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Pierre Mansat et les Alternatives

Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

Mixité sociale, revenus… les inégalités de plus en plus criantes en région parisienne, un article du Monde

[Ça fait 20 ans que nous nous sommes lancés dans la réponse politique à la métropolisation essentiellement pour ces raisons. Pierre Mansat]

Mixité sociale, revenus… les inégalités de plus en plus criantes en région parisienne

Les quartiers riches deviennent plus riches, les quartiers pauvres s’enfoncent, selon une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme sur la métropole du Grand Paris.

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Les milliers de conseillers municipaux fraîchement élus à Paris et en banlieue doivent se ruer sur cette étude. Les futurs candidats aux élections régionales aussi. En moins de vingt pages, l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR), un institut financé par la Ville de Paris, décrit le cœur d’une grande partie des problèmes auxquels sont confrontés les responsables politiques locaux et qu’ils ont tant de mal à résoudre : les inégalités sociales, de plus en plus criantes dans la région.

Paris et sa métropole constituent globalement une zone riche. Le revenu médian y est supérieur de 12 % à celui de l’ensemble des Français. Mais ces revenus élevés se révèlent très inégalement répartis. Les 131 communes du Grand Paris constituent même « la métropole française dans laquelle les disparités de revenus sont les plus fortes », souligne l’étude publiée jeudi 17 septembre.

Les pauvres y sont plus pauvres qu’ailleurs. En moyenne, les 10 % des ménages les moins bien lotis vivent avec un revenu inférieur de 18 % à celui dont dispose la même tranche de population dans le reste du pays. Surtout, les riches y sont beaucoup plus riches. Les 10 % les plus aisés bénéficient d’un revenu supérieur de 40 % à celui des ménages équivalents ailleurs en France.

Les classes moyennes et populaires chassées

La région parisienne connaît de longue date cette coexistence parfois très rapprochée entre ultra-riches et ultra-pauvres. Au XVIIsiècle, les fastes royaux du Louvre voisinaient avec la grande misère des indigents de l’Hôtel-Dieu et des mendiants réfugiés dans la cour des miracles. Aujourd’hui, à peine cinq kilomètres séparent les boutiques luxueuses des Champs-Elysées et les camps de migrants du nord de Paris.

L’APUR montre que cette situation s’aggrave. Malgré tous les efforts, les milliards d’euros injectés, les écarts ne cessent de se creuser entre les quartiers riches et les quartiers pauvres. L’APUR confirme ainsi à l’échelle de la métropole l’analyse publiée en juin 2019 au niveau de toute l’Ile-de-France par l’Institut Paris Région.

Entre 2001 et 2016, plus de 60 % des quartiers « montrent une accentuation des écarts de revenus », constatent les auteurs de l’étude. Dans de nombreux quartiers déjà parmi les plus aisés, les revenus ont en effet progressé plus vite que la moyenne au sein de la métropole. C’est en particulier le cas des « beaux quartiers » parisiens du centre et de l’ouest, et de communes cossues comme Issy-les-Moulineaux, Vanves, Puteaux, Boulogne-Billancourt, Sèvres, Neuilly-sur-Seine, Rueil-Malmaison ou encore Antony.

« Ces territoires de richesse se sont consolidés en attirant toujours plus de cadres », relate l’APUR. Un phénomène directement connecté au coût du logement. Dans ces communes, « l’enchérissement des prix de l’immobilier et des loyers exclut progressivement les catégories modestes du parc locatif privé ou en propriété », souligne l’étude.

A Paris, le prix du mètre carré a bondi de 35 % en cinq ans, et dépasse les 10 600 euros. Les salaires n’ont pas connu pareille progression. Si bien que les classes moyennes et populaires se retrouvent peu à peu chassées. Au moment du deuxième enfant, bien des familles quittent la capitale pour gagner un peu de place.

Puissante polarisation

De façon symétrique, de nombreux quartiers déjà modestes ont encore décroché. Les revenus y ont progressé moins rapidement qu’en Ile-de-France, voire diminué. Le pouvoir d’achat des habitants y a souvent baissé. Cela concerne une grande partie de la Seine-Saint-Denis et de ses villes comme Bondy, Bobigny, Noisy-le-Sec, ou encore Villeneuve-Saint-Georges, une des communes les plus pauvres du Val-de-Marne.

A chaque fois, ces quartiers semblent pris dans une spirale négative. Ils comptent beaucoup de logements sociaux, d’immigrés, de familles monoparentales, de chômeurs, et n’attirent guère les ménages qui disposent de revenus plus élevés.

« L’évitement des cadres et la concentration d’actifs peu qualifiés exposent davantage ces secteurs à la montée du chômage et à la précarité de l’emploi », note l’APUR. A Paris même, certains quartiers situés aux portes connaissent les mêmes difficultés, à l’image des Périchaux, dans le 15arrondissement, de la porte Dorée (12e), ou des portes du 18e.

Des quartiers toujours plus riches, d’autres toujours plus pauvres. Rares sont ceux qui échappent à cette puissante polarisation qui détruit la mixité sociale. L’APUR cite certains quartiers modestes en cours d’embourgeoisement, à Saint-Ouen, Clichy, Saint-Denis, Pantin, dans le bas de Montreuil ou à Alfortville. La raison de ces succès ? Des projets d’aménagement importants, une amélioration de l’environnement urbain, une bonne desserte en transports en commun, et des prix de l’immobilier plus sages qu’à Paris. Tout cela attire de nouvelles populations à plus hauts revenus.

« Ces exemples montrent que la construction et les choix des types de logement nouvellement offerts sont des leviers de transformation sociale dont l’impact est d’autant plus important que le poids de la construction est significatif au sein du parc de logements existant », souligne l’étude. Cette « gentrification » ne touche toutefois qu’environ 13 % des quartiers de la métropole, et les mouvements de rééquilibrage tant désirés « paraissent limités », conclut l’APUR. Une sorte de constat d’échec des « politiques de la ville » menées depuis des dizaines d’années.

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