Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Pierre Mansat et les Alternatives

Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

"Aménager le territoire, stop ou encore? "Une initiative qui met les pieds dans le plat

"Aménager le territoire, stop ou encore? "Une initiative qui met les pieds dans le plat
"Aménager le territoire, stop ou encore? "Une initiative qui met les pieds dans le plat
Le laboratoire d'idées La Ville en Commun, dans la foulée des conférences-débat organisées en 2019 avec la Maison de l'Architecture en Ile de France et le Conseil de l'Ordre des Architectes Ile de France] lance un nouveau cycle de travail sur les défis de l'aménagement du territoire.
Merci de nous faire part de vos réactions, critiques, propositions .
Et d'indiquer si vous souhaitez prendre une part active au pilotage de cette initiative.
Une première réunion se tiendra lundi 14 septembre à 19h
[ Ici ou par mail >  lavilleencommun@gmail.com ]
Dans un second temps nous publierons la  liste des questionnements essentiels.
Un site-forum dédié à cette initiative sera créé. Des conférences-débats organisées à Paris mais aussi en région.
Un des objectifs serait d'être force de propositions dans la campagne des élections régionales fixées en 2021.,
Salut et égalité
Pierre Mansat
Ci dessous une première contribution de Simon Ronai

Proposition pour le cycle 2 « Pour des alliances territoriales, vers quel aménagement solidaire ?»

Depuis le cycle 1 organisé en 2019/2020 la pandémie liée au COVID a accentué et mis a nu les contradictions d'un modèle de mondialisation, d’urbanisation généralisée, de croissance et de compétitivité débridées.

Tout en veillant a ne pas céder trop rapidement aux « effets covid » et a la tentation de la table rase, sachant que l’on ne gommera ni le « déjà là » ni le fonctionnement en réseau des grands pôles métropolitains de dimension mondiale tels que le Grand Paris, on a pu constater l’impréparation de la plupart des gouvernements face à la propagation rapide du virus, et à l’aggravation des inégalités sociales.

Plus récemment les élections municipales ont montré l’impact des préoccupations liées à l’environnement et aux conditions concrètes de vie dans les agglomérations urbaines de toutes dimensions.

Dans ces moments si particuliers trois types de questionnements ont notamment dominé la période ;

  • les liens entre concentration de population, densité urbaine et diffusion du virus sont ils établis ? si oui faut il remettre en cause la vulnérabilité de « la grande ville » et l’intensité des liens entre les territoires connectés insérés dans des flux internationaux de biens et de personnes?

  • plus transversalement comment la critique du productivisme peut elle intégrer plus systématiquement dans la planification territoriale et la programmation  urbaine la résilience face aux risques environnemental, climatique et désormais épidémique? Quels changements dans l’ordre des priorités, des moyens et des modes d’aménagement concernant les déplacements, les formes urbaines, les espaces naturels, les énergies alternatives, les impératifs sanitaires etc… ?

  • la dénonciation de la gestion néolibérale de l’Etat et de la financiarisation de l’aménagement, associé à l’accélération de l’urbanisation planétaire suffit elle pour expliquer les transformations du monde, la puissance des villes globales, et les déséquilibres de l’organisation interne du territoire malgré la prégnance de l’Etat en France ?

 

Alors qu’un « haut commissaire au plan et a la prospective » a été nommé et que l'évolution contemporaine de la  société française est souvent présentée comme bloquée par le carcan des institutions très verticales de la 5ème République, qu’en est il vraiment ? que dire du couple égalité/diversité territoriale? toutes les collectivités sont elles vraiment abandonnées et leur créativité empêchée à l’heure d’une nouvelle étape de la décentralisation? comment analyser les jeux d’acteurs et réinterroger l’approche de ce qui fut « l’aménagement du territoire » qui a su favoriser la croissance des « métropoles d’équilibres » et l’émergence des « réseaux de villes » sans parvenir à entamer le poids voire l’hypertrophie de la Région capitale ?

50 ans après les lois de décentralisation et le cortège de réformes qui ont suivi jusqu’en 2016, la question du devenir des systèmes territoriaux au croisement de l'histoire, de la géographie, des enjeux politiques, économiques, écologiques, architecturaux, urbanistiques et de démocratie, doit donc être reposée.

 

  1. La crise sanitaire révèle ce qui était déjà amorcé: l’avantage métropolitain est il durablement entamé ?

 

Aujourd’hui le modèle urbain métropolitain est interrogé : les grandes villes sont elles plutôt des lieux où l’on se résout à habiter temporairement que des lieux pleinement choisis, notamment au moment de la constitution de familles avec enfants ou simplement faute de moyens ?

  • les questions de densité, d’épidémie et de peurs sociales sont au fondement de l’urbanisme moderne, notamment à Paris, comment la crise interroge ce postulat fondé sur la priorité au sanitaire ?

  • l’accès facilité aux emplois, aux études supérieures et à la culture, l’animation urbaine et l’ouverture internationale seront ils durablement remis en cause par le télétravail ?

  • sans nier le probable changement de regard sur les villes moyennes, (télé travail, immobilier de bureau, confort et coût de la vie etc..) ce renversement sera t il durable ? y aura-t-il un mouvement d'exode urbain vers les villes de taille intermédiaire, voire les villages? est ce souhaitable?

  • la vulnérabilité des métropoles découle elle des politiques publiques nationales qui ont affaibli les capacités des services publics (santé mais pas que) où de l’extrême fragilité d’organismes urbains de plus en plus étendus et techniquement de plus en plus complexes ?

  • comment anticiper les crises à venir : urgences climatiques, sociales, sanitaires?  comment prendre en compte la dépendance énergétique et alimentaire des grandes entités urbaines en temps de crise?  


 

  1. L’inaccessibilité provisoire, et peut être durable, des aménités urbaines traditionnelles remet elle en question nos modes de vie et fera t elle émerger massivement les parades numériques individuelles hors toute politique globale d’aménagement des territoires?

  2. seront elles durables ? sont elles souhaitables ?

  • quel impact sur la ville existante (pôles d’activité centres commerciaux espaces publics) et sur les espaces dits périphériques?

  • quel impact sur les espaces de travail, les programmes de bureaux, les « CBD » ?

  • comment percutent elles en particulier le mode de vie et la sociabilité parisienne et plus généralement les « grandes villes »?

  • après les controverses sur les périphéries comment définir l’urbain aujourd’hui suffit il de l’opposer au rural, au péri urbain, quels sont les critères de distinction pertinents ?

 

  1. Du retour de l'Etat au retour des Collectivités le triomphe du local, mais quel local, est il la seule réponse au déficit démocratique et à la crise de l’aménagement des territoires?

La pandémie a réactivé le face-à-face classique et stérile entre un Etat technocratique et parisien, et les multiples « territoires » vagues, imprécis, et concurrents mais seuls dépositaires de la légitimité représentative. Après des années d’ajustements successifs la France des territoires s’est rebiffée contre un Etat central supposé voir les choses de trop loin, créer de la norme inutile, et empêcher les élus plus responsables, plus proches, plus réactifs d'avancer.

  • si la crise sanitaire a révélé l’ampleur des inégalités sociales et territoriales, sa gestion a aussi démontré la somme de dysfonctionnements des diverses composantes de la puissance publique, mais sont ils seulement les conséquences des réformes successives par le new management ?

  • a la lumière de l’expérience depuis les gilets jaunes jusqu'à la crise sanitaire comment ne pas interroger l’efficacité globale d’un système champion du monde de la dépense publique qui n’a cessé d’augmenter sans que cette croissance continue de moyens (bientôt 60 % du PIB), nous permette de faire mieux pour affronter la crise pandémique où l’aggravation des inégalités?

  • vers quoi allons-nous, où devrions nous aller : plus de décentralisation? déconcentration? re- centralisation ? qui doit porter des stratégies territoriales différenciées? la tentation du repli, du petit ?comment combiner local et appartenance métropolitaine ?

  1. Face au brouillage des périmètres urbains, à l’étendue des réseaux, à l’intensité des flux de personnes, de biens et des chaînes logistiques internationales, comment imaginer « l’aménagement des territoires » ?

 

  • peut on encore raisonner dans un cadre national, comment agir dans un cadre international ?

  • comment la notion de réseau et de flux sous tend l’approche de l’organisation territoriale qui rompt avec la vision d’une armature urbaine fixe et hiérarchisée ?

  • les maires requinqués réclament plus de pouvoir, mais pour faire quoi, avec quels moyens,  a quelle échelle ? la figure du local comme valeur refuge de la démocratie est elle la bonne réponse? quelles conséquences sur les politiques urbaines? Quel bilan des expérimentations locales ?

  • comment gouverner démocratiquement et efficacement les systèmes urbains complexes aux limites incertaines ?

  • n’est il pas temps de rechercher un système axé sur la recherche de l’efficacité globale des chaînes d’acteurs, locaux et globaux, publics et privés, services et biens communs produits en toute transparence et complémentarité ?

Plutôt qu’un plaidoyer pour un autre système, on sera attentif pour chaque rencontre à présenter les nouvelles pratiques émergentes, ce qui devrait changer, ce qui devrait être encouragé

  • logement alternatif et nouvelles sociabilités de voisinage

  • mobilité et déplacements maîtrisés,

  • pratiques culturelles et de loisirs (lieux physiques, diffusion / création par internet,

  • agriculture durable, acheminement et circuits courts (logeurs, porteurs de projet, jeunes entrepreneurs, AMAP, etc.)

  • formes et lieux du travail, en entreprise « traditionnelle », nouveaux lieux, travail en réseau (chercheurs, entrepreneurs individuels...)

  • formes renouvelées et rajeunies de débat public local / concertation, pétitions sur internet (maires, associations, jeunes chercheurs, etc.)

 

#amenagementduterritoire #commissaireauplan #villes "ruralité #territoire #métropole
 

 


 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article