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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 00:54

Un article de Paris Obs sur la crise de la presse parisienne, "métropolitaine".

J'y reviendrais dans ce blog.

Oui l'absence , non pas de culture métropolitaine, mais de valorisation de cette culture, de mise en évidence de son existence, résultat de politiques ultra-territorrialisées, de courses à "l'identité", y compris sous ses formes que je juge régressives : le village, le quartier comme "nec plus ultra".



C'est le mystère francilien. Une hécatombe de titres, un Waterloo médiatique. «7 à Paris» : 1986-1992. «Nova Magazine» : 1994-2004. «Aden» : 1997-2004. «Zurb an» : 2000-2006. «Elle à Paris» : 2004- 2007. Sans compter les projets mort-nés : «Zinc», «Paris Star», «Grand Paris», «Paris Hebdo»... Confronté à la «suspension» de «Nova» en décembre 2004, son fondateur, l'excellent Jean-François Bizot, avait pris le parti d'en rire : «On ne coupera plus d'arbres tous les mois.» «ParisObs», lui, ne disparaît pas. Le journal fusionnera fin janvier avec «TéléObs». L'info culturelle y sera traitée de manière plus riche, plus exhaustive. L'info politique et sociale étant réintégrée dans l'édition nationale et son site. Une évolution parallèle à celle du «Journal du Dimanche», dont le supplément Ile-de-France disparaît au profit d'une rubrique parisienne de quatre pages dans le journal.

Trois hebdomadaires pour 8 millions d'habitants

A la rentrée 2009, il ne restera donc que trois hebdomadaires consacrés à l'agglomération parisienne : «le FigaroScope», «Télérama Sortir» et le successeur de «ParisObs». Tous suppléments. Tous axés sur la culture. C'est peu. Pour une agglomération de 8 millions d'habitants qui cherche à se vivre métropole en se structurant en Grand Paris, c'est même une goutte d'eau. Berlin a ses deux quinzomadaires, «Zitty Berlin» et «Tip Berlin». Londres a son «Time Out». New York son «New Yorker» et son «New York». Et les villes de province leurs «LyonMag», «Journal toulousain» ou «Gazette de Montpellier».

Des budgets publicitaires impactés par la crise

Alors, quid de la situation parisienne ? La crise est là, certes. Crise économique majeure, impactant les budgets publicitaires. Et crise - encore plus profonde - de la presse écrite. On connaît l'histoire : la double concurrence d'internet et des gratuits, très développés dans la capitale. Une presse parisienne qui survit essentiellement sous la forme de suppléments (outre le quotidien «le Parisien»). Et des suppléments hebdomadaires qui, en période de vaches maigres, servent de variables d'ajustement. Ainsi du «JDD Ile-de-France», condamné malgré des enquêtes de lectorat très favorables et une nette hausse des ventes à Paris (+27%) depuis quatre ans. Incompréhensible ? Pas forcément. La rentabilité des suppléments est toujours difficile à jauger. «C'est très politique, analyse Laurent Carpentier, ex-rédac' chef d'«Aden», supplément culturel du «Monde». Selon que notre interlocuteur au sein du journal nous aimait ou non, on avait ou non un impact sur les ventes.» Finalement, la mort d'«Aden» aura coûté 4 000 lecteurs au quotidien du soir. A la fois peu et beaucoup.

«Paris n'est pas Londres. Il n'y a pas de culture métropolitaine.»

La crise toutefois n'explique pas tout. Au-delà des considérations économiques, les malheurs des médias parisiens ont quelque chose de singulier. La floraison de titres il y a dix ans contraste avec la débâcle des quatre dernières années. A se demander si le marché parisien ne tient pas du miroir aux alouettes. Désormais retiré des médias, Jean-Christophe Mikhailoff, l'ancien éditeur de l'hebdo «Zurban», n'est pas loin de partager cet avis. «Tous nos titres échouent sur le même écueil : ils tablent sur un lectorat de 8 millions d'habitants. Mais Paris n'est pas Londres. Il n'y a pas de culture métropolitaine. Le lectorat parisien, c'est 2 millions. L'intra-muros.» De fait, «Zurban», comme la plupart de ses concurrents, n'a jamais réussi à passer le périphérique (70% de la diffusion à Paris). «L'habitant de Chatou n'en a rien à faire de ce qui se passe à Créteil. Et la plupart des banlieusards n'ont qu'une consommation très ponctuelle de la culture à Paris. Il y a des frontières mentales que l'on n'imagine pas...»

Un marché trusté par les grands titres nationaux

Deux millions de lecteurs, direz-vous, ce n'est pas si mal. A ceci près que le marché parisien est également trusté par les grands titres nationaux, centralisation oblige. Ceci est particulièrement vrai des rubriques culturelles, largement consacrées aux grands événements de la capitale. Cause (ou effet !), «le Monde» diffuse ainsi à 48% en Ile-de-France (37% à Paris), «le Figaro» à 59% (42% à Paris), «Libé» à 42% (27% à Paris).Que reste-t-il alors à la presse locale parisienne ? L'ultra-proximité, peut-être. C'est en tout cas le choix fait par «le Parisien» qui, faute de traiter la métropole comme un tout, décline l'info francilienne en cahiers départementaux. Mais, là encore, le pari est risqué. Ancré dans ses forteresses - plutôt âgées et plutôt populaires - du Nord-Est parisien, le grand quotidien populaire, voit ses ventes s'effriter, lentement depuis dix ans, très fortement depuis un an. «A chaque changement de direction, on nous ressort les excellents résultats d'«Aujourd'hui», la version province du journal, qui se concentre sur l'info nationale. Et à chaque fois, l'existence des cahiers est menacée», témoigne un journaliste localier.

Des «lecteurs orphelins»

Seul rayon de soleil dans ce marasme : la disparition des titres franciliens finit par susciter un sentiment de manque. Carpentier à «Aden», Mikhailoff à «Zurban», Alain Kruger à «7 à Paris»... Tous les «anciens» sont confrontés à ce même phénomène des «lecteurs orphelins» toujours prompts à se lamenter des années après la disparition de leur titre fétiche. C'est que les curieux de tout, les piétons de Paris n'ont pas - tous - disparu, malgré la «tribalisation» des pratiques culturelles. Et il n'y a plus grand monde pour les guider. La tentation du city magazine reste donc présente. Venant occuper un créneau laissé désert par la concurrence, «le Figaro», après avoir supprimé ses pages Paris en 2003, réfléchit ainsi à réorienter son supplément du mercredi avec des pages tendance-quartiers traitées sous forme d'enquêtes et de dossiers. En place depuis vingt et un ans, «le FigaroScope» fait d'ailleurs figure de rescapé. On le dit régulièrement mort. Sa pagination se réduit à vue d'oeil. Mais il résiste. Parce que sa forte notoriété (notamment sur les rubriques gastronomiques) permet d'augmenter la diffusion du journal le mercredi. «Et qu'il permet de renouveler le lectorat, comme le souligne la journaliste Colette Mansat. On va chercher du monde au-delà de l'Ouest parisien, sur une radiale Abbesses- Marais. Ce n'est peut-être pas massif, mais c'est bon pour l'image du journal, et sa visibilité.» Toujours ça de pris !


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Published by Pierre MANSAT - dans Paris Métropole
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