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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 19:33
J'ai eu le privilège de découvrir en avant première l'essai que Philippe Panerai publie aux éditions de La Villette. Ce document précis dans lequel Philippe Panerai affirme des points de vue forts,  tombe à pic au moment ou la gouvernance se cherche, ou commencent à s'élaborer les statuts du futur syndicat Paris Métropole...
Le documents préceédents que j'ai publié sur ce blog donnent un aperçu de cette contribution attendue.
Pierre Mansat





















Le point de vue de l'éditeur.
L'avertissement
Un extrait du dernier chapitre
>>

Du président de la république au maire de Paris en passant par le président de la région Île-de-France, voilà trois strates du pouvoir, celui de l'état, des collectivités territoriales et de la municipalité parisienne qui, armées d'un nouveau secrétaire d'état, se portent au chevet de la capitale française pour décider de son avenir. Mais plus que des effets d'annonce, des luttes politiciennes ou de mirifiques grands projets architecturaux, le Grand Paris a besoin de se forger une identité et un destin communs. Pour servir cette ambition, il convient d'expliquer et d'analyser les aspects de cette métropole, c'est précisément à la tâche que ce livre s'assigne. Il traite de la forme de la ville en essayant de fournir des outils comme des repères pour décrire l'agglomération parisienne et imaginer son avenir au XXIe siècle au sein des grandes métropoles mondiales.

Voilà longtemps que Paris a dépassé ses limites pour former une agglomération où se rassemblent des territoires divers coupés par des infrastructures de transports et des forêts, où les parties habitées coexistent avec des zones agricoles, des pôles d'emplois, des secteurs naturels, des plateformes logistiques. Le centre ancien, la Ville de Paris, ne représente plus que 5% du territoire urbanisé et deux millions d'habitants. Dorénavant, il doit composer avec d'autres réalités, en premier lieu les sept à huit millions de banlieusards.

Le débat sur Paris et son agglomération est essentiel : quelle ville et pour qui ? Par quelles modalités associer les citoyens aux décisions qui les concernent ? Comment faire participer les acteurs économiques aux stratégies d'aménagement qui fixent le cadre du développement ? Cette discussion se nourrit des espoirs, des inquiétudes et des prises de conscience récentes sur l'environnement et la préservation des ressources, la densité et l'économie des sols, les modes de transport et le développement économique, le logement et l'emploi.

Philippe Panerai est architecte et urbaniste. Son activité professionnelle se déploie selon trois grands champs : le grand territoire et la redéfinition des rapports ville/campagne, la forme de la ville et l'intégration des grandes infrastructures, les mutations du tissu urbain, notamment celles des grands ensembles de logements sociaux. Ses travaux ont été maintes fois récompensés par le Prix Haussmann en 1981, le Grand Prix National d'Urbanisme en 1999, la Médaille d'Argent de l'Académie d'Architecture en 2007.

Il s'est longtemps également consacré à l'enseignement et a abondamment publié dont Formes urbaines, de l'îlot à la barre, avec J. Castex et J. Ch. Depaule, traduction en italien, allemand, néerlandais, espagnol, serbo-croate, japonais et anglais ; Lecture d'une ville, Versailles, Le Moniteur, Paris, avec J. Castex et P. Celeste ; Éléments d'analyse urbaine, avec J.Ch. Depaule et M. Demorgon ; Projets urbains avec D. Mangin, traduction en espagnol.

 

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"La question de la métropole parisienne me poursuit depuis mes études. Inscrit dans le prolongement de l'histoire de Paris, le schéma directeur de 1965 posait alors, avec les villes nouvelles la question d'une nouvelle échelle pour la capitale. Le concours pour l'aménagement du quartier des Halles de 1967 auquel j'ai participé dans l'équipe de Louis Arretche s'intéressait à son centre. Les questions n'ont guère changé.

L'enseignement à l'école d'architecture de Versailles puis à Paris, l'activité professionnelle d'architectes tournés vers l'urbanisme ont fourni 1000 occasions de parcourir, de relever, observer la région parisienne. D'y mener études et projets, de la comparer avec d'autres grandes métropoles. Plus récemment et à partir des réunions organisées à l'occasion de la révision du schéma directeur de la région Île-de-France, a débarrassé construit auquel j'ai participé avec intérêt ce livre est issu de tout cela.

 Il est inséparable du travail mené à l'agence depuis 15 ans : concours, études et projets sur Seine Amont, Sarcelles, Versailles, Mantes, Champigny, Romainville, la Courneuve, Montereau, Grigny, Saint-Cloud, Saint-Ouen, Nanterre, la R. N. 14 la R. N. 445, la R. N. 6, Vigneux, La Défense, Corbeil, Seine rive gauche, le 14e arrondissement, Ivry, Évry, la porte des Lilas, la Plaine de France, Massy, Aulnay, Boulogne.

Ma gratitude va naturellement à ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont été associé à ce travail. Avec Hélène Fernandez s'ont été posé les bases d'une cartographie du Grand Paris, sujet sur lequel sa thèse apportait des éclairages et des analyses particulièrement stimulantes ; elle a eu la gentillesse de relire la première version du manuscrit et de me faire profiter de ces remarques toujours pertinentes.

Avec Dominique Petermüller ont été approfondis à l'occasion de plusieurs projets, à Massy, Mantes et Plaine de France, les enjeux actuels du développement, avec Xavier Fabre, mon voisin la question du métrophérique.

Interlocutrice permanente toujours agréable, Shahinda Lane qui a participé dès l'origine ou aux comparaisons entre métropoles, a coordonné avec intelligence et sensibilité le recueil et la fabrication des illustrations. Nicolas Simon en assurait le bon achèvement avec compétence et efficacité. Julie de Kimpe a eu la responsabilité du métrophérique. René Schmid a inlassablement exploré les données démographiques. Flavia Da Silva Antunes et Julia Kosciuk ont été mis à contribution sur la question des grands ensembles et des tissus. Enfin Martine Eterradossi à assuré la saisie et le traitement des versions successives du texte sans se départir de son flegme.

Ma connaissance du Grand Paris doit beaucoup aux élus et aux maîtres d'ouvrages qui m'ont permis de travailler sur tel ou tel territoire, d'en comprendre les enjeux et, pendant des temps plus ou moins long, d'en partager un peu la vie. L'engagement concret que constitue chaque projet a construit progressivement mon point de vue. S'ils sont trop nombreux pour que je les cite, qu'ils sachent que je les en remercie.

En contrepoint de ces visions localisées l'indispensable ouverture sur l'échelle métropolitaine a été favorisée par la en compte de quelques personnes que je tiens à remercier pour le rapport.

Cristina Conrad, présidente de l'ordre des architectes d'Île-de-France, instauré en organisant les débats publics sur la révision duSDRIF un mouvement d'idées particulièrement fécond auquel je dois l'envie de continuer. Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris chargé des relations avec les collectivités territoriales d'Île-de-France, m'a invité aux séminaires et aux rencontres sur le thème de la Métropole qui enrichit ma réflexion. Yves Laffoucrière directeur général, m'a fait participer au conseil de qualité de l'immobilière3F. Dont les visites et les débats réguliers ont constitué un lieu d'observation privilégié du logement social en Île-de-France. Claude Bartolone m'a associé à un atelier de réflexion où le croisement des approches politiques, économique, environnementale et sociale sur le territoire de la Seine-Saint-Denis a été riche et stimulant.

Les séminaires et colloques organisés par Rosemary Wackerman à New York, Guy Burgel et Michel Cantal -Dupart Paris ont fourni l'occasion de premières synthèses amorçant l'idée d'un développement que cet essai concrétise.

Une place particulière doit être donnée à Marc Bédarida et aux éditions de La Villette dans le rôle essentiel à commencer par la suggestion d'écrire puis par un accompagnement attentif et continu."

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" Quel dessin pour la métropole ?

De multiples figures s'offrent au choix de la gouvernance métropolitaine : schéma unitaire, polycentralités simples ou hiérarchisés, l'organisation par district ou géométrie variable des territoires de projet, coeur dense ou métropole élargie. Face l'urgence sociale, aux défis économiques et aux retards techniques l'efficacité s'impose. Elle demande une visibilité à l'échelle régionale nationale et internationale qui suppose une organisation claire réunissant selon Christian Lefebvre trois conditions :

- l'existence d'une institution leader, c'est l'enjeu de Paris Métropole ;

- la formalisation des relations avec l'ensemble des collectivités territoriales, c'est l'enjeu du montage institutionnel et des relations entre métropoles, agglomérations et les régions ;

- l'appui de la société civile et le développement des relations avec les acteurs économiques, ses enjeux notamment de l'affirmation de l'aire urbaine et de son identité nationale.

 

Si elle ne peut exister sans le soutien de l'État, l'émergence d'une organisation métropolitaine se trouve grandement facilitée par la présence d'un individu leader charismatique qui porte le projet et entraîne l'adhésion. Elle ne peut se réaliser sans une requalification attentive des territoires, en premier lieu ceux qui cumulant pauvreté et sous-équipement se trouvent de fait mis à l'écart de développement.

Le Grand Paris commencera d'exister par des mesures simples, modestes mais essentielles pour rompre les logiques de ségrégation : un nom partagé, une tarification unique des transports, une répartition équitable des services. Il suppose bien sûr des investissements importants afin de donner à chaque habitant une égalité dans trois domaines :

- le logement, dont le déficit actuel (près d'un million) constitue non seulement une pénalisation des plus pauvres et une paupérisation des classes moyennes mais un obstacle au développement économique ;

- la formation, essentielle à tous les niveaux, de la petite enfance à la formation professionnelle pour que l'égalité des chances soit autre chose qu'une formule régulièrement affirmée mais sans effet ;

- la mobilité qui dans la grande ville contemporaine conditionne à la fois l'accès la formation, à l'emploi, la culture et aux loisirs.

Logement, formation et mobilité réclament à l'évidence un engagement fort des collectivités, ne serait-ce que pour amorcer le comblement des retards constatés aujourd'hui. Les choix qui seront opérés dans ces trois domaines vont conditionner la structure de la métropole en particulier les transports publics qui supposent des infrastructures matérielles durablement inscrit dans le sol. Dessinée à l'époque où les territoires de la banlieue étaient, sauf exception, asservis à la capitale, le réseau de transports a été principalement conçu pour servir Paris, les territoires étant desservis que dans la mesure où c'était utile à la capitale. Dans le schéma radioconcentrique, c'est principalement le radial qui compte. Il faut aujourd'hui inverser ce schéma et desservir les territoires pour eux-mêmes en multipliant les relations diagonalles entre les centres et en articulant les différentes échelles d'une métropole dans le centre a dépassé 40 km de diamètre. En même temps il faut prendre la mesure de la région urbaine qui, avec ses 200 km de diamètre et ses 15 millions d'habitants demande aussi des transports réguliers rapides et confortables.

La seule alternative sérieuse au schéma radioconcentrique qui maintient les inégalités n'est pas dans un combat abstrait entre centralités et polarités, elle est dans la mise en oeuvre d'une polycentralité hiérarchisée assurée par la réalisation d'un maillage efficace de transports en commun lourd dont on peut espérer trois effets : conforter les centres existants, révéler des centralités nouvelles, relier les différents territoires du Grand Paris sans toujours passer par le centre. On me dira que cela est déjà prévu ou que cela coûte trop cher. Mais combien coûte à la Nation entretenir - mal, j'en conviens 2 millions de chômeurs depuis 20 ans ? Combien coûte à la nation d'attendre et de reporter de schéma en schéma et de plans en plans la qualité de vie urbaine à laquelle chaque habitant a droit ? Services de proximité, accès à l'information, à l'emploi, aux loisirs. Une question de citoyenneté.

La carte d'unGrand paris plus juste et plus solidaire sera le plan de ses transports en commun.

Paris, le 21 mai 2008 "

 

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Published by Pierre MANSAT - dans Paris Métropole
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