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Pierre Mansat et les Alternatives

Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

Balladur, Grand Paris , articles

Balladur à France Culture
Perben à la radio
et un article  de
Marianne et une opinion de Gérard Courtois. Marrant de voir comme la vulgate ( millefeuille, trop d'élus, complexité) est reprise sans aucun doute, sans aller voir ailleurs comment ça marche.
Chronique
"Bobards !" contre barouf, par Gérard Courtois
LE MONDE | 02.03.09 | 13h17  •  Mis à jour le 02.03.09 | 13h17

i Edouard Balladur n'existait pas, il faudrait l'inventer ! L'ancien premier ministre est peut-être bien le seul à avoir assez d'expérience, de détachement et de fraîcheur d'esprit - sans compter la confiance présidentielle - pour oser s'attaquer aux problèmes réputés insolubles. Il y a un an, il remettait ses propositions sur la réforme des institutions qui, après la révision constitutionnelle de juillet 2008, viennent tout juste d'entrer en vigueur. Il s'apprête à récidiver avec les collectivités locales.
Ce sera, à l'évidence, une autre paire de manches. Avant même la remise du rapport de la commission de sages qu'il avait réunie à cet effet, "Edouard" a même dû s'autoriser un gros mot - "Bobards !" - pour tenter de couper court au concert de rumeurs, de soupçons et de critiques déclenché par ses propositions.

Ce barouf était inévitable. Chacun, en effet, admet que la France souffre d'un enchevêtrement courtelinesque d'institutions et de pouvoirs qu'il conviendrait de rendre plus lisible et plus efficace. Mais chacun entend bien n'être pas la victime de cette clarification. Cela fait du monde : 577 députés, 343 sénateurs, 4 039 conseillers généraux, 1 731 conseillers régionaux, sans oublier les 36 782 communes, du village à la métropole, avec leur maire et leur conseil, les 2 580 groupements intercommunaux à fiscalité propre, les 334 "pays"... Au total, quelque 450 000 élus locaux, du bénévole dévoué au roitelet tout-puissant. Et chacun est prêt à prendre la fourche pour défendre son terroir, son pré carré, sa plaque d'immatriculation. Mieux, son identité menacée et un peu de douceur locale dans ce monde de brutes mondialisé.

N'y aurait-il que cela, l'affaire serait déjà compliquée. Il s'y ajoute deux difficultés. La première est le soupçon de manoeuvre politique. La gauche dirige 20 des 22 régions métropolitaines, 58 départements sur 102 et les trois quarts des villes de plus de 100 000 habitants. Il faudrait être bien irénique pour imaginer qu'elle ne pousse pas des cris d'orfraie quand on envisage de modifier les frontières ou les pouvoirs de ces différentes collectivités. Surtout si, au passage, on raye de la carte la région Poitou-Charentes (et sa présidente Ségolène Royal) et la capitale (et son maire, Bertrand Delanoë), diluée dans un hypothétique "Grand Paris".

Mais l'obstacle le plus sournois est ailleurs : dans le non-dit de toutes ces réformes, on a nommé l'exception très française du cumul des mandats. Comment espérer que les parlementaires aient le courage d'arbitrer un tel débat dès lors que plus de quatre sur cinq d'entre eux sont également élus locaux ? Donc juges et parties. Edouard Balladur avait esquivé le problème lors de la réforme des institutions nationales. Ses propositions de refonte des collectivités locales pourraient bien, demain, être victimes de cette prudence.

 


Courriel : courtois@lemonde.fr.

Gérard Courtois
Article paru dans l'édition du 03.03.09


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