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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 11:43

La Métropole du Grand Paris sera en place le 1er janvier.

Je dois dire que je suis stupéfait par la faiblesse/lieux communs des analyses des médias à ce sujet. Je vise ici l’éditorial du Monde (30/12/2015) : « prérogatives des élus locaux » « baudruche qui se dégonfle » « usine à gaz » « tour de Babel ( sic) » » coquille vide » .

Oui , la Métropole du Grand Paris sera une confédération de communes et de territoires. Une intercommunalité. Et c’est bien car cela correspond à l’immense diversité de cette métropole. Cela correspond à une vision moderne et démocratique du développement de cette grande ville. Un développement qui s’appuie sur le polycentrisme, la diversité et c’est pour cela que les élus locaux se sont battus pour qu’un statut juridique et moral soit attribué aux territoires. Des territoires forts et une métropole coordonnatrice qui impulseront des politiques publiques de coopération. Coopération, le maitre mot dans des ensembles aussi imbriqués.

Quant à la comparaison avec le Grand Londres , elle ne tient pas si on méconnait le pouvoir des boroughs et la complexité de leurs relations avec le Grand Londres et l’État.

Ci-dessous l'éditorial du Monde.

le grand paris reste à faire

Napoléon III y avait déjà songé, rêvant d'un Grand Paris s'étendant de Saint-Germain-en-Laye à Marne-la-Vallée. Le Front populaire en avait caressé l'idée. Mais c'est à Nicolas Sarkozy que revient la paternité de ce projet qui devait donner à Paris et à sa métropole les moyens de jouer dans la même cour que les principales capitales mondiales. Depuis 2007, cette légitime volonté de modernisation territoriale a connu bien des vicissitudes et s'est heurtée à la grogne d'élus locaux, de droite comme de gauche, soucieux de garder leurs prérogatives. Revue et corrigée par une loi de 2015, l'ambition initiale va déboucher sur une intercommunalité, la Métropole du Grand Paris (MGP), regroupant Paris, les 123 communes des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne ainsi qu'Argenteuil (Val-d'Oise) et six communes de l'Essonne. Mais cette MGP, qui verra le jour le 1er janvier, ressemble à une baudruche qui se dégonfle en avançant…

Le Grand Paris était pourtant une belle idée, qui répondait à un diagnostic consensuel : la capitale française étouffe dans des frontières qui sont restées immuables depuis un siècle et demi. La coupure, pour ne pas dire la fracture, entre Paris et sa région ne permet pas de traiter à la bonne échelle des problèmes aussi vitaux que le logement (insuffisant), les transports (surchargés), la crise des banlieues (récurrente) ou encore la compétitivité de la métropole. L'enjeu est de taille pour une région qui concentre une dizaine de millions d'habitants et produit plus de 25 % de la richesse nationale. Mettre dans un même marigot des communes, des intercommunalités, des cantons, des départements, une région, des métropoles et Paris devait permettre de réduire les inégalités territoriales. Mais l'usine à gaz, sans cesse redessinée, s'est vite transformée en tour de Babel avec à chaque étage des rivalités exacerbées et des conflits de pouvoir entre élus.

La MGP qui va naître le 1er janvier aura bien du mal à être attractive pour les investisseurs étrangers. De par la grâce de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe), elle se trouve découpée en douze établissements publics territoriaux d'au moins 300 000 habitants dotés de plus de pouvoirs que la métropole et qui ont conservé les compétences de proximité des intercommunalités auxquelles elles se substituent. Son budget est pour le moins modeste – 65 millions d'euros en 2016 – au regard des actions qu'elle devra mener sur la protection de l'environnement, le développement économique et, à partir de 2017, l'aménagement urbain et l'habitat. Autant dire que la MGP risque tout simplement d'être inefficiente.

Sur le plan purement politique, le plus dur reste à venir. Dès son élection, Valérie Pécresse (Les Républicains - LR - ), la nouvelle présidente de la région Ile-de-France, a ouvert les hostilités contre une MGP dans laquelle elle voit " un contresens historique et une aberration administrative et économique ". Depuis les municipales de 2014, la gauche est minoritaire dans le périmètre de ce Grand Paris. L'élection à la présidence de la MGP aura lieu le 22 janvier. A droite, la bataille pour le " perchoir " a repris après le retrait de la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet. Deux candidats LR sont sur les rangs, et l'UDI n'a pas dit son dernier mot. Quoi qu'il en soit, le Grand Londres gardera sa suprématie tant que la MGP ne sera qu'une coquille vide.

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Published by Pierre MANSAT
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