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Pierre Mansat et les Alternatives

Pierre Mansat et les Alternatives

Sous ce titre style groupe de rock des années 60, se cache un blog consacré aux luttes émancipatrices, à la recherche du forum politico/social pour des alternatives, à la critique du système territorial français et à son évolution possible, aux luttes urbaines et au" Droit à la Ville", au Grand Paris, aux relations Paris/Banlieues; aux enjeux de la métropolisation, .......par Pierre Mansat, délégué général de La Ville en Commun, animateur de l'Association Maurice Audin

Non, la Métropole de Lyon n'est pas un modèle à suivre, par Martin Vanier et Daniel Béhar, sur La Tribune.fr

Non, la Métropole de Lyon n'est pas un modèle à suivre

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Lyon.
Lyon. (Crédits : Reuters)

Peut-on recomposer la France des territoires par l'arrangement interpersonnel de barons locaux, en l'occurrence Gérard Collomb et Michel Mercier, qui ont convenu confidentiellement d'une « rente libératoire » (75 millions d'euros) pour que le Grand Lyon sorte du Rhône ? Voilà qui parle davantage de la formation de la France au 11e siècle que du fonctionnement démocratique de celle du 21e. Il est vrai que cet arrangement a trouvé son chemin pour que soit modifiée la constitution - ce qui prouve la puissance en France du local sur le central, a contrario de ce qu'il en est dit et répété. Comme la Nouvelle Calédonie ou la Corse, la Métropole du Grand Lyon a droit à son propre article dans la constitution française : est-ce ainsi que la loi fondamentale de la République doit évoluer, d'exception en exception ?

Métropolisation

La résultante de cet arrangement c'est d'abord que la métropole de Lyon s'engage à rester pour longtemps le petit Lyon qu'elle est, c'est-à-dire une collectivité qui ne gouverne qu'une moitié de son agglomération (59 des 129 communes de l'unité urbaine) et notamment pas son espace aéroportuaire, le 3e de France. De son côté, le département du Rhône compte maintenant moins de 500.000 habitants, avec pour pôles structurants Villefranche-sur-Saône et Tarare. Le statu quo territorial des deux institutions est désormais garanti constitutionnellement et le faux clivage urbain-rural avec, alors que l'aire urbaine de Lyon couvre la quasi-totalité du Rhône : on fige par la constitution une distinction que la société et son économie ont effacé par la métropolisation.

Dans cette affaire, la métropole de Lyon a gagné des compétences d'action sociale, qu'elle aurait pu négocier avec le département comme la loi le lui permet. Était-ce décisif pour les métropolitains ? Pendant ce temps, les compétences clés que sont le développement économique, l'innovation, l'enseignement supérieur et de la recherche, mettent la Métropole en vive compétition avec la Région, comme partout en France. Faut-il que les métropoles s'excluent aussi de leurs régions pour mieux les exercer ? Cette conception de la décentralisation la conduirait au jeu de massacre.

Accord par exception

Enfin, par son statut de collectivité à part entière, la métropole de Lyon a obtenu la promesse du suffrage universel direct pour 2020, perspective que l'Association des Communautés de France réclame depuis 2 décennies pour toutes les intercommunalités, en particulier les plus urbaines. L'accorder par exception à quelques métropoles en France, c'est signifier à toutes les autres intercommunalités, y compris les 16 métropoles restantes, dont Paris et Marseille, qu'elles ne sont toujours pas prêtes d'être reconnues politiquement.

Engagé par la promesse électorale de supprimer 20 % des départements, promesse dont la réalisation implique une profonde redéfinition du couple région-département, le gouvernement est tenté par la plus mauvaise des voies : celle de l'indépendance et de la souveraineté métropolitaines. Mais la République des territoires a surtout besoin de coopération, de réciprocité et d'interterritorialité.

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