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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 08:37

Sibylle-Vincendon-page-de-couverture-copie-1.jpgQui aura la main sur le Grand Paris ? La gauche emmenée par Bertrand Delanoë, ou la droite cornaquée par Nicolas Sarkozy soi-même ? Pour le moment, on s’observe. Mais l’organisation de la zone centrale de l’Ile-de-France est bel et bien devenue un enjeu de pouvoir. Et chacun attend ce qui sortira des municipales pour évaluer l’état des forces en présence.

Longtemps, l’affaire n’a intéressé que Paris et quelques collectivités préoccupées par l’absence de structure d’agglomération. La conférence métropolitaine est née de l’initiative de ces convaincus, dont l’animateur principal est le Parisien Pierre Mansat, adjoint (PCF) aux relations avec les collectivités territoriales. L’UMP a boycotté ce club informel, et la conférence a phosphoré au fil des mois dans l’indifférence générale.

Et voilà qu’à l’automne, le président de la République s’est emparé du sujet en annonçant une consultation internationale d’architectes sur la «métropole de l’après-Kyoto». Dix équipes devaient être choisies ces jours-ci, mais la sélection viendrait d’être repoussée au lendemain des élections. On attendra. Tout reste à préciser : jury, comité de pilotage, accès aux deux agences d’urbanisme de Paris (Apur) et de la région (Iaurif) qui n’ont pas été associées.

A préciser aussi, la gouvernance. Un comité interministériel d’aménagement du territoire aura lieu à l’automne pour poser les bases d’une structure créée par une loi ad hoc. On évoque aussi la création d’un secrétariat d’Etat à l’Aménagement du Territoire et aux Grands Projets. Il faudra fixer un périmètre géographique. Et un mode de répartition de l’importante taxe professionnelle du cru.

Après vingt ans de décentralisation, le gouvernement aura du mal à imposer un schéma en force à une région, huit départements et 1 300 communes. Surtout si les élections sont favorables à la gauche. D’où l’importance des résultats. Car si Paris reste perdu pour la droite, l’émergence d’une «ceinture bleue» pourrait lui offrir les manettes de la future métropole.…


Sibylle vincendon qui vient de publier un " Petit traité des villes à l'usage de ceux qui les habitent"

Sibylle Vincendon
Petit traité des villes
à l'usage de ceux qui les habitent
Vous croyez que vous ne comprenez rien à l'urbanisme, que c'est un domaine réservé aux politiques, aux architectes et aux marchands de béton ? Pourtant vous circulez dans la ville, vous utilisez ses équipements: la gare, l'hôpital, le lycée; vous admirez la beauté de certains quartiers, vous déplorez la laideur de certaines constructions. C'est en ville que vous travaillez, que vous aimez, que vous évoluez. Sans même y réfléchir, c'est là où vous avez vos racines, c'est là que vous construisez votre vie. C'est même là où vous votez.
Il est temps de vous réapproprier votre ville. Pour ne pas la laisser aux seules mains des technocrates et des promoteurs. Il vous manquait juste un Petit traité des villes à l'usage de ceux qui les habitent. Un livre sensible, accessible, indispensable.
Sibylle Vincendon est rédactrice en chef adjointe à Libération. De 2003 à 2007, elle a conçu et coordonné les cahiers “Villes” mensuels.










extrait de la CONCLUSION
C'est une forme de respect que d'offrir au passant un témoignage de son temps.
 
Fuir aussi ceux qui autorisent le “façadisme”. Garder une façade haussmannienne et brancher derrière des plateaux de bureaux banalisés est un gâchis économique parce que cela coûte cher et c'est aussi un mépris. On suppose les profanes incapables de comprendre autre chose que cette technique de faux nez.
 
Penser que l'important en ville, c'est l'espace public. La rue. Les images que nous associons avec des villes que nous qualifions de belles ne sont pas celles de tel ou tel bâtiment mais des images de paysages. Des paysages urbains, des ensembles, des places, des perspectives. La qualité urbaine de Paris, ce n'est pas la photo de la tour Eiffel, c'est celle des toits et du mariage de ce zinc avec les ciels gris clair qu'il y a là parce que Paris n'est pas si loin de la mer. Certaines tours de New York ont une célébrité personnelle — le Chrysler Building, le Flat Iron, l'Empire State — mais c'est le paysage de Manhattan dans sa totalité qui porte l'imaginaire. Les Américains ont un mot pour cette sorte de ligne de crête urbaine, ils l'appellent le skyline. La ligne de ciel. La statue de la Liberté n'a de sens que dans la baie d'Hudson. La preuve, sa réplique en réduction en a peu au pont de Grenelle.
C'est très compliqué, ces mariages réussis entre du vide et du plein, des bâtiments et des rues, des voitures, des lampadaires, des abribus, des enseignes et tout un fourbi de bornes, poteaux, potelets, feux tricolores, poubelles et autres. Des plus grands éléments aux plus petits, tout participe de ce que l'on a sous les yeux. Mais parfois, le mélange prend.
 
Le mieux, pour réussir une ville, est d'avoir du temps. Mais c'est ce dont les élus manquent le plus. Le mandat de six ans n'est pas à l'échelle de la fabrication des cités. A Paris, les murs mitoyens de certains immeubles ont pris la place du mur d'enceinte médiéval qui passait là. Ces immeubles ne remontent pas à Philippe-Auguste, ils portent simplement une trace de quelque chose qui a été inscrit dans le lieu sous Philippe-Auguste. Le tracé de la voirie est un bien précieux parce que c'est lui qui va traverser les siècles. Nous avons des rues en France qui sont deux fois millénaires. Les décisions municipales qui les raient de la carte sont bien coupables parfois. Autant que celles qui dessinent d'absurdes voies de desserte en forme de raquette dans les lotissements. Car aucun tissu urbain ne pourra se développer dans l'avenir sur cette base.
Les bons fabricants de ville, élus, urbanistes, architectes, paysagistes, rajoutent des choses les unes aux autres, regardent autour d'eux, sont attentifs à ce qui est déjà là, à ce qui se trouve dans le voisinage. Ils ne laissent pas le privé confisquer les trottoirs sans limites, ils préservent l'espace public, ce vide gratuit, autant qu'ils peuvent. Ils sont précautionneux, un peu prudents peut-être, minutieux sur les détails. Ils se soucient des petites choses : les vues qu'ils créent, les courants d'air, l'ensoleillement, les ombres portées. Ils s'interrogent sur le beau, ils ne le considèrent pas comme un luxe. Ils veulent refaire de la ville un rêve populaire. Ils le partagent. Les bons sont modestes. Ils acceptent de regarder les gens vivre. Et ils corrigent le tir s'il le faut. Ils ont une morale en somme. Ils ne racontent pas aux gens des sornettes sur le bonheur.
 
 
 
 
 

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