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  • : blog consacré au Grand Paris, à Paris Métropole aux relations Paris / Banlieues par Pierre Mansat
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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 12:15

Daniel Goldberg (Député de la Seine-Saint-Denis), Michel Langlois (Président de l'Adil 93) et Camille Leroy (Administrateur territorial) livre une tribune dans laquelle ils estiment que la demande de nomination d'un délégué ministériel sur le Grand Paris, devrait finir par aboutir dans les jours qui viennent...


Le Grand Paris verra le jour d'ici quelques mois. Mais les développements récents annoncent une métropole trop vidée de sa substance pour être réellement et rapidement efficace. La résorption des inégalités territoriales aurait dû guider les acteurs de ce projet. Non pas pour verser une aumône aux territoires dits « défavorisés et sensibles », mais parce que le repli sur soi de ceux qui sont « favorisés et insensibles » handicape le développement de tous.

Les équilibres politiques actuels n'ont eu de cesse d'amoindrir un projet politique fort. En continuant de promouvoir une ghettoïsation « par le haut » de la société, trop d'élus oublient - ou font semblant d'oublier - que, les communes métropolitaines ne forment qu'une seule ville. Pour certains choix stratégiques, la démocratie locale n'a désormais plus de sens qu'à l'échelle métropolitaine.

On pourra, soit se ravir d'un pas en avant risquant d'être annihilé dans la pratique, soit regretter l'occasion de créer une organisation territoriale ambitieuse, à la hauteur des attentes de nos concitoyens. Et si la ministre qui porte ce dossier a fait preuve de volontarisme, force est de constater que les égoïsmes locaux subsistent.

Le risque aujourd'hui est celui d'une métropole neutralisée par l'absence de volonté politique, d'une métropole faible et illisible car ne décidant en fait de rien. La recherche absolue du consensus des élus locaux a mené à une synthèse d'intérêts divergents, aboutissant à une métropole du plus petit dénominateur commun.

Pourtant, il ne s'agissait pas de faire allégeance à une nouvelle techno structure, mais de bâtir un véritable pacte métropolitain mesurant nos forces et nos faiblesses dans un contexte mondialisé.

Il est encore temps de trouver les moyens de nos ambitions métropolitaines. Si les défis sont majeurs, des solutions existent.

D'abord, il faut faire de la place aux citoyens du Grand Paris. Ils doivent pouvoir choisir directement les orientations de la future métropole et décider qui la dirigera. Pour cela, les formations politiques doivent s'engager à permettre ce libre choix. Ensuite, si les enjeux sont communs, les ressources doivent l'être aussi. Rien ne justifie qu'un enfant qui grandit en Seine Saint-Denis n'ait pas les mêmes moyens publics que celui qui vit dans les Hauts-de-Seine. Nous demandons l'égalité : est-ce trop ?

Ensuite, s'il y a un sujet sur lequel la future métropole devra agir et rendre des comptes, c'est bien celui de l'absence d'une offre de logements socialement accessibles au plus grand nombre et équitablement répartis sur son territoire. Et il y a urgence, car cette « crise qui dure » enferme des citoyens toujours plus nombreux dans des difficultés quotidiennes de mal-logement, de surpeuplement, de déplacement entre le domicile et le lieu de travail ou d'étude. Et cette urgence sociale liée à un logement rare et cher pèse aussi sur le développement économique.

Devant l'absence d'un projet métropolitain partagé, l'État doit rester présent et accompagner fortement les débuts de la métropole.

Au vu de la situation particulière en Île-de-France, la nomination d'un délégué interministériel à la construction de logements consacrerait cette volonté. Doté de moyens et de pouvoirs réels et coercitifs, il encouragerait partout où c'est nécessaire la construction des logements. En responsabilisant tous les acteurs avec des outils opérationnels nouveaux et coercitifs, il lutterait plus efficacement contre les recours abusifs aux permis de construire ou les volontés malthusiennes de certains maires. Enfin, il pourrait identifier et mobiliser efficacement le foncier disponible, privé ou public.

Enfin, des évolutions législatives doivent permettre d'engager des projets là où des terrains constructibles sont laissés en jachère en attendant meilleure fortune. Une obligation d'utiliser les droits à construire dans un délai imparti pourrait être ainsi définie, comme cela existe dans d'autres pays, afin que le foncier utile soit réellement « le patrimoine commun de la nation ».

Une place assurée aux citoyens, des ressources partagées, un État incubateur de la métropole pour s'attaquer à la crise du logement, voilà qui donnerait un signe fort pour un Grand Paris utile et efficace.

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Published by Pierre MANSAT
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