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Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

Débaptiser l'avenue Bugeaud à Paris ? Une bonne idée

Débaptiser l'avenue Bugeaud à Paris ? Une bonne idée
France-Algérie : l’avenue Bugeaud à Paris va-t-elle être débaptisée ?

Laurence Patrice, adjointe à la maire de Paris en charge de la mémoire et du monde combattant, se dit « favorable à étudier le cas du maréchal », conquérant controversé de l’Algérie.

[Comme certains m'interrogent sur la pertinence de ce geste, une précision. Débaptiser, sans doute si c'est possible mais accompagné d'actes [ par exemple plaque explicative] , l'objectif n'est pas de faire disparaître l'histoire, ni de la nier. Pierre Mansat ]

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Et si l’avenue Bugeaud était effacée des cartes parisiennes ? Laurence Patrice, adjointe à la maire de Paris en charge de la mémoire et du monde combattant (PC), a confié au Monde Afrique être « favorable à l’idée d’étudier précisément le cas du maréchal Bugeaud » et éventuellement débaptiser l’artère du XVIarrondissement qui porte son nom. Général lors de la conquête coloniale, le militaire est tenu pour responsable du massacre de milliers d’Algériens.

Depuis la mort de George Floyd – un Afro-Américain étouffé par un policier blanc aux Etats-Unis le 25 mai 2020 à Minneapolis –, l’avenue parisienne est devenue un symbole pour les partisans d’une décolonisation de l’espace public. Sur les réseaux sociaux ou les plateaux de télévision, historiens, membres de la diaspora algérienne et journalistes – comme Jean-Michel Apathie – ont été nombreux à rappeler que le maréchal était à leurs yeux un « assassin » et un « boucher ».

Partisan d’« une guerre acharnée » contre la rébellion menée par l’émir Abd El-Kader, Thomas Robert Bugeaud s’efforça de soumettre « les Arabes » en affamant les villageois, en brûlant leurs récoltes ou en les enfumant « comme des renards » dans des grottes… Il fut nommé gouverneur général de l’Algérie en 1840.

« Près de 500 adresses sur cette voie »

Pour en finir avec ce qu’ils considèrent comme une « honte », ses détracteurs ont demandé à la maire de Paris, Anne Hidalgo, que ce « bourreau » ne soit plus honoré par la ville. « Ces réactions ont permis de faire connaître ce personnage et cette période, souligne Laurence Patrice. Si une rue devait être débaptisée, ce serait elle. La dimension symbolique est importante. »

Surtout en cette période où Emmanuel Macron cherche à apaiser les mémoires avec l’Algérie. Le président français s’est dit, en juin, opposé aux déboulonnages de statues, mais l’ancienne porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, avait reconnu des exceptions comme l’avenue Bugeaud pour laquelle il était permis de se « poser la question ».

C’est ce que fait justement Laurence Patrice. D’après ses services, deux difficultés se poseraient si la ville décidait de rebaptiser l’avenue qui existe depuis 1863. La première est d’ordre technique. « Il y a près de 500 adresses sur cette voie », explique l’adjointe à la maire de Paris. Un changement de nom aurait des conséquences administratives pour les particuliers et les entreprises concernés. Enfin, il faudrait trouver un autre nom à l’avenue Bugeaud. « Mais c’est encore prématuré », insiste Mme Patrice.

Pour soumettre le dossier à Anne Hidalgo « avant l’été », l’élue en charge de la mémoire souhaite que la question de l’artère soit étudiée par le comité d’histoire de la ville de Paris. Il faut, estime-t-elle « ouvrir la réflexion avec d’autres historiens qui ne sont pas spécialistes de cette période. Nous devons encourager une mémoire plus vivante en mettant en avant la diversité et l’histoire de l’immigration ».

A Alger, au lendemain de l’indépendance, le 6 juillet 1962, la place Bugeaud – où trônait sa statue avant qu’elle soit déboulonnée – avait été renommée place de l’émir Abd El-Kader.

www.association-audin.fr

www.1000autres.org

> contact@association-audin.fr

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