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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 07:37

Le Moniteur consacre un dossier à Paris et aux projets urbains et architecturaux. Traite également de Paris Métropole. Un interview de B.Delanöe, un autre d'Anne Hidalgo et des portraits : Dominique Alba, directrice de l'Arsenal et directrice déléguée de l'Apur, Elisabeth Borne , directrice de l'Urbanisme, et Pierre Mansat 

>>> le dossier

Bertrand Delanoë : "Faire de Paris une grande métropole du XXIème siècle"

Interviewé par Le Moniteur, Bertrand Delanoë, maire de Paris, a fait le point sur le financement des grands chantiers de son mandat, le retour des tours et l'avancement de Paris Métropole.

LE FINANCEMENT DES GRANDS CHANTIERS

Pendant le premier mandat, la collectivité parisienne a investi en moyenne un milliard d'euros par an : ce rythme d'investissement va-t-il se poursuivre ?
J'y compte bien. Entre 2009 et 2014, l'investissement de la collectivité parisienne s'élèvera en moyenne à 1,2 milliard d'euros par an. Cette politique d'investissement a d'ailleurs marqué un changement de donne radical pour Paris. Depuis que la gauche gère la capitale, l'investissement annuel a doublé : c'est là un levier majeur pour moderniser notre ville, opérer l'indispensable rééquilibrage entre le sud-ouest et le nord-est parisiens et intensifier les services rendus aux Parisiens par le financement du logement, du tramway, des crèches, et de nombreux équipements culturels et sportifs. Mais j'y insiste, cette dynamique a toujours été de pair avec une maîtrise vigilante de notre budget et de notre niveau d'endettement qui est l'un des plus bas de France. Ce mode de gestion nous a d'ailleurs valu d'obtenir la note maximale « AAA » décernée simultanément par les trois plus grandes agences internationales de notation. Avec Vienne, Paris est ainsi la métropole d'Europe la mieux notée.

Lors du débat sur les orientations budgétaires, le 20 octobre, il a beaucoup été question de la hausse des impôts locaux en 2009...
Je veux simplement rappeler qu'après une augmentation de 56% entre 1990 et 2000, quand la droite dirigeait notre ville, les impôts locaux parisiens sont restés strictement stables depuis 2001. Pendant la dernière campagne des municipales, j'ai donc dit aux Parisiens qu'il y aurait une hausse de la fiscalité, inférieure à 10% et exclusivement en 2009 et en 2010.

La baisse des droits de mutation liée au ralentissement de la conjoncture immobilière ne risque-t-elle pas de remettre en cause certains projets ?
Nos engagements seront tenus, en dépit d'un contexte budgétaire évidemment contraint par la crise actuelle, mais aussi par le désengagement de l'Etat que j'évoquais il y a un instant et par cette baisse prévisible des droits de mutation. Raison de plus pour mettre en œuvre une gestion très exigeante et pour nous concentrer sur les priorités validées par les Parisiens pendant la campagne.

LES TOURS

Vous avez insisté sur la beauté de la tour "Triangle" des architectes Herzog et de Meuron. Quels autres projets de tours ou quelles tours déjà réalisées considérez-vous comme de "beaux objets architecturaux" ?
Aucune à Paris, c'est clair, sinon la Tour Eiffel, qui en est devenue le symbole à travers le monde... Mais plus sérieusement, je citerai le Gherkin de Norman Foster qui, malgré ses 180 mètres de haut, s'intègre parfaitement dans le paysage urbain de Londres et dont la morphologie change selon le point de vue. A Barcelone, la Torre Agbar de Jean Nouvel incarne, pour moi, l'architecture durable du XXIème siècle qui conjugue la responsabilité environnementale et la beauté des lignes et des couleurs, une qualité rare de l'architecture.

Cette concertation sur les immeubles de grande hauteur n'arrive-t-elle pas un peu tard au regard du ralentissement de la conjoncture immobilière ?
J'ai évoqué le sujet des hauteurs dès 2004. A l'époque, c'était une piste qui venait nourrir une réflexion plus globale sur l'élaboration de notre Plan Local d'Urbanisme.
Une coalition hétéroclite et conservatrice a d'ailleurs rejeté le principe même de ce débat. J'en ai prix acte, mais sans renoncer, car ce sujet est légitime. C'est pourquoi nous avons lancé le groupe de travail sur les hauteurs. Dix équipes d'architectes se sont mobilisées à partir d'une feuille de route très précise pour alimenter ce processus. Aujourd'hui, dans six quartiers identifiés et situés à la périphérie de Paris, nous souhaitons avancer en concertation avec les habitants et les élus des communes limitrophes, travailler ensemble sur l'avenir citadin, sur l'esthétique, sur des formes dignes du futur de Paris, avec une préoccupation écologique assumée, c'est-à-dire des créations exclusivement en Haute Qualité Environnementale. Pour toutes ces raisons, je pense que ces trois années n'ont pas été vaines et qu'un sujet comme celui-ci exige au contraire une démarche ouverte et progressive.

PARIS MÉTROPOLE

La structuration de la Conférence métropolitaine en syndicat mixte d'études constitue-t-elle une étape importante ?
D'abord, je constate que la dynamique même de Paris Métropole est désormais unanimement considérée comme le lieu et l'instrument pertinent sur ce dossier. Ceux qui, hier, nous critiquaient ont choisi de nous rejoindre et je m'en félicite. Quant au syndicat d'étude, oui, il est une première étape essentielle qui a vu se constituer un collectif d'élus désireux d'avancer ensemble sur les problématiques du coeur de l'agglomération. Au-delà des études de projets métropolitains, ce syndicat a vocation à réfléchir à une plus grande solidarité financière et fiscale entre les collectivités de Paris métropole. Nous travaillons aussi à des partenariats qui engageraient davantage les collectivités dans la mise en oeuvre de projets de niveau métropolitain, qu'il s'agisse par exemple de développement économique, de logement ou des transports.

Qu'attendez-vous de la consultation internationale du "grand pari de l'agglomération parisienne" ?
Nous y sommes associés, nous suivons avec beaucoup d'attention les travaux menés dans ce cadre, car les équipes impliquées sont toutes de qualité. J'ai prévu de les rencontrer prochainement parce qu'elles peuvent contribuer à nourrir nos réflexions sur l'aménagement de la couronne. C'est ce même souci de pragmatisme qui prévaut d'ailleurs dans ma relation avec Christian Blanc. J'entends, en tout cas, que les choses continuent d'avancer, car l'avenir de notre métropole implique que nous maintenions un dialogue et un rythme soutenus. En tout état de cause, soyons clairs, rien ne saurait se concevoir sans ou a fortiori, contre les élus franciliens. L'Ile de France n'a pas vocation à devenir un territoire d'exception dont l'aménagement relèverait essentiellement du libre arbitre de l'Etat.

Propos recueillis par Nathalie Moutarde

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