhoff | The Times

© Droits réservés Mais qu'ont donc les hommes politiques français avec l'architecture ? Louis XIV, Napoléon et plus récemment François Mitterrand ont successivement marqué la capitale parisienne de leur empreinte, comme un legs aux générations futures. Tous ces grands personnages ont donné corps à leur vision de la France (l'Etat et l'architecture, c'est moi). Beaubourg a ainsi exorcisé l'esprit de Mai 68 tandis que les grands projets de Mitterrand ont permis au pays de sortir de la récession des années 1970. A présent, Nicolas Sarkozy suit la trace de ses augustes aînés avec la présentation, en mars dernier, des projets de dix des plus grands architectes mondiaux pour l'avenir du Grand Paris, le vaste défi politique et urbain de cette présidence pour réconcilier banlieues et centre-ville.

Cette division géographique ne concerne pas seulement la capitale et s'inscrit dans un débat plus large qui agite la société française depuis des dizaines d'années : comment préserver l'identité française à l'heure de la mondialisation tout en restant ouvert sur les autres cultures ? L'exclusion d'un grand nombre de Français de la vie publique nationale empoisonne le pays depuis des années et débouche régulièrement sur des explosions de violence, comme lors des émeutes des banlieues en 2005. Cette exclusion est autant physique – et même architecturale – que sociale, politique et psychologique. A Paris, la division entre le riche centre-ville administré par Bertrand Delanoë et les banlieues est exacerbée par la présence du boulevard périphérique, véritable rempart des temps modernes.

Chaque côté du mur a ses propres problèmes. Deux millions d'"heureux élus" peuvent profiter du cadre de vie bourgeois, protégés dans leur charmant mirage aux toits mansardés. Mais les taxes, le coût du travail et la défense inflexible du paysage urbain contre certains méfaits de la modernité comme les gratte-ciels font fuir les entreprises. Paris ressemble de plus en plus à une belle endormie que son maire, Bertrand Delanoë, s'efforce de réveiller en organisant des fêtes "populaires" comme Paris-Plage et en adoptant des mesures controversées, comme lorsqu'il a décidé d'en finir avec l'interdiction de construire dans Paris des immeubles de plus de 37 mètres de hauteur. De l'autre côté du périphérique vivent plus de 9 millions de personnes, certaines dans de ravissantes banlieues comme Neuilly ou Saint Germain-en-Laye, mais beaucoup se retrouvent dans des ghettos ethniques défavorisés, mal desservis et oubliés des pouvoirs publics, comme Clichy-sous-Bois. Le Grand Paris est l'occasion de repenser une ville qui vit depuis dix ans dans l'ombre de sa rivale londonienne, peut-être moins élégante mais tellement plus entreprenante.

Le Grand Paris est un projet extrêmement ambitieux. Sarkozy, ou du moins ses conseillers, veulent redessiner les contours de la ville et de sa région en profondeur, un peu à la manière du baron Haussmann à qui l'on doit les grands boulevards conçus pour permettre le passage de l'armée en cas de révolte populaire et bordés de boutiques à la mode pour le plus grand plaisir des bourgeois. C'est à cette époque que les classes ouvrières commencèrent à être expulsées hors de la ville, une décision à l'origine de nombreux problèmes actuels. Mais le pari est loin d'être gagné. Bon nombre de critiques s'interrogent sur l'opportunité de tels travaux en temps de crise économique mondiale. D'autant plus que les Français entretiennent un lien particulier avec l'espace public et l'architecture.

 

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